UOB : Après 3 jours de grève pour leurs vacations, les enseignants lèvent le pied face au gouvernement
La plus grande et ancienne institution universitaire du pays respire, du moins provisoirement. Ce mercredi 13 mai, à l’issue de négociations particulièrement serrées avec le ministre de l’Enseignement supérieur, les enseignants-chercheurs de l’université Omar Bongo (UOB) ont décidé de lever le pied. Après trois jours d’une grève qui a lourdement paralysé l’établissement depuis ce lundi, les partenaires sociaux ont consenti à une reprise des cours fixée à lundi prochain, offrant ainsi une trêve bienvenue à l’équipe gouvernementale.
-
Ce bras de fer syndical, mené conjointement par le Syndicat national des enseignants-chercheurs section UOB (Snec-UOB) et la Force de réflexion et d’actions pour l’enseignement supérieur (Frapes), trouvait sa source dans une impasse financière persistante. Les deux entités dénonçaient le non-versement des primes de vacation relatives au second semestre de l’année académique 2024-2025 et au premier semestre de l’année en cours. Une situation jugée intenable qui avait poussé la base à suspendre toutes les activités pédagogiques en pleine période d’examens.
Le nœud de l’audit et l’impatience syndicale
Paradoxalement, les fonds destinés à apurer ce passif sont disponibles dans les caisses de l’État. Il y a plus d’un mois, le chef de l’État avait autorisé le déblocage d’une enveloppe conséquente de 1,3 milliard de francs CFA. Cependant, le décaissement effectif de cette somme a été conditionné par la présidence de la République à la réalisation d’un audit rigoureux des heures de vacation. Une procédure de vérification dont la lenteur administrative a fini par exaspérer le corps professoral.
Le ministre en personne a fait le déplacement de cette AG
Pour les leaders syndicaux, cette démarche s’est rapidement transformée en un prétexte inacceptable. Mathurin Ovono Ebè, porte-parole des enseignants, n’a pas mâché ses mots face à cette attente qu’il juge interminable. « Nous, acteurs de l’université Omar Bongo, y compris la gouvernance de l’université, ne comprenons pas pourquoi cet audit s’éternise », a-t-il déclaré, qualifiant au passage la situation de véritable « manœuvre dilatoire pour ne pas payer les vacations ».
Un sursis strictement conditionné aux virements bancaires
Si la rencontre de ce mercredi a permis d’éteindre l’incendie dans l’immédiat, l’accalmie obtenue par la tutelle demeure extrêmement fragile. Les enseignants-chercheurs n’ont signé aucun chèque en blanc. La reprise des enseignements annoncée pour lundi s’apparente davantage à une trêve purement tactique qu’à un renoncement syndical. Le maintien de la paix sociale sur le campus reste en effet strictement conditionné au règlement effectif de la dette pédagogique.
L’ultimatum est d’ailleurs très clairement posé par les représentants du personnel. Le mouvement d’humeur fera l’objet d’une réévaluation décisive dès mardi, jour défini par la base pour vérifier la présence effective des fonds sur les comptes bancaires. Si l’engagement du gouvernement n’est pas matérialisé par des virements concrets et visibles, la paralysie reprendra ses droits sans préavis, plongeant une nouvelle fois le temple du savoir dans l’incertitude.
-
À lire absolument
Newsletter d'Info241
Abonnez-vous maintenant à notre newsletter pour recevoir chaque matin une analyse de l'actualité que vous ne trouverez nulle part ailleurs !



Réagir
Ajoutez votre commentaire
Partagez une réaction, une information complémentaire ou un point de vue argumenté.
Saisissez l’email utilisé et le code à 6 chiffres reçu pour vous connecter sans ouvrir le lien magique.
Commentaires 0
Aucun commentaire pour le moment.
Lancez la conversation avec un retour utile, une précision ou une réaction argumentée.