Moanda : Des parents d’élèves contraints de payer les profs pour sauver l’année scolaire de leurs enfants
C’est le Gabon à l’envers dans le Haut-Ogooué ! Au lycée public Les Lauriers de Moanda situé dans le 2e arrondissement la ville minière, la gratuité de l’enseignement n’est plus qu’un mirage. Pour que leurs enfants aient cours, les parents doivent eux-mêmes mettre la main à la poche pour rémunérer les enseignants. Une situation totalement ubuesque qui a poussé l’Association des parents d’élèves (APE) à convoquer une assemblée générale extraordinaire, hier samedi 9 mai, rapporte l’AGP avec un seul mot d’ordre : sauver l’année scolaire.
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Toujours selon l’AGP, cette recente crise de paiement des enseignants a éclaté au grand jour ce lundi 4 mai. Date du dernier versement effectué par l’APE aux enseignants vacataires. Craignant de travailler gratuitement jusqu’à la fin du mois, ces derniers ont tout bonnement décidé de déserter les salles de classe. Résultat ? Une paralysie totale des cours et une continuité pédagogique jetée aux oubliettes.
Un lycée public sous perfusion financière parentale
Comment un établissement de la Ve République d’Olifui Nguema en est-il arrivé là ? La réponse tient en un chiffre alarmant : 17. C’est le nombre dérisoire d’enseignants titulaires affectés par l’État dans ce lycée. Pour combler ce vide béant, l’établissement s’appuie sur plus d’une vingtaine de vacataires, qui constituent aujourd’hui la colonne vertébrale du corps enseignant. En clair, sans le portefeuille des parents pour payer ces contractuels, le lycée Les Lauriers ferme ses portes.
Les parents en conclave hier
Un fardeau que les familles traînent comme un boulet depuis la création de l’établissement (anciennement CES) en 2019-2020. Mais aujourd’hui, la corde est sur le point de lâcher. Avec l’explosion des effectifs et l’ouverture annoncée de nouvelles classes (1ère A1, B et S) pour la prochaine rentrée, l’addition devient insoutenable pour des foyers déjà lourdement sollicités.
Lors de l’assemblée générale d’hier, la colère était palpable. Singa Mvebéka Wolf, le bouillant président de l’APE, n’y est pas allé par quatre chemins : « Cette situation perdure depuis la création de cet établissement. À cette allure, nous, parents, ne pourrons plus supporter les vacations. Vivement que l’État prenne ses responsabilités ou décide de ramener simplement le lycée en CES ! »
Un sauvetage in extremis, mais le modèle est mort
Acculés, les parents ont une nouvelle fois fait bloc ce samedi pour réunir les fonds manquants. Un sacrifice financier qui va permettre le retour des vacataires au tableau et valider la fin de cette année scolaire 2025-2026.
Mais le message envoyé au gouvernement gabonais est cinglant : c’est la dernière fois que les parents se substituent à l’Etat. Sans une affectation massive de postes budgétisés par l’État d’ici la rentrée prochaine, le financement participatif s’arrêtera net. La balle est désormais dans le camp des autorités et de la ministre de tutelle ou pas !
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