Libreville : Une gabonaise de 38 ans tuée par balle chez elle, l’étau se resserre autour de son compagnon
L’effroi a laissé place à la perplexité dans les allées de la Cité-Damas. Dans la nuit du mardi 14 au mercredi 15 avril, aux alentours de 1 heure du matin, un coup de feu a brisé le silence de ce quartier résidentiel de Libreville, emportant Cherone Vanessa Mbouie, âgée de 38 ans. Grièvement blessée par arme à feu au sein de son domicile conjugal, la jeune femme n’a pas survécu. Son compagnon, Yannick Ndong, un informaticien de 53 ans exerçant au ministère des Transports, est actuellement en garde à vue, soupçonné d’être impliqué dans cette fin tragique.
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Les circonstances entourant ce drame dessinent les contours d’une enquête criminelle particulièrement complexe. C’est le mis en cause lui-même qui, dans la précipitation, a transporté la victime au Centre hospitalier universitaire de Libreville (CHUL). Face à des blessures balistiques mortelles, le personnel soignant a immédiatement alerté la Police judiciaire. Appréhendé à son retour au domicile, le quinquagénaire a livré aux officiers de police judiciaire une première version des faits pour le moins troublante.
La thèse de l’accident balayée par la famille
Face aux enquêteurs, Yannick Ndong aurait affirmé avoir voulu mettre fin à ses propres jours. Selon ses dires, sa compagne aurait été mortellement touchée en tentant de s’interposer pour l’en empêcher. Cette thèse d’une balle accidentelle, couplée à des rumeurs de suicide de la victime distillées par certains proches du suspect, se heurte cependant à l’intime conviction de la partie civile.
La victime alors vivante
Pour la famille de Cherone Vanessa Mbouie, ces récits divergents sont perçus comme une grossière tentative de dissimulation. L’entourage dresse le portrait d’une femme sous emprise, prisonnière d’un huis clos toxique. « Elle subissait des violences répétées de la part de son compagnon et avait à plusieurs reprises exprimé le souhait de quitter cette relation, mais l’homme l’en avait empêchée », assurent ses proches. Rentrée du Maroc pour se reconstruire, elle venait de retrouver un emploi à Owendo et semblait déterminée à fuir cette relation.
La science pour faire éclater la vérité
Pour démêler le vrai du faux, les magistrats instructeurs s’en remettent désormais à la science. Des expertises médico-légales et balistiques ont été ordonnées pour déterminer la trajectoire exacte du projectile, la distance du tir et les positions respectives du couple au moment de la détonation. Des éléments techniques incontestables qui permettront de valider ou de réfuter les déclarations du suspect.
Ces preuves matérielles seront également confrontées aux dépositions des autres occupants de la résidence, présents sous le même toit cette nuit-là. Les deux enfants de Yannick Ndong ainsi que son frère cadet sont activement auditionnés pour reconstituer l’ambiance qui régnait quelques minutes avant le coup de feu. Une étape cruciale pour lever définitivement le voile sur cette nuit fatidique et déterminer s’il s’agit d’un geste de désespoir ou d’un féminicide déguisé.
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