École paralysée

Gabon : La grève des enseignants plombe la reprise des cours du 2e trimestre

Gabon : La grève des enseignants plombe la reprise des cours du 2e trimestre
Gabon : La grève des enseignants plombe la reprise des cours du 2e trimestre © 2026 D.R./Info241

Comme annoncé, la grève a été maintenue le lundi 5 janvier 2026, jour officiel de la reprise du deuxième trimestre scolaire. Dans de nombreuses localités du pays, les salles de classe sont restées vides, les élèves ont été renvoyés chez eux et les activités pédagogiques à l’arrêt. De Libreville à Port-Gentil, en passant par Lambaréné, Mouila ou Minvoul, la reprise scolaire est largement paralysée. Une situation qui suscite inquiétude et frustration chez les parents d’élèves, pris en otage par ce bras de fer entre enseignants et autorités.

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La grève des enseignants au Gabon, déclenchée depuis décembre 2025, a lourdement impacté la reprise des cours ce lundi 5 janvier 2026. Entre promesses non tenues, revendications salariales et blocages administratifs, l’école gabonaise replonge dans une crise sociale majeure qui menace l’année scolaire. Dans la province de l’Ogooué-Maritime, le Collectif SOS Éducation porte, devant les autorités compétentes, avec la dernière énergie, les revendications inscrites dans leur cahier des charges.

Cahier de charges : soldes, primes, affectations

Parmi lesquelles : la régularisation des situations administratives avec application des effets de solde immédiats, le paiement intégral de tous les rappels de solde sans exigence de composition de dossiers, la mise en place de l’effectivité du paiement de la prime d’éloignement, la revalorisation de la prime de logement, de transport et des allocations familiales, la mise en solde immédiate des enseignants bénévoles et des 900 enseignants des sciences, l’affectation immédiate des enseignants sortants des grandes écoles (ENIL, ENS, ENSET, INGS).

Les grévistes ici à Martine Oulabou à Libreville

Le mouvement de grève qui secoue actuellement le secteur de l’éducation nationale au Gabon trouve son origine au début du mois de décembre 2025. Plusieurs syndicats et collectifs d’enseignants, dont SOS Éducation, le SENA et le Synetechpro, avaient alors déposé un préavis pour dénoncer le silence des autorités face à leurs revendications. Se réunissant le lundi 5 janvier dernier, SOS Éducation n’a fait qu’emboîter le pas de leurs collègues des différentes villes du pays pour réclamer la mise en place d’une mutuelle santé en partenariat avec une maison d’assurance, la mise en place d’une prime de risque liée aux maladies professionnelles d’un montant de 100 000 FCFA, la matérialisation du projet « Un enseignant, un ordinateur » et l’attribution de terrains, etc. Du 10 au 12 décembre dernier, une grève d’avertissement de 72 heures avait été observée dans plusieurs établissements publics.

Provinces en première ligne, dialogue au point mort

Si la mobilisation reste mitigée à Libreville, elle est largement suivie dans certaines provinces, révélant un malaise profond et généralisé au sein du corps enseignant. À Port-Gentil, SOS Éducation revendique la limitation des effectifs à 50 élèves maximum par classe dès la rentrée 2026-2027, la mise en place d’une prime de pénibilité du métier d’enseignant d’un montant de 500 000 FCFA, le remplacement de tous les tableaux à craie par des tableaux à marqueurs, la suspension immédiate de l’APC au secondaire tant que les conditions idoines pour son application ne sont pas réunies.

Mais aussi la réduction de l’âge de la retraite à 60 ans pour les enseignants, l’allègement de la charge horaire à la moitié du quota officiel après 20 ans de service et le retour du recyclage vertical (accession aux écoles de formation sur titre) après 20 ans de service. Face à la montée de la contestation, le ministère de l’Éducation nationale a organisé des réunions de concertation avec les partenaires sociaux. Des engagements ont été annoncés, suscitant un espoir provisoire d’apaisement. Mais sur le terrain, les enseignants dénoncent rapidement l’absence de mesures concrètes : aucun calendrier clair, aucun paiement effectif, aucune régularisation administrative notable.

Année scolaire sous menace

Cette nouvelle paralysie du système éducatif intervient dans un contexte déjà fragile. Après plusieurs semaines de cours perturbés, la poursuite de la grève fait craindre un retard important dans l’exécution des programmes scolaires, voire une année académique sérieusement compromise. Le collectif SOS Éducation a affirmé rester ouvert au dialogue, mais conditionne toute reprise des cours à des actes concrets de la part du gouvernement. De leur côté, les autorités sont désormais attendues sur des décisions fortes pour éviter un enlisement durable.

@info241.com
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