Contre attaque

Grève des enseignants au Gabon : Les autorités se vantent d’une reprise des cours à 90% dans le public

Grève des enseignants au Gabon : Les autorités se vantent d’une reprise des cours à 90% dans le public
Grève des enseignants au Gabon : Les autorités se vantent d’une reprise des cours à 90% dans le public © 2026 D.R./Info241

Le spectre d’une année scolaire blanche s’éloigne-t-il enfin au Gabon ? C’est, en tout cas, le sentiment affiché au ministère de l’Éducation nationale ce lundi 2 février. Alors que le secteur reste perturbé depuis plusieurs semaines par le mouvement de grève de SOS Éducation, l’Inspection générale des services (IGS), rattachée au ministère, dit avoir constaté une reprise massive des cours, estimée à près de 90 % dans les établissements publics de Libreville. Un chiffre que la tutelle présente comme un signal fort, même si des disparités persistent selon les types d’établissements.

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Selon les autorités, la stratégie gouvernementale commence à produire ses effets. Au premier jour d’une semaine jugée décisive pour le sauvetage de l’année scolaire, l’administration a déployé un dispositif de terrain pour vérifier l’effectivité du retour en classe et contrer le discours des syndicats hostiles à la reprise. Conduite par l’inspecteur général des services, Joachim Ondjila Ongnelet, la mission a sillonné plusieurs collèges et lycées de la capitale afin d’évaluer la réalité de la reprise.

Le public montre l’exemple

Le constat communiqué par l’IGS se veut sans ambiguïté : les enseignants auraient, dans leur majorité, repris. « La reprise est estimée à près de 90 % dans les établissements publics  », a déclaré Joachim Ondjila Ongnelet à la presse publique. Pour le ministère, ce niveau de retour en classe traduit soit un essoufflement du mouvement, soit une volonté des enseignants de préserver l’année scolaire, en réponse aux appels de la ministre d’État, Camélia Ntoutoume Leclercq, à la reprise des cours.

La ministre elle-même sur le terrain ce lundi

En revanche, le privé, le confessionnel et l’enseignement technique apparaissent plus en retrait, selon les mêmes sources. L’IGS évoque une reprise « plus timide » dans ces segments, non pas tant en raison de l’absence d’enseignants, mais surtout du manque de présence des élèves. Échaudés par des semaines d’incertitude, de nombreux parents hésiteraient encore à renvoyer leurs enfants à l’école. L’Inspection a, à ce titre, appelé les familles à accompagner le retour à la normale, en soulignant que les enseignants seraient, eux, prêts à assurer les cours.

L’apaisement plutôt que la sanction

Conscient de la fragilité du climat social, le ministère de l’Éducation nationale a, depuis ce lundi, multiplié les publications sur sa page Facebook pour documenter la reprise sur le territoire et conforter le message d’un retour progressif à la normale. La tutelle tente ainsi de démontrer que l’appel à la poursuite de la grève n’a pas été massivement suivi, tout en privilégiant une communication d’apaisement, afin de ne pas raviver les tensions dans les établissements.

La délégation de l’IGS sur le terrain

Dans cette logique, l’inspecteur pédagogique Parfait Nguema Nseng a insisté sur l’esprit de la mission annoncée sur douze jours : « L’inspecteur n’est pas dans la répression, mais dans l’accompagnement des enseignants ». Une posture présentée comme pédagogique, destinée à consolider la reprise et à prévenir un nouvel embrasement du front social. Reste désormais à connaître la réaction de SOS Éducation et des enseignants encore en grève face à cette démonstration d’autorité, au moment où le gouvernement cherche à imposer, sur le terrain des salles de classe, le récit d’un retour massif à l’école.

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