Fusion REAGIR-UDB : Le clan Ndong Obiang se suicide après des mois de bras de fer fratricide
Le congrès extraordinaire organisé ce samedi 28 mars à Libreville par la faction du parti Réagir fidèle à François Ndong Obiang s’est achevé sur une note qui laisse pantois de nombreux observateurs de la vie politique nationale. L’actuel ministre de la Réforme des institutions a fait le choix radical d’acter la fusion-absorption de son mouvement par l’Union démocratique des bâtisseurs (UDB), la formation créée par le président Brice Clotaire Oligui Nguema. En optant pour cette dissolution pure et simple, le clan Ndong Obiang signe son propre suicide politique et clôt de la pire des manières la crise interne qui le ronge.
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Alors que l’opinion publique et la classe politique attendaient un dénouement teinté de sagesse face à la bicéphalie de cette formation de l’ancienne opposition, la réalité a pris le pas sur l’élégance. Au lieu de s’élever au-dessus de la mêlée en créant un nouveau parti politique, une porte de sortie honorable qui aurait mis un terme à cette lutte intestine entamée au lendemain du changement de régime, le camp Ndong Obiang a préféré disparaître. Cette démarche s’apparente moins à un véritable ralliement idéologique qu’à un ultime coup bas porté à l’aile rivale dirigée par Michel Ongoundou Loundah.
Un imbroglio juridique et un cadeau empoisonné pour l’UDB
Cette bien curieuse idée de fusionner avec l’ogre présidentiel n’est pas sans poser de lourds problèmes juridiques, que l’UDB semble pour le moment ignorer. Comment absorber sereinement une formation dont la paternité est âprement disputée devant les tribunaux ? François Ndong Obiang, pourtant juriste de formation, ne dispose pas de la légitimité juridique incontestée pour livrer l’entité Réagir pieds et poings liés à une autre structure. Le camp Loundah, qui a d’ailleurs remporté plusieurs batailles décisives dans ce long bras de fer judiciaire, ne manquera assurément pas d’attaquer la légalité de cette absorption unilatérale.
Le patron de l’aile appelée à disparaitre dans l’UDB
En continuant de tirer obstinément sur la corde raide, le ministre de la Réforme des institutions risque d’entraîner le parti présidentiel dans les méandres d’un contentieux inextricable. Absorber un groupuscule déchiré par des luttes intestines et frappé du sceau de la division est un pari hautement risqué pour l’UDB. Ce mariage forcé ressemble à s’y méprendre à un cadeau empoisonné glissé dans la corbeille du pouvoir, menaçant de transférer le virus de la zizanie directement au sein de l’appareil majoritaire.
L’aveu de faiblesse d’un leadership sans envergure
Au-delà de la stricte bataille contentieuse, ce dernier pied de nez tactique met en lumière les limites criantes du leadership de François Ndong Obiang. L’homme démontre un manque flagrant d’entrain et d’envergure pour animer et structurer le front politique de manière autonome. S’agripper aux fonctions étatiques tout en sabordant l’instrument partisan qui lui a permis d’exister résonne comme un profond aveu d’impuissance. Il abdique la conquête de l’opinion publique pour se fondre dans la masse et s’assurer le confort douillet des rangs du pouvoir.
Le constat final est amer pour ceux qui croyaient en la dynamique originelle de cette formation politique. S’entêter pendant de si longs mois, déchirer sa propre famille idéologique, s’épuiser en querelles de clocher pour, au bout du compte, capituler en rase campagne et se diluer anonymement, laisse une désagréable impression de gâchis. « Tout ça pour ça », soupireront à juste titre de nombreux militants, spectateurs désabusés d’une mort politique actée où le manque d’audace a fini par étouffer toute ambition véritable.
@info241.com
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