Fête de la Libération : Kelly Ondo Obiang et les siens amnistiés et libres après 6 années en prison

C’est assurément la libération la plus attendue après le renversement du régime d’Ali Bongo au Gabon. Le lieutenant Kelly Ondo Obiang, figure du coup d’État avorté du 7 janvier 2019, a été libéré ce samedi matin de la prison centrale de Libreville avec plusieurs de ses compagnons. Cette décision fait suite à l’amnistie annoncée lors du Conseil des ministres du 12 août dernier. L’événement a eu lieu exactement le 30 août, date hautement symbolique marquant l’anniversaire du « Coup de Libération » de 2023.

À sa sortie de détention, l’ancien membre de la Garde républicaine a exprimé sa reconnaissance et rendu hommage à ses compagnons disparus. « J’aimerais rendre un vibrant hommage aux hommes qui ont payé du sacrifice suprême notre engagement pour la défense des intérêts supérieurs de la Nation et la restauration de la dignité du peuple gabonais », a-t-il déclaré devant la presse.
Hommage aux soldats tombés et reconnaissance aux autorités
Après près de 6 années d’incarcération, Kelly Ondo Obiang a évoqué une « justice divine » qui aurait prévalu sur la justice humaine. Condamné initialement à la perpétuité, puis à 15 ans de réclusion, il a présenté sa libération comme un signe providentiel. « J’aimerais exprimer ma profonde gratitude aux hommes qui ont été des instruments de Dieu, en tête desquels le Président de la République, Son Excellence Brice Clotaire Oligui Nguema », a-t-il souligné.
L’ancien geôlier désormais libre
Il a également remercié les autorités et salué le rôle du personnel pénitentiaire, qu’il a décrit comme ses « anges gardiens ». « Je rends également hommage à ceux que j’ai affectueusement baptisés les “anges gardiens” de la prison centrale de Libreville. Il s’agit bien évidemment du personnel de la sécurité pénitentiaire, qui n’a ménagé aucun effort afin de sauvegarder mon intégrité physique et morale », a-t-il affirmé.
Une libération hautement symbolique
La libération de Kelly Ondo Obiang, intervenue le 30 août, n’est pas anodine. Elle s’inscrit dans la volonté affichée par les autorités gabonaises de tourner la page des divisions du passé et d’instaurer une réconciliation nationale. Le 30 août est désormais reconnu comme la « Journée nationale de la Libération », instituée en janvier 2024, en souvenir de la chute du régime d’Ali Bongo Ondimba.
Le militaire tenant son ordre de libération
Pour de nombreux observateurs, cette décision d’amnistie traduit un geste politique fort de la part du président Brice Clotaire Oligui Nguema. Elle vise à refermer une plaie béante de l’histoire récente du Gabon, marquée par l’échec sanglant du soulèvement militaire de janvier 2019.
Retour sur le coup d’État manqué de 2019
Le 7 janvier 2019, au petit matin, le lieutenant Kelly Ondo et ses hommes avaient pris d’assaut la maison de la radio nationale. Dans un message diffusé à l’antenne, il annonçait la fin du régime Bongo et appelait l’armée à prendre le pouvoir. Selon lui, Ali Bongo Ondimba, affaibli par un accident vasculaire cérébral survenu quelques mois plus tôt, n’était plus en mesure de diriger le pays.
Le lieutenant quittant la prison centrale de Libreville
Mais l’armée régulière avait rapidement repris le contrôle. Les mutins retranchés avaient été neutralisés après une opération musclée impliquant des hélicoptères et des unités au sol. L’échec de cette tentative de coup d’État s’était soldé par plusieurs morts et des arrestations massives, précipitant Kelly Ondo Obiang derrière les barreaux.
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