Cameroun : Vague d’indignation et manifestations à Yaoundé après le viol d’une fillette de 3 ans
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L’affaire secoue vivement l’opinion publique camerounaise. Ce jeudi 28 mai, des centaines de femmes ont battu le pavé dans le quartier Odza, à Yaoundé, pour réclamer justice pour la petite Nawal. Âgée d’à peine trois ans, la fillette aurait été victime d’un viol au sein de l’établissement scolaire Olympic Glory School. Munies de pancartes, les manifestantes ont dénoncé l’insécurité en milieu scolaire avant d’être dispersées par les forces de l’ordre, qui ont procédé à plusieurs interpellations au motif que ce rassemblement n’avait pas été déclaré. « Ça aurait pu être ma fille. Je me sens concernée et je refuse que ce genre de crimes reste impuni », a fustigé Thérèse, une mère de famille présente dans le cortège.
Face à la clameur grandissante sur les réseaux sociaux et dans la rue, le gouvernement est rapidement monté au créneau. Une réunion de crise s’est tenue le jour même, rassemblant la famille de la victime présumée, les responsables de l’école et les autorités compétentes. À l’issue de ces pourparlers, le ministre de l’Éducation de base, Laurent Serge Etoundi Ngoa, a appelé la population à ne pas se substituer aux tribunaux. « Il y a des responsables qui seront sévèrement punis selon les lois de notre pays. Si l’école était incriminée d’une manière ou d’une autre, des mesures allant de la suspension à la fermeture pourraient être prises », a-t-il fermement prévenu.
En attendant les conclusions de l’enquête, une véritable bataille juridique s’est déjà engagée. Souhaitant faire toute la lumière sur ce drame, la famille de l’enfant a formellement déposé plainte contre l’institution scolaire. En retour, la direction d’Olympic Glory School a décidé de poursuivre les proches de la fillette pour diffamation. Ce climat délétère divise jusqu’aux autres parents d’élèves, partagés entre soif de justice et respect de la présomption d’innocence. « Si l’école est coupable, qu’on applique la loi. Mais il ne faut pas non plus condamner sans preuve », tempère Alphonse, dont l’enfant fréquente le même établissement.
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