Discours

Fête de la Libération II : Le président gabonais sonne l’ère de la réelle souveraineté économique

Fête de la Libération II : Le président gabonais sonne l’ère de la réelle souveraineté économique
Fête de la Libération II : Le président gabonais sonne l’ère de la réelle souveraineté économique © 2025 D.R./Info241

A la veille de la célébration de la fête de la Libération ce samedi, le président gabonais Brice Clotaire Oligui Nguema a prononcé hier soir un discours de dix minutes depuis la province de la Nyanga où auront lieu les festivités. Le ton était solennel, à la hauteur d’un événement dont il a rappelé la portée historique : « Le 30 août 2023, un souffle de liberté a balayé notre nation. Aujourd’hui, deux ans après, je m’adresse à vous avec l’émotion de celui qui a vécu ces moments historiques en première ligne ». Par cette entrée, il a placé son propos à la fois dans la continuité de l’histoire et dans l’exigence de la responsabilité actuelle.

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Le chef de l’État a insisté sur l’importance de donner un sens durable à cet élan de liberté. « L’esprit qui nous a guidés n’était ni la haine, ni l’ambition personnelle, mais l’amour profond de la patrie et la volonté inébranlable de redonner au peuple gabonais sa dignité » , a-t-il martelé, en rappelant que le changement politique du 30 août 2023 n’était pas un acte isolé, mais le premier jalon d’un long processus. Selon lui, la commémoration du 30 août doit être l’occasion non seulement de célébrer, mais aussi de mesurer les devoirs collectifs qu’impose la souveraineté retrouvée.

 Hommage aux forces de défense et aux héros de l’histoire

Une partie importante du discours a été consacrée aux forces de défense et de sécurité, moteurs de la transition. Le président a salué « ces valeureux soldats réunis au sein du Comité pour la transition et la restauration des institutions (CTRI), qui par leur courage, leur professionnalisme, ont permis cette libération sans effusion de sang, avec l’aide de Dieu ». Leur action, selon lui, a démontré au monde qu’un changement pacifique et discipliné était possible, dans le respect de la dignité humaine. Il a souligné que « leur détermination silencieuse et leur discipline exemplaire resteront gravées à jamais dans la mémoire collective de notre nation ».

L’intégralité du discours

En parallèle, le chef de l’État a convoqué la mémoire des figures héroïques de la résistance gabonaise. Il a cité Nyonda Makita, dit Mavouroulou, guerrier de la Nyanga qui refusa l’asservissement colonial au début du XXe siècle. « Quand il accepta finalement de se rendre en 1911, ce ne fut pas par faiblesse, mais par amour pour son peuple », a rappelé le président, en établissant un parallèle entre ce combat et celui mené en 2023. Par ce rappel historique, il a voulu inscrire la fête de la libération dans une filiation avec les luttes passées, soulignant que « son combat doit inspirer le nôtre pour la souveraineté de notre génération et des générations futures ».

 La souveraineté économique au cœur du message

Au-delà de la mémoire, le président a centré son discours sur l’avenir économique du Gabon. Pour lui, la véritable indépendance ne saurait se réduire à l’existence d’un drapeau, d’un hymne ou d’une Constitution. « Une indépendance politique sans souveraineté économique n’est qu’un leurre dissimulant une nouvelle dépendance », a-t-il averti. Dans cette perspective, il a insisté sur la nécessité de transformer localement les ressources naturelles du pays, afin de créer des emplois et de la valeur ajoutée pour les Gabonais.

Récapitulatif du discours présidentiel

Axe du discours Points clés développés Citations marquantes
Mémoire et histoire Souvenir du 30 août 2023, souffle de liberté ; continuité historique « Le 30 août 2023, un souffle de liberté a balayé notre nation »
Hommage aux forces armées Rôle du CTRI, libération sans effusion de sang ; discipline exemplaire « Ces valeureux soldats […] ont permis cette libération sans effusion de sang »
Figures de résistance Évocation de Nyonda Makita et de la Nyanga comme berceau de la lutte « Son combat doit inspirer le nôtre pour la souveraineté de notre génération »
Souveraineté économique Transformation locale des ressources, partage de production équitable « Une indépendance politique sans souveraineté économique n’est qu’un leurre »
Unité nationale Refus des divisions, préférence nationale, respect des lois et Constitution « L’heure n’est plus aux divisions stériles »
Sécurité et défense Modernisation de l’armée, budget accru, protection des frontières « Le coup de la libération n’était que le premier pas d’un long voyage »
Message final Espoir, unité, fidélité à la patrie « Vive l’unité nationale. Vive la Ve République. Vive le Gabon souverain »

Oligui Nguema a détaillé les secteurs concernés, en énumérant avec précision ce que doit être l’ambition nationale : « Dorénavant, nous devons transformer notre bois en meubles, notre pétrole en carburant raffiné, nos minéraux en métaux et alliages précieux, notre or en bijoux finis, notre cacao en chocolat gabonais, notre marbre en carreaux et notre potasse en engrais ». Pour lui, cette orientation marque un tournant décisif : sortir du rôle d’exportateur brut pour devenir producteur de richesses transformées. Il a ajouté que « le partage de production deviendra un levier stratégique » pour garantir au Gabon une part équitable de l’exploitation de ses ressources, invitant ainsi les partenaires économiques à se conformer à cette nouvelle exigence.

 L’appel à l’unité nationale

Le discours présidentiel a pris une forte dimension politique et sociale, avec un appel pressant à la cohésion nationale. « L’heure n’est plus aux divisions stériles dont se servent les ennemis de notre souveraineté économique afin de faire échouer notre combat », a-t-il lancé. Selon lui, le Gabon doit avancer dans l’unité, sans se laisser distraire par des clivages partisans ou communautaires. Cet appel s’inscrit dans une vision de la Ve République où la devise « Gabon d’abord » doit devenir une pratique effective et non plus un simple slogan.

Le président a précisé que cette orientation impliquait une politique rigoureuse en matière de droit du travail. « J’attends du gouvernement la stricte application des textes en matière de droits de travail en République gabonaise » , a-t-il averti, tout en rappelant que l’article 17 de la Constitution protège également les étrangers en situation régulière. Par cet équilibre, il a voulu rassurer sur l’ouverture du Gabon, tout en affirmant la primauté de la préférence nationale. Son appel final – « Unissons-nous » – a résonné comme un mot d’ordre politique et moral destiné à cimenter la Ve République.

 La sécurité et la modernisation de l’armée

Un autre volet essentiel du discours a concerné la sécurité intérieure et la défense nationale. Le président a affirmé que « le coup de la libération n’était que le premier pas d’un long voyage vers la souveraineté totale de notre nation » , précisant que celle-ci inclut la sûreté des frontières et la protection de l’intégrité territoriale. Pour répondre à ces enjeux, il a annoncé une modernisation de l’outil de défense, passant par l’acquisition d’équipements de dernière génération et une formation renforcée des forces de sécurité.

Il a insisté sur le rôle central de l’armée et des forces de sécurité dans la consolidation de la paix et du patriotisme. « En cultivant le patriotisme, l’unité, le sacrifice et la paix, valeurs caractérisant l’âme de notre nation, nous continuerons à avancer », a-t-il affirmé. Ce message réaffirme la volonté de placer les forces de défense non seulement comme garantes de la sécurité, mais aussi comme acteurs de la construction nationale. Le budget de la défense, selon lui, devra refléter cette ambition nouvelle.

 Un message d’espoir et de fidélité à la patrie

En conclusion de son allocution, le président a voulu laisser un message d’unité et d’espérance. « Peuple gabonais, bonne fête de la libération à toutes et à tous », a-t-il lancé avant de scander : « Vive l’unité nationale. Vive la Ve République. Vive le Gabon souverain ». Ces mots, prononcés avec gravité, ont résonné comme un serment renouvelé envers la patrie.

Enfin, il a clos son discours par une formule empreinte de solennité militaire : « Honneur et fidélité à la patrie. Je vous remercie ». Par cette conclusion, il a voulu rappeler que la fête de la libération ne doit pas seulement être un jour de commémoration, mais également une promesse d’avenir, placée sous le signe de la dignité, de l’unité et de la souveraineté.

@info241.com
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