Port-Gentil : Fin de course judiciaire pour un jeune dealer gabonais aux 302 comprimés de kobolos
Les éléments de l’Office central antidrogue (Ocad) de Port-Gentil viennent de porter un nouveau coup de filet dans le milieu des stupéfiants de la capitale économique. Le dimanche 14 juin, au cours d’une opération minutieusement préparée, les agents ont procédé à l’interpellation en flagrant délit d’un présumé trafiquant de drogue au quartier N’tchengué, situé dans le département de Bendjé.
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Le mis en cause, identifié sous le nom de Gildas Mabicka, âgé de 32 ans, est aujourd’hui poursuivi pour détention et trafic de stupéfiants. Lors de son arrestation, les enquêteurs ont mis la main sur une importante cargaison de 302 comprimés de tramadol, une drogue de synthèse tristement célèbre sous l’appellation de « Kobolos ». Selon les investigations, le suspect avait érigé son quartier général à Sindara, dans le 3e arrondissement de la cité pétrolière, et s’appuyait sur un réseau d’approvisionnement impliquant un intermédiaire nommé Stéphan et un grossiste dénommé Steve.
L’appât du gain facile comme principale motivation
Face à l’évidence des preuves, le jeune homme, qui évoluait dans ce commerce illicite depuis près d’un an, est passé aux aveux. Recherché depuis plusieurs mois par les services spécialisés, il a expliqué aux agents avoir acquis cette marchandise dans l’unique but de la revendre au détail pour maximiser ses marges bénéficiaires. « Quand j’ai acheté ça, mon but était de le vendre en détail par comprimé. En comptant, ils faisaient 302 comprimés. Si je détaille ça, je peux avoir un million à raison de 3 000 FCFA l’unité », a-t-il froidement calculé devant les officiers de police judiciaire.
Le mis en cause
Son interpellation est intervenue au moment même où il tentait de dissimuler les plaquettes de tramadol à l’intérieur d’un véhicule en stationnement, trahi par sa deuxième commande. Tentant de justifier son basculement dans la criminalité, le trafiquant présumé a évoqué une précarité économique tenace. « Je le fais pour subvenir à mes besoins car tout le monde n’a pas les mêmes chances dans la vie. Je ne vends pas ça qu’aux ados, il y a également des papas qui prennent pour être en érection. Ce n’était pas le meilleur chemin », a-t-il confessé, levant le voile sur une clientèle insoupçonnée.
Des regrets tardifs et un aller simple pour le « Château »
S’il a reconnu ses torts, le trentenaire a également livré des détails sur le profil de ses acheteurs, avant de formuler des remords face à l’impasse dans laquelle il s’est engagé. « Les personnes qui consomment le plus le Kobolo, ce sont les agents. Je regrette, car je l’ai fait dans l’ignorance dans le but de m’acheter une chaussure, acheter à manger. Ce n’était pas la seule solution, mais j’ai voulu profiter de cette occasion pour subvenir à mes besoins », a conclu le mis en cause.
Déféré devant le parquet de la République le jeudi 18 juin, Gildas Mabicka n’a pas échappé à la rigueur de la loi. Frappé d’un mandat de dépôt, il a été immédiatement transféré à la prison centrale de Port-Gentil, localement appelée le « Château ». Il y séjourne désormais en détention préventive dans l’attente de son jugement. Cette énième arrestation rappelle que la lutte contre la circulation des drogues de synthèse demeure une priorité absolue pour les autorités sécuritaires compétentes.
Le Tramadol, un antalgique détourné aux conséquences dévastatrices
Le tramadol est, à l’origine, un puissant antalgique de la famille des opioïdes, strictement prescrit sur ordonnance médicale pour soulager les douleurs modérées à sévères. Son détournement à des fins récréatives par la jeunesse gabonaise, sous l’appellation « Kobolo », constitue un enjeu de santé publique majeur. La consommation abusive de cette substance expose les usagers à une forte dépendance physique et psychologique. À forte dose, ce médicament provoque des troubles neurologiques, de l’hypertension, des crises d’épilepsie, des hallucinations et une sévère dépression respiratoire pouvant entraîner un coma fatal.
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