Gabon : Un douanier à la retraite décède après avoir refusé une transfusion sanguine au nom de sa foi
C’est un drame tragique et évitable qui vient de secouer la capitale économique gabonaise. Dans la nuit de lundi 25 mai, un homme d’une soixantaine d’années a rendu l’âme à Port-Gentil, dans la province de l’Ogooué-Maritime, des suites d’une grave détérioration de son état de santé. Selon des sources concordantes relayées par l’Agence gabonaise de presse, ce décès fait suite au refus catégorique du patient de recevoir une transfusion sanguine, pourtant jugée indispensable par le corps médical du Centre hospitalier régional (CHR) de Ntchengué.
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Le patient, un douanier à la retraite identifié sous les initiales M.O.F., avait été admis dans cette structure sanitaire quelques jours auparavant. Souffrant d’une anémie sévère, son pronostic vital nécessitait une prise en charge urgente, incluant impérativement l’apport de sang. Toutefois, en tant que fidèle pratiquant d’une confession religieuse locale, le sexagénaire s’est fermement opposé à cette intervention salvatrice.
Un refus médical catégorique assumé
Face à cette situation délicate, le personnel soignant du CHR de Ntchengué a longuement tenté de raisonner le malade. Malgré les explications détaillées des médecins sur l’imminence des risques encourus et le danger de mort, le retraité est resté inflexible. Arguant que les principes cardinaux de sa foi lui interdisaient formellement de recevoir du sang d’une tierce personne, il a campé sur ses positions spirituelles.
Selon les confidences d’un de ses proches, le patient serait allé jusqu’à signer une décharge médicale, un document officiel attestant son refus volontaire de l’acte thérapeutique. Il aurait alors déclaré préférer « mourir plutôt que d’être transfusé ». Après de multiples allers-retours entre les urgences et son domicile, l’inévitable s’est produit. Son état de santé s’est progressivement dégradé, entraînant son décès à sa résidence située au quartier Massuku, dans le deuxième arrondissement de la ville.
Les limites du consentement éclairé en question
La nouvelle tragique de sa disparition a rapidement fait le tour du voisinage, suscitant une vive émotion et des réactions contrastées. Si une partie des riverains salue l’inébranlable fidélité du défunt à ses convictions, une large frange de l’opinion s’interroge légitimement sur les conséquences parfois dramatiques de certains interdits doctrinaux lorsqu’ils s’opposent frontalement aux impératifs vitaux de la médecine moderne.
Alertés, les éléments des sapeurs-pompiers, le procureur de la République ainsi que les agents des pompes funèbres se sont rendus sur les lieux du drame pour effectuer les constatations d’usage avant le transfert de la dépouille à la morgue. Au-delà du fait divers, cette funeste issue relance le sempiternel et complexe débat sur les frontières entre la liberté religieuse, la responsabilité médicale et le droit inaliénable du patient à disposer de son corps, dans un cadre légal qui consacre le principe du consentement éclairé.
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