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Démission

Fégaboxe : Nzigou Manfoumbi claque la porte et rejette la faute sur le gouvernement gabonais

Fégaboxe : Nzigou Manfoumbi claque la porte et rejette la faute sur le gouvernement gabonais
Fégaboxe : Nzigou Manfoumbi claque la porte et rejette la faute sur le gouvernement gabonais © 2026 D.R./Info241

C’est un véritable coup de tonnerre qui vient de secouer le paysage sportif national. Ce lundi 4 mai, le président de la Fédération gabonaise de boxe (Fégaboxe), Bonaventure Nzigou Manfoumbi, a officiellement rendu son tablier auprès du ministre des Sports, Paul Ulrich Kessany. À un an de la fin de son mandat, entamé en avril 2023 — dix-huit ans après son premier passage à la tête de l’institution —, l’homme a choisi de claquer la porte avec fracas.

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Dans une déclaration solennelle lue face à la presse, le démissionnaire a justifié son départ par de profondes divergences avec la gestion actuelle du département des Sports. Adoptant la forme d’un véritable réquisitoire rythmé par l’anaphore « considérant », il a dressé un tableau apocalyptique de l’environnement sportif.

 Un chapelet de griefs contre le ministère des Sports

Ne mâchant pas ses mots, Bonaventure Nzigou Manfoumbi a pointé du doigt « le manque d’une véritable politique sportive nationale » et dénoncé « la politisation à outrance du milieu sportif ». Visant directement l’administration de tutelle, il a fustigé « les intérêts et le désordre organisé et entretenu par certains cadres », tout en regrettant l’absence totale de réponses à ses multiples correspondances dénonçant ces comportements.

L’intégralité de sa déclaration

L’ancien patron du noble art a également mis en lumière l’assèchement financier et le manque de vision stratégique qui frappent les disciplines sportives. Il a déploré « le manque de subventions aux fédérations nationales et à leurs démembrements », « l’absence d’une vision claire et pérenne dans l’organisation des compétitions », ainsi que « le manque de planification dans la prise en charge et la préparation des athlètes de haut niveau ».

Affirmant que le sport demeure une « entité négligée » par les gouvernements successifs et que les efforts des dirigeants sportifs ne sont pas reconnus, il a dépeint un « climat délétère observé au sein du mouvement sportif national et qui se caractérise par des diffamations et l’absence de considération ». C’est sur ce constat amer qu’il a scellé son départ : « Moi, Bonaventure Nzigou Manfoumbi, homme d’honneur et de dignité, ne me reconnaissant plus dans une gestion du mouvement sportif national sans issue, présente ce jour ma démission à la tête de la Fédération gabonaise de boxe. »

 Un plaidoyer pour l’éthique qui masque un bilan famélique

Si le discours se veut noble et teinté de victimisation, il peine pourtant à masquer un bilan personnel largement contesté. Depuis sa prise de fonction en 2023, le président sortant n’a réussi à organiser la moindre compétition nationale de boxe. Plutôt que de s’inspirer de ses homologues du basketball, du taekwondo ou du rugby — qui parviennent à faire vivre leurs disciplines malgré l’absence de la manne étatique —, il semble avoir choisi la tutelle comme bouc émissaire pour justifier son propre immobilisme.

Sur le terrain, la boxe gabonaise est exsangue, réduite à seulement trois ligues actives (Estuaire, Haut-Ogooué et Ngounié). Le bref mandat du démissionnaire a surtout brillé par des conflits internes interminables. En jetant l’éponge et en confiant la fin de son mandat à son premier vice-président, Dickson Anguingua — dont les observateurs n’attendent pas grand-chose —, il se défausse de ses responsabilités.

Enfin, cette sortie de scène intervient dans un contexte politique particulier. Moralement affaibli par la déroute de son candidat, Crésant Pambo, lors de la récente élection au Comité national olympique gabonais (CNOG), Bonaventure Nzigou Manfoumbi a tout de même pris soin, à la fin de son allocution, de « féliciter le général Pangou pour sa brillante élection » et de lui souhaiter « plein succès dans ses nouvelles responsabilités ». Une courtoisie d’usage qui clôt un chapitre chaotique pour la boxe nationale. Le Gabon n’est plus en transition.

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