BCEG : Depuis 2 ans, les entrepreneurs gabonais boudent les guichets de la banque censée les booster !
C’est l’aveu fait ce lundi ce lundi matin par le président gabonais Brice Clotaire Oligui Nguema, à l’origine de sa création.Un paradoxe économique particulièrement tenace alors que la Banque pour le commerce et l’entrepreneuriat du Gabon (BCEG) a vu le jour en décembre 2024 avec pour vocation première de soutenir l’initiative privée, les guichets de cette institution peinent à attirer les demandeurs. Près de 2 ans après sa mise en place le chef de l’État n’a pas caché son incompréhension face à ce manque d’engouement, alors que la structure est censée agir comme un levier majeur de création d’emplois et de développement.
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Pourtant, sur le papier, les indicateurs et les offres de l’institution bancaire ont de quoi séduire. La BCEG propose des lignes de crédit assorties d’un taux d’intérêt particulièrement attractif fixé à 4 %. Selon les données disponibles, l’établissement a d’ores et déjà décaissé 17,1 milliards de francs CFA sur une enveloppe globale prévue de 25 milliards, au profit de projets novateurs portés par la jeunesse gabonaise.
Le mur infranchissable des exigences bancaires
Avec l’appui de partenaires internationaux, plus de 120 porteurs de projets ont été formellement identifiés à travers plusieurs provinces du pays. Malgré ces premiers décaissements, la demande globale reste désespérément en deçà des attentes fixées par l’Exécutif. Ce rendez-vous manqué entre la banque et les entrepreneurs soulève une interrogation fondamentale : cette désaffection relève-t-elle d’un manque d’intérêt ou de la lourdeur dissuasive des conditions d’accès au crédit ?
Les chifres de la banque publiés hier
L’analyse minutieuse des critères exigés par la BCEG penche irrémédiablement vers la seconde hypothèse. Pour espérer décrocher un financement, le postulant doit fournir un dossier administratif d’une densité redoutable : dossier juridique parfaitement à jour, attestation de non-faillite, états financiers s’étalant sur plusieurs années, prévisions financières, business plan détaillé, plan de trésorerie, ou encore des relevés bancaires couvrant les deux dernières années d’exercice.
Urgence d’un assouplissement des critères d’éligibilité
Pour la grande majorité des très petites entreprises et des jeunes promoteurs qui lancent à peine leur activité, réunir une telle documentation s’apparente à un véritable « parcours du combattant ». Bon nombre de ces acteurs économiques en devenir ne disposent ni d’une comptabilité suffisamment structurée, ni des moyens financiers nécessaires pour s’attacher les services de cabinets d’expertise capables de les accompagner dans la préparation de dossiers techniques répondant aux standards du secteur financier.
Une pub de la banque
S’il est totalement compréhensible qu’une banque se doive de sécuriser les fonds publics qu’elle met à la disposition des opérateurs, un décalage flagrant persiste entre la volonté politique d’encourager l’entrepreneuriat national et la réalité froide des guichets. L’appel lancé par le président de la République remet ainsi sur la table la question cruciale d’un éventuel assouplissement des procédures administratives, une condition devenue impérative pour rendre le crédit réellement accessible à ceux que la BCEG a la charge d’accompagner vers le succès.
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