Gabon : Face aux critiques contre Oligui, le FPG fait bloc et tire sur les anciennes gloires de l’ère Bongo
Le climat politique se crispe à Libreville, mais le chef de l’État peut fermement compter sur ses alliés de la première heure. Ce vendredi 20 mars, Gérard Ella Nguema, président du Front patriotique gabonais (FPG), a tenu un point de presse particulièrement offensif dans la capitale. Face à la montée des critiques émanant de l’opposition, le leader politique a réaffirmé son soutien indéfectible à Brice Clotaire Oligui Nguema. L’orateur a appelé à faire bloc autour du président gabonais, soulignant la légitimité incontestable d’un dirigeant élu avec 94 % des suffrages.
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Pour le porte-étendard du FPG, l’action de l’actuel exécutif s’inscrit dans la continuité logique du coup de libération du 30 août 2023. Il a tenu à rappeler avec insistance que cet événement historique fut vécu comme un véritable « ouf de soulagement » par l’écrasante majorité de la population gabonaise. Cette libération a mis fin à quatorze années d’un régime Bongo qu’il n’hésite pas à qualifier de période particulièrement sombre, profondément marquée par « l’incohérence, la mégalomanie et l’état policier ».
Un bilan infrastructurel brandi comme bouclier
Pour contrer les détracteurs du pouvoir en place, Gérard Ella Nguema a brandi le bilan des chantiers présidentiels en guise de bouclier infranchissable. Il a énuméré avec ferveur les grands travaux lancés aux quatre coins du pays, citant la réhabilitation de la cité administrative, la construction tant attendue de la baie des Rois, ainsi que les vastes projets routiers déployés à Libreville et vers la Guinée équatoriale. Selon lui, ces infrastructures structurantes, réalisées en un temps record, contrastent cruellement avec l’immobilisme chronique de l’ancien régime.
Les grands axes de cette prise de parole :
| Thématique abordée | Position du FPG | Citations directes extraites du discours |
|---|---|---|
| Bilan de l’exécutif | Soutien indéfectible à Brice Clotaire Oligui Nguema. Bilan des infrastructures jugé largement supérieur aux 14 années du régime d’Ali Bongo. | « Chacun de nous conviendra humblement que le 30 août 2023 a été un ouf de soulagement. » « Si nous prenons les 14 années d’Ali Bongo à comparer aux trois ans de Brice Clotaire [...] Lequel des deux a plus fait lorsqu’on examine la loi de la proportionnalité ? » |
| Souveraineté économique | Soutien aux mesures courageuses (transformation locale du fer et manganèse, arrêt de l’importation de poulets) nécessitant de faire bloc face aux pressions. | « L’arrêt en 2027 d’importation des poulets de chair, la transformation au Gabon annoncée du manganèse [...] suscite, à n’en point douter, le mécontentement de ceux qui se disent toujours nous venir en aide... » |
| Crise de l’Éducation nationale | Reconnaissance de la légitimité des syndicats, mais rappel que la crise est un lourd héritage. Appel à l’apaisement et à la patience. | « Les problèmes du ministère de l’Éducation nationale datent depuis les années 1990 et tout le monde en est conscient. Ils n’ont fait que s’écouler d’éternité en éternité. » |
| Critique de l’opposition | Dénonciation féroce de l’amnésie d’Alain-Claude Bilie-By-Nze et des anciens caciques, jugés responsables de la misère (système 20/80) et des dérives du passé. | « Ce perroquet national gagnerait à venir défendre leur bilan sur un plateau télévisé devant les Gabonais. » « C’est celui-là qui a maintenu le fléau [...] dans la répartition du PIB, la méthode de 20 sur 80. » |
| Appel aux alliés du pouvoir | Exhortation des partisans à défendre activement la politique présidentielle dans le débat public, sans se limiter à une quête opportuniste d’avantages. | « Nous ne devons pas abandonner le président comme si c’était un homme seul. Que l’on va voir seulement que pour demander les pauses, que l’on va voir seulement que pour demander l’argent... » |
Mettant les figures de l’opposition face à leurs propres contradictions, le conférencier s’est lancé dans un jeu de comparaison arithmétique et politique. Il s’est interrogé publiquement devant l’assistance : « Lequel des deux a plus fait lorsqu’on examine la loi de la proportionnalité ? ». À travers cette pique assumée, il a directement défié les caciques d’hier de comparer leurs quatorze interminables années de gouvernance aux premières réalisations tangibles de l’actuel chef de l’État.
Souveraineté économique et tensions sociales
Abordant les questions complexes de souveraineté, le président du FPG a salué le courage politique des réformes économiques récemment engagées, qu’il juge périlleuses mais indispensables. La décision de geler l’importation de poulets de chair d’ici 2027, ou encore l’exigence d’une première transformation locale pour le manganèse et le fer de Bélinga, constituent à ses yeux des actes de bravoure face aux intérêts étrangers. Conscient que ces choix audacieux bousculent des « mastodontes sur le plan mondial », il a exhorté les citoyens à former une union sacrée autour du dirigeant pour résister aux inévitables pressions internationales.
Sur le front interne, Gérard Ella Nguema n’a pas esquivé les tensions sociales, en particulier la crise aiguë qui paralyse actuellement le secteur de l’Éducation nationale. S’il reconnaît d’emblée la parfaite légitimité des revendications portées par les enseignants, il a tenu à remettre cette problématique dans son contexte historique, rappelant que les maux rongeant ce ministère datent des années 1990. Plaidant pour l’apaisement général, il a invité les partenaires sociaux à la patience face aux tensions de trésorerie, tout en saluant les efforts gouvernementaux mis en œuvre pour décanter la situation.
Un réquisitoire implacable contre l’ancienne garde
La sortie médiatique a ensuite pris l’allure d’un réquisitoire cinglant contre les figures de proue de l’ancien régime, désormais promptes à critiquer les actions de l’exécutif. Alain-Claude Bilie-By-Nze a été la cible privilégiée de ces attaques frontales. Qualifié de « perroquet national » , l’ancien Premier ministre a été renvoyé à son propre bilan. Le leader du FPG lui a violemment rappelé son rôle actif dans les coupures d’Internet de 2016, ainsi que sa caution apportée à un système oligarchique inique où 20 % de la population s’accaparait cyniquement 80 % des richesses nationales.
Élargissant son viseur, l’orateur a également fustigé d’anciens dignitaires comme Ali Akbar Onanga, qualifiés d’ « oiseaux de mauvaise augure » cherchant désespérément à semer la division. En conclusion, Gérard Ella Nguema a lancé un appel vibrant à tous les partisans de la première heure. Il les a exhortés à défendre activement la vision présidentielle dans le débat public au lieu de se limiter à la quête opportuniste de postes administratifs. « Nous sommes désormais entrés dans le temps de la permanence électionnelle et de la redevabilité démocratique », a-t-il martelé, rappelant qu’une véritable République se juge in fine « à ce qu’elle change réellement dans la vie des citoyens ».
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