Viré des Panthères, Mouyouma cloue le bec 6 mois plus tard avec le titre de champion du Gabon !
Il y a des revanches qui ne demandent ni conférence de presse ni long plaidoyer. Hier, samedi 4 juillet, au stade Pierre Claver Divoungui de Port-Gentil, Thierry Mouyouma a simplement laissé parler le tableau d’affichage à sa place. MangaSport a battu le Stade Mandji 1-0 lors de la 26e et dernière journée du National Foot 1, grâce à un but de Khaled Akoua Nkani dans le temps additionnel de la première période. Quelques 6 mois après avoir été débarqué des Panthères dans le tumulte de la CAN 2025, le technicien gabonais a ramené le champion sortant au sommet du football national.
Thierry Mouyouma n’est pas resté longtemps dans le décor des entraîneurs sacrifiés. Le mercredi 1er avril 2026, il a été officialisé comme nouvel entraîneur principal de l’AS MangaSport, un club où il avait déjà évolué comme joueur au début des années 1990. L’Union indiquait le 2 avril 2026 qu’il signait pour six mois, avec une première prévue face à l’US Bitam lors de la 6e journée du National-Foot 1. À son arrivée, selon ses propres mots après le titre, l’équipe occupait la sixième place et accusait sept points de retard : pas exactement le fauteuil moelleux qu’on réserve aux techniciens en quête de vacances.
De l’humiliation publique à la réponse sur le terrain
L’histoire pique d’autant plus que le limogeage de Thierry Mouyouma n’avait pas été seulement sportif. Après la sortie prématurée du Gabon à la CAN 2025, le technicien avait été exposé à une vague de critiques, parfois brutales, dans un climat où le ministère des Sports voulait montrer qu’il reprenait la main. Paul Kessany, ancien chef de département sports de la Présidence gabonaise devenu ministre, apparaissait alors comme l’un des visages de cette rupture. Dans le grand théâtre du football gabonais, il fallait un coupable visible, et Mouyouma avait fini par porter le costume.
Une des ses dernières conférences de presse en qualité de coach du onze national
Sauf que le football a cette fâcheuse habitude de juger les hommes autrement que les communiqués. Le 1er avril 2026, Thierry Mouyouma a retrouvé un banc du côté de l’AS MangaSport, champion sortant mais alors mal en point au classement. À son arrivée, selon ses propres mots après le sacre, l’équipe occupait la sixième place et accusait sept points de retard. Autrement dit, il n’a pas hérité d’une limousine lancée sur l’autoroute du titre, mais d’un véhicule cabossé qu’il fallait remettre dans la course.
Une remontada qui vaut réhabilitation
La suite ressemble à une leçon servie froide. Mouyouma a réorganisé le groupe, remis de l’ordre dans les circuits de jeu et redonné à MangaSport cette froideur des équipes habituées aux matchs à enjeu. Ce qui était présenté comme un management dépassé chez les Panthères est soudain redevenu une méthode gagnante à Moanda. Les Mineurs ont enchaîné les résultats, recollé au sommet, puis dépassé la concurrence au moment où le championnat exigeait des nerfs solides.
L’équipe reprise par Thierry Mouyouma hier lors du choc avec Stade Mandji
Le titre arraché à Port-Gentil donne encore plus de relief à cette remontée. En face, le Stade Mandji jouait devant près de 3 000 supporters, dans une ambiance de finale nationale. Les deux clubs étaient à égalité de points avant le coup d’envoi, avec 55 unités chacun. MangaSport avait seulement l’avantage de la différence de buts, mais il a choisi de ne pas se contenter du calcul : il est allé gagner chez son rival direct, comme pour éviter à ses détracteurs la tentation de minimiser son sacre.
Un camouflet pour ceux qui l’avaient enterré
Cette victoire ne réécrit pas l’échec des Panthères à la CAN. Elle rappelle simplement qu’un sélectionneur ne travaille pas dans le même environnement qu’un entraîneur de club, et qu’un fiasco collectif ne suffit pas à effacer les compétences d’un technicien. Le gouvernement Oligui Nguema, qui avait laissé prospérer l’idée d’un grand nettoyage sportif après la CAN, se retrouve désormais avec une vérité embarrassante : l’homme traîné dans la boue vient de réussir l’une des plus belles remontées de la saison. Le terrain, lui, n’a pas beaucoup parlé ; il a tranché.
L’équipe posant samedi à l’issue de la 26e journée avec son trophée
Pour Paul Kessany et tous ceux qui semblaient avoir déjà classé le dossier Mouyouma, le sacre de MangaSport ressemble à une gifle sportive. Pas une gifle bruyante, pas une sortie revancharde devant les caméras, mais un camouflet plus difficile à esquiver : celui du résultat. Le technicien n’a pas répondu par des règlements de comptes, mais par une ligne au palmarès. Et dans le football, une ligne au palmarès vaut souvent plus que mille justifications.
MangaSport champion, Mouyouma debout
Au classement final, MangaSport boucle l’exercice avec 58 points, 19 victoires, 1 nul, 6 défaites, 51 buts marqués, 21 encaissés et une différence de buts de +30. Le Stade Mandji termine deuxième avec 55 points, devant Vautour Club, troisième avec 45 points. En bas du tableau, l’US Bitam sauve sa place dans l’élite, tandis que Bouenguidi Sport et l’AS Dikaki descendent en National-Foot 2. Mais le grand récit de cette fin de saison reste bien celui de Mouyouma, revenu par la petite porte pour sortir par la grande.
Le 28 décembre 2025, il écrivait aux Gabonais : « Votre soutien a été notre force, et votre déception est la nôtre ». Le 4 juillet 2026, il leur a répondu autrement : avec un titre, une remontada et une preuve grandeur nature que son management avait encore du poids. Ceux qui invitaient le football gabonais à « passer à autre chose » ne s’étaient pas trompés sur un point : Mouyouma est passé à autre chose. Mais manifestement, il y est arrivé avant beaucoup de ses détracteurs.






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