Vacations impayées à l’USTM : le gouvernement Oligui prêt à lâcher 700 millions pour calmer les enseignants
Le bras de fer semble enfin trouver une issue, au moins provisoire. Après la suspension des activités pédagogiques décidée vendredi 10 juillet 2026 par les enseignants-chercheurs de l’Université des sciences et techniques de Masuku (USTM), le gouvernement serait désormais prêt à débloquer les fonds destinés au paiement des vacations impayées de l’année académique 2024-2025. Selon les informations rapportées ce lundi par L’Union, l’exécutif s’apprête à régler une enveloppe ramenée, après audit, de 1,5 milliard à 1,2 milliard de FCFA.
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La crise avait pris une tournure plus dure à Franceville, dans la province du Haut-Ogooué, lorsque le SNEC-USTM a décidé de suspendre les cours au titre de l’année académique 2025-2026. Le syndicat dénonçait le non-paiement des vacations et l’absence de réaction concrète des autorités, malgré les engagements pris. Face au risque d’un durcissement du mouvement, le président de la République, Brice Clotaire Oligui Nguema, serait personnellement intervenu pour exiger un règlement rapide du dossier.
Un audit qui réduit la facture
Au départ, les enseignants-chercheurs réclamaient environ 1,5 milliard de FCFA au titre des vacations dues. Mais selon L’Union, le ministère du Budget a mené un audit approfondi de la dette académique 2024-2025. Cette expertise comptable aurait ramené le montant à 1,2 milliard de FCFA, soit une réduction de 300 millions de FCFA. Pour le gouvernement, cette révision viserait à vérifier la charge réelle, les effectifs concernés et à écarter d’éventuelles inscriptions jugées irrégulières ou des majorations non justifiées.
Le ministre de l’enseignment supérieur à la manœuvre
Sur les 1,2 milliard de FCFA retenus, 700 millions de FCFA seraient déjà disponibles dans les comptes de l’agence comptable de l’USTM. Ce premier déblocage devrait permettre à une grande partie des enseignants-chercheurs de percevoir leur dû dans les heures ou jours à venir, selon le journal. Le solde devrait suivre par la suite, même si aucun calendrier détaillé n’a encore été publiquement communiqué sur le paiement complet de la dette.
Le SNEC conteste toujours les 300 millions retranchés
Le Syndicat national des enseignants-chercheurs, section USTM, ne partage toutefois pas la lecture gouvernementale. Il conteste l’audit et surtout l’écart de 300 millions de FCFA entre le montant initialement réclamé et celui finalement retenu. Pour le syndicat, l’augmentation des vacations s’explique par l’évolution naturelle des effectifs, l’ouverture de nouvelles filières, l’extension des charges pédagogiques et l’insuffisance persistante des recrutements d’enseignants.
Le vote de la grève vendredi
Autrement dit, pour le SNEC-USTM, la hausse des vacations n’est pas une anomalie comptable, mais la conséquence d’une université qui fonctionne avec un corps enseignant sous pression. Les enseignants estiment avoir assuré des heures indispensables à la continuité pédagogique et refusent que l’audit aboutisse à minorer des charges qu’ils jugent effectives. Leur réaction au paiement annoncé sera donc déterminante pour savoir si la suspension des cours sera levée ou si la crise se prolongera.
Un paiement pour désamorcer la grève
Le gouvernement cherche clairement à éviter l’enlisement. Le paiement immédiat des 700 millions de FCFA disponibles vise à calmer la colère des enseignants et à empêcher une paralysie durable de l’année académique. À l’USTM, chaque mouvement de grève pèse directement sur les étudiants, déjà exposés aux retards de cours, aux calendriers perturbés et aux incertitudes autour des examens.
Mais l’exécutif veut aussi faire passer un autre message : les vacations seront payées, mais sous contrôle. L’audit est présenté comme un outil de transparence, destiné à distinguer les heures réellement dues des montants contestables. Dans un contexte de tension budgétaire, le gouvernement veut montrer qu’il entend honorer les engagements du chef de l’État tout en évitant les dérives financières qui accompagnent régulièrement ce type de dossiers.
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