USTM : Leurs vacations restant impayées par l’Etat, les enseignants suspendent les cours jusqu’à nouvel ordre !
L’Université des sciences et techniques de Masuku (USTM) replonge dans une crise sociale dont les étudiants risquent, une fois encore, de payer le prix. Réuni en assemblée générale ce vendredi 10 juillet à Franceville (Haut-Ogooué, sud est du gabon), le Syndicat national des enseignants-chercheurs de l’USTM (SNEC-USTM) a décidé de suspendre toutes les activités pédagogiques. En cause : le non-paiement des vacations dues au titre de l’année académique 2024-2025, malgré les alertes répétées adressées aux autorités.
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La décision concerne l’ensemble des activités pédagogiques de l’année académique 2025-2026, désormais suspendues jusqu’au paiement intégral des sommes réclamées. Pour le SNEC-USTM, la situation est devenue intenable après plusieurs semaines d’attente et l’absence de versement effectif. Le syndicat estime que les enseignants-chercheurs ne peuvent plus continuer à assurer des charges supplémentaires sans contrepartie, alors que ces vacations correspondent à des heures réellement dispensées pour maintenir le fonctionnement de l’université.
Des vacations devenues indispensables
Selon Ferdinand Evoung Evoung, président du SNEC-USTM, l’explosion du volume des vacations n’est pas le fruit d’un abus, mais la conséquence directe de l’évolution de l’université. L’USTM a vu ses établissements, ses filières et ses effectifs s’élargir, sans que les recrutements d’enseignants suivent le même rythme. Résultat : les enseignants déjà en poste sont appelés à assurer davantage d’heures pour éviter la paralysie des formations.
Le vote d’hier de la suspension des cours
Cette surcharge, longtemps absorbée par les enseignants, se retourne aujourd’hui contre l’institution. Faute de personnels suffisants, les vacations sont devenues un mécanisme de survie pédagogique. Mais leur non-paiement installe un profond malaise. Pour le syndicat, il est donc injuste de demander aux enseignants de soutenir l’université par leur disponibilité, tout en laissant s’accumuler des arriérés sur des heures déjà effectuées.
Un audit contesté par le syndicat
La crise s’est envenimée avec l’audit mené par le ministère du Budget, censé clarifier la charge réelle de travail et les montants dus. Loin d’apaiser les tensions, ce travail est jugé incohérent par le SNEC-USTM. Le syndicat dénonce des montants revus à la baisse, l’omission de certains enseignants et des données qui, selon lui, ne reflètent pas les heures effectivement dispensées au cours de l’année académique 2024-2025.
Les leaders du SNEC
Cette contestation nourrit le sentiment d’une remise en cause du travail déjà accompli. Pour les enseignants, le débat ne porte plus seulement sur le paiement des vacations, mais aussi sur la reconnaissance de leurs charges réelles. En contestant les résultats de l’audit, le SNEC-USTM accuse implicitement l’administration de réduire artificiellement la dette due aux enseignants, au risque de provoquer une nouvelle rupture de confiance entre l’université, le ministère du Budget et le ministère de l’Enseignement supérieur.
Une promesse présidentielle toujours attendue
Le syndicat rappelle pourtant que le président de la République, Brice Clotaire Oligui Nguema, avait annoncé un paiement intégral des vacations après réception du rapport final. Mais deux semaines après cette annonce, aucun versement n’aurait encore été effectué, selon le SNEC-USTM. Plus préoccupant encore pour les enseignants, l’hypothèse d’un règlement partiel des montants dus aurait été évoquée, contrairement à ce qui aurait été fait dans d’autres établissements.
C’est précisément ce traitement jugé inéquitable qui alimente la levée de bouclier à Masuku. Les enseignants de l’USTM ne veulent pas être les oubliés d’un règlement national des vacations. Ils estiment avoir assuré leurs responsabilités dans un contexte de sous-effectif et d’extension des charges pédagogiques. À leurs yeux, tout paiement partiel serait non seulement une injustice, mais aussi un signal négatif envoyé à ceux qui ont permis à l’université de tenir malgré ses faiblesses structurelles.
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