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Gabon : Sa fille de 26 ans morte chez un voisin remis en liberté, une mère crie justice et interpelle Oligui Nguema

Gabon : Sa fille de 26 ans morte chez un voisin remis en liberté, une mère crie justice et interpelle Oligui Nguema
Gabon : Sa fille de 26 ans morte chez un voisin remis en liberté, une mère crie justice et interpelle Oligui Nguema © 2026 D.R./Info241

Le deuil s’accompagne désormais d’un profond sentiment d’injustice pour une famille gabonaise de Kinguélé, à Libreville. Dans une vidéo devenue virale ce vendredi 31 juillet, la mère de Reine Koumba Moussadji, âgée de 26 ans, a directement interpellé le président Brice Clotaire Oligui Nguema sur les circonstances encore troubles de la mort de sa fille. La jeune femme aurait été retrouvée jeudi 23 juillet sans vie au domicile d’un homme du quartier, Alex Mihindou, après avoir passé une partie de la soirée avec lui. Entourée de son époux et de ses enfants, la mère réclame une enquête approfondie et le placement en détention du principal suspect désigné par la famille.

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Âgée de 52 ans et mère de neuf enfants, elle affirme ne plus se sentir en sécurité depuis la remise en liberté provisoire de l’homme chez qui le corps aurait été découvert. « Je n’ai pas mis mes enfants au monde pour qu’ils soient tués comme des poules », lance-t-elle face à la caméra. Elle dit craindre que l’intéressé s’en prenne à un autre membre de sa famille ou à des habitants du quartier. La séquence, largement partagée sur les réseaux sociaux, a suscité de nombreuses réactions appelant les autorités judiciaires gabonaises à clarifier cette affaire. 

Une soirée dont la famille veut connaître toute la vérité

Selon le récit livré par la mère, sa fille se trouvait avec plusieurs personnes avant de se retrouver dans un état second. Un jeune homme aurait proposé de la raccompagner chez elle, mais l’homme aujourd’hui mis en cause aurait insisté pour repartir avec elle, au motif qu’elle rencontrait des difficultés familiales. Les faits se seraient produits vers 4 heures du matin, alors que ses proches ignoraient encore ce qui se passait. La victime aurait ensuite été retrouvée morte au domicile d’Alex Mihindou.

Vidéos

La famille veut désormais savoir dans quelles conditions la jeune femme a quitté le groupe et ce qui s’est passé entre son départ et la découverte de son corps. « Quelle était son intention ? Qu’est-ce qu’il a fait toute la soirée ? », interroge la mère dans la vidéo. Elle demande que les personnes présentes ce soir-là soient entendues et que le déroulement exact des dernières heures de sa fille soit reconstitué. 

Une autopsie vivement contestée

La mère affirme que l’autopsie attribuerait le décès à des convulsions associées à un taux d’alcool particulièrement élevé. Une conclusion qu’elle juge insuffisante et incompatible avec les interrogations entourant la soirée. Elle soupçonne l’administration d’une substance qui n’aurait pas été signalée dans le rapport définitif. « De quelle autopsie parle-t-on ? Le rapport a été léger », dénonce-t-elle.

Le suspect de la famille serait connu des services judiciaires

Aucun rapport médico-légal accessible au public ne permet toutefois de confirmer les affirmations contradictoires rapportées dans la vidéo. Seule une communication officielle pourrait préciser le taux d’alcool relevé, les analyses toxicologiques réalisées et la cause médicale exacte du décès. Une contre-expertise ou des examens complémentaires pourraient également répondre aux doutes de la famille. Les parents réclament surtout que toutes les hypothèses soient examinées avant la clôture de l’enquête.

Le suspect remis en liberté après sa garde à vue

L’homme désigné par la famille aurait été placé en garde à vue après la découverte du corps. Les parents disent avoir pensé qu’il serait présenté le lundi 27 juillet à un magistrat en vue d’un éventuel placement sous mandat de dépôt. Ils affirment avoir été surpris d’apprendre sa remise en liberté provisoire. Depuis, il aurait été aperçu circulant librement dans le quartier de Kinguélé.

Cette libération nourrit l’incompréhension et la colère de la famille, alors que le corps de la jeune femme se trouverait toujours à la morgue. Les parents demandent à connaître les motifs juridiques de cette décision ainsi que le statut actuel de la procédure. Une remise en liberté ne signifie pas nécessairement la fin des investigations ni l’abandon des poursuites. L’homme cité dans la vidéo demeure présumé innocent tant qu’une juridiction ne l’a pas déclaré coupable.

De graves antécédents allégués, mais non établis

Dans son intervention, la mère présente l’intéressé comme un homme impliqué dans plusieurs morts antérieures à Kinguélé. Elle affirme qu’il en serait à sa « troisième ou quatrième victime » et qu’il aurait déjà connu la prison. Ces accusations, extrêmement graves, ne sont cependant accompagnées d’aucune décision judiciaire ou pièce vérifiable dans la vidéo. Elles doivent donc être considérées comme les déclarations de la famille et non comme des faits définitivement établis.

La mère soutient également que son fils aurait reçu une menace après la disparition de certains éléments dans la maison où le corps a été retrouvé. Selon elle, l’homme lui aurait annoncé que « le retour sera mortel ». La famille demande que ces propos allégués soient versés à la procédure et examinés par les enquêteurs. Une audition des témoins et l’exploitation des téléphones pourraient permettre d’en vérifier la réalité et le contexte.

La crainte d’une vengeance populaire

La colère gagne une partie des habitants, selon la mère, qui redoute désormais un débordement. Elle avertit qu’une éventuelle vengeance populaire pourrait survenir si la justice ne donne pas rapidement des explications. Cet avertissement ne doit cependant pas être interprété comme un appel à la violence. Il souligne plutôt l’urgence d’une intervention des autorités pour protéger toutes les parties et empêcher que la rue se substitue aux juridictions.

La présomption d’innocence doit être respectée, tout comme le droit de la famille à connaître la vérité sur la mort de sa fille. Une communication du parquet permettrait d’apaiser les tensions en précisant les actes d’enquête déjà accomplis, les conclusions provisoires de l’autopsie et les raisons de la remise en liberté. Elle pourrait aussi confirmer si une information judiciaire reste ouverte. Le silence prolongé risque, à l’inverse, d’alimenter les rumeurs et la défiance.

Un appel direct au président Oligui Nguema

Face à ce qu’elle considère comme une impasse, la mère s’est tournée vers le chef de l’État. « Monsieur le Président, nous voulons justice pour notre fille. Nous voulons enterrer notre fille tranquillement », supplie-t-elle. Elle dit compter sur la sagesse de Brice Clotaire Oligui Nguema pour que la procédure soit conduite avec rigueur. Son appel traduit le désarroi d’une famille qui ne comprend ni les conclusions médico-légales rapportées ni le retour du suspect dans le quartier.

L’intervention présidentielle ne saurait néanmoins remplacer le travail indépendant de la police, du parquet et des juges. L’urgence est désormais d’établir les faits, de préserver les preuves et de répondre aux nombreuses zones d’ombre de ce décès. La famille demande une justice impartiale, pas une condamnation sans procès. Pour Koumba Moussadji Yonel-Reine, elle attend surtout que la vérité soit connue avant de pouvoir enfin organiser ses obsèques et commencer son deuil.

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