RGPL 2026 : 2,3 millions de citoyens gabonais contre 1,2 million d’étrangers peuplent le pays !
Le Gabon compte désormais 3 518 621 habitants, dont 2 318 365 ressortissants gabonais et 1 200 256 résidents de nationalité étrangère. Ces premiers résultats du Recensement général de la population et des logements (RGPL) 2026 ont été détaillés ce mardi 1er septembre par la ministre de la Planification et de la Prospective, Louise Pierrette Mvono, au cours d’une émission spéciale diffusée sur Gabon Première. Ils révèlent également une concentration de plus de 60 % de la population dans la province de l’Estuaire.
-
La population gabonaise représente ainsi près de 66 % des personnes recensées, contre environ 34 % pour les résidents étrangers. Autrement dit, plus d’un habitant du pays sur trois est de nationalité étrangère. Ce chiffre ne renseigne toutefois ni sur le statut administratif de ces personnes ni sur la durée de leur présence au Gabon.
Un bond démographique de 94 % depuis 2013
Avec 3,5 millions d’habitants contre un peu plus de 1,8 million lors du précédent recensement, le Gabon enregistre une hausse démographique de près de 94 % en treize ans. Ce bond spectaculaire ne s’expliquerait pas uniquement par les naissances ou l’arrivée de nouvelles populations. Louise Pierrette Mvono l’attribue en grande partie à une meilleure couverture du territoire et à l’utilisation de nouveaux outils technologiques.
Les principaux chiffres du RGPL 2026
| Catégorie | Indicateur | Donnée 2026 | Lecture |
|---|---|---|---|
| Population | Population totale | 3 518 621 habitants | Chiffre homologué par la Cour constitutionnelle |
| Nationalité | Résidents gabonais | 2 318 365 | 65,9 % de la population |
| Nationalité | Résidents étrangers | 1 200 256 | 34,1 %, soit plus d’un habitant sur trois |
| Démographie | Croissance depuis 2013 | +94 % | Hausse liée notamment à une meilleure couverture |
| Sexe | Hommes, toutes nationalités | 51,2 % | Majoritaires dans la population totale |
| Sexe | Femmes, toutes nationalités | 48,8 % | Minoritaires dans la population totale |
| Sexe | Femmes gabonaises | Environ 52 % | Majoritaires parmi les nationaux |
| Sexe | Hommes gabonais | Environ 48 % | Minoritaires parmi les nationaux |
| Ménages | Ménages dénombrés | Environ 865 000 | Environ quatre habitants par ménage |
| Organisation | Agents recenseurs | 5 005 | Déployés sur l’ensemble du territoire |
| Organisation | Secteurs de dénombrement | 3 322 | Zones couvertes par les équipes |
| Couverture | Taux national | 97 % | Trois logements sur cent non couverts |
| Couverture | Grand Libreville | 95 % | Taux inférieur à la moyenne nationale |
| Territoire | Population dans l’Estuaire | Plus de 60 % | Forte concentration autour de Libreville |
| Méthode | Période de collecte | Février à juin 2026 | Opération entièrement numérisée |
| Résultats | Niveau de publication | Résultats préliminaires | Analyses détaillées encore attendues |
« Il y a, bien sûr, l’accroissement naturel de la population. Mais la plus grande partie de ce bond vient davantage de la couverture du recensement », a expliqué la ministre. Selon elle, les résultats de 2013 ne doivent pas être considérés comme moins fiables, mais comme le produit des moyens techniques disponibles à cette époque.
Plus de 5 000 agents déployés sur le terrain
Pour réaliser le RGPL 2026, 5 005 agents recenseurs ont été mobilisés dans 3 322 secteurs de dénombrement. Ils ont comptabilisé environ 865 000 ménages à travers le pays. L’opération, menée entre février et juin, a permis d’atteindre un taux de couverture national de 97 %.
Dans le Grand Libreville, ce taux s’est établi à 95 %, soit deux points de moins que la moyenne nationale. La densité de l’habitat, les difficultés d’accès à certains logements et la réticence de plusieurs habitants ont compliqué le travail des équipes. Chaque entretien pouvait durer environ 45 minutes, parfois davantage en cas de problème avec les tablettes numériques.
La technologie pour suivre chaque agent
Contrairement au recensement de 2013, réalisé à l’aide de questionnaires papier, celui de 2026 a été entièrement numérisé. La géolocalisation a permis aux superviseurs de suivre en temps réel la progression des agents, de repérer les zones insuffisamment couvertes et de corriger rapidement les anomalies constatées dans les réponses.
Les logements et les infrastructures ont d’abord été cartographiés avant le dénombrement des occupants. Le taux de couverture de 97 % correspond au rapport entre les logements préalablement identifiés et ceux dont les habitants ont effectivement été recensés. Cette méthode offre, selon la ministre, davantage de contrôle, de traçabilité et de précision que celle utilisée treize ans plus tôt.
1,2 million de résidents étrangers recensés
Le dénombrement des populations étrangères a constitué l’un des principaux défis de l’opération. Au lancement du RGPL, de nombreux ressortissants étrangers auraient refusé de répondre aux agents, craignant une opération policière, fiscale ou un contrôle des titres de séjour. Le ministère a alors sollicité les ambassades et les responsables d’associations communautaires afin de les rassurer.
« Il était important de leur dire que ce n’était pas une opération pour vérifier qui avait une carte de séjour ou pour appliquer des taxes », a expliqué Louise Pierrette Mvono. Ces démarches auraient permis d’améliorer la prise en compte d’une population qui avait pu échapper en partie aux précédentes opérations de dénombrement.
Plus d’hommes dans la population totale
Les hommes représentent 51,2 % de l’ensemble des habitants recensés au Gabon, contre 48,8 % de femmes. Cette majorité masculine observée à l’échelle nationale pourrait notamment être influencée par la composition de la population étrangère. Les analyses détaillées devront encore permettre de vérifier cette hypothèse.
La tendance s’inverse lorsqu’on considère uniquement les personnes de nationalité gabonaise. Les femmes représentent environ 52 % de cette population, contre près de 48 % d’hommes. Cette légère majorité féminine correspond à celle déjà observée lors du recensement de 2013.
Plus de 60 % des habitants dans l’Estuaire
La province de l’Estuaire, qui abrite Libreville et ses communes périphériques, concentre désormais plus de 60 % de la population du pays. Elle reste suivie par le Haut-Ogooué, l’Ogooué-Maritime et le Woleu-Ntem. Le principal changement dans le classement provincial concerne l’Ogooué-Ivindo, qui devance désormais l’Ogooué-Lolo.
Cette concentration croissante dans l’Estuaire exerce une forte pression sur les écoles, les hôpitaux, les logements, les transports et les autres services essentiels. Malgré un nombre plus important d’infrastructures à Libreville, le rapport entre les équipements disponibles et la population demeure insuffisant. La ministre estime donc que la décentralisation doit être renforcée pour rendre l’intérieur du pays plus attractif.
Construire à Libreville ou repeupler l’intérieur ?
Les résultats posent un important choix de politique publique. L’État doit-il continuer à concentrer les nouvelles infrastructures dans le Grand Libreville, où vit la majorité de la population, ou investir davantage à l’intérieur du pays afin d’encourager une meilleure répartition démographique ? Louise Pierrette Mvono défend la seconde orientation.
La construction de logements pour les fonctionnaires, la modernisation des administrations et l’amélioration des services publics dans les provinces doivent contribuer à ce rééquilibrage. La ministre a notamment cité les investissements réalisés dans l’Ogooué-Ivindo et annoncé de nouveaux chantiers dans la Nyanga. L’objectif est de créer des pôles économiques et administratifs capables de retenir ou d’attirer les populations.
Des résultats encore provisoires dans le détail
Le chiffre global de 3 518 621 habitants a été homologué le 27 août par la Cour constitutionnelle. Les données restent néanmoins provisoires pour plusieurs indicateurs détaillés. Le ministère ne dispose pas encore de l’ensemble des analyses sur la pyramide des âges, la répartition entre zones urbaines et rurales, la natalité, la mortalité ou encore les caractéristiques précises des ménages.
Les prochaines études devront fournir des informations plus fines, province par province. Le gouvernement veut donner la priorité aux plans provinciaux de croissance et de développement afin d’intégrer rapidement les données du RGPL à la préparation des investissements publics. Le recensement doit notamment guider les politiques d’éducation, de santé, d’emploi, de logement et d’accès aux services sociaux.
Une nouvelle base pour le budget 2027
Les résultats doivent également servir à la mise en œuvre du Plan national de croissance et de développement 2026-2030. Pour Louise Pierrette Mvono, le projet de société du chef de l’État fixe la vision, tandis que le PNCD doit déterminer les moyens de sa réalisation. Le RGPL permettra de localiser les besoins et de mieux répartir les ressources publiques.
Ces données arrivent au moment où le gouvernement prépare le projet de loi de finances 2027. Leur utilisation constituera le véritable test de l’utilité du recensement. Après avoir établi que le Gabon compte 3,5 millions d’habitants, l’enjeu sera désormais d’adapter les écoles, les hôpitaux, les emplois, les logements et les infrastructures à cette nouvelle réalité démographique.
-
À lire absolument
Newsletter d'Info241
Abonnez-vous maintenant à notre newsletter pour recevoir chaque matin une analyse de l'actualité que vous ne trouverez nulle part ailleurs !



Réagir
Ajoutez votre commentaire
Partagez une réaction, une information complémentaire ou un point de vue argumenté.
Deux petits pas : recevez un code, entrez-le, puis rejoignez la discussion.
Votre nom, votre email, et hop : un code à 6 chiffres arrive dans votre boîte.
Collez le code reçu. Il reste valable 15 minutes, juste le temps d’ouvrir la porte.
Commentaires 0
Aucun commentaire pour le moment.
Lancez la conversation avec un retour utile, une précision ou une réaction argumentée.