Rentré hier de Kigali, le député gabonais gifleur Augustin Yembi placé immédiatement en garde à vue
Le retour au Gabon d’Augustin Lobelle Yembi n’a pas mis fin à ses ennuis judiciaires. Le député indépendant du deuxième siège du département de la Lolo-Bouenguidi a été placé en garde à vue dès son arrivée à Libreville, mardi 8 septembre 2026, selon les informations rapportées par L’Union. Interpellé cinq jours auparavant au Rwanda pour des violences présumées contre un superviseur de RwandAir, il avait bénéficié d’une intervention diplomatique permettant sa remise aux autorités gabonaises. L’Assemblée nationale invoque désormais le flagrant délit pour expliquer la procédure engagée malgré son statut parlementaire.
-
L’issue négociée entre Libreville et Kigali apparaît ainsi comme un transfert du traitement de l’affaire vers le Gabon. Selon le quotidien, le placement en garde à vue s’inscrit dans l’accord intervenu entre les deux pays. Les autorités gabonaises avaient d’ailleurs annoncé que le parlementaire serait mis à la disposition de la justice nationale. Cette nouvelle étape concrétise donc la suite judiciaire évoquée après l’autorisation de son départ du Rwanda.
Le flagrant délit invoqué face à l’immunité parlementaire
L’Assemblée nationale a pris acte de l’arrestation de son membre, en se référant à l’article 73 de son règlement intérieur, rapporte L’Union. Selon la présentation faite par l’institution, ce texte encadre les poursuites, l’arrestation et le jugement d’un parlementaire en matière pénale. Il prévoit une autorisation du bureau de l’Assemblée nationale, tout en réservant une exception en cas de flagrant délit. C’est cette exception que l’institution met en avant dans le dossier Yembi.
Vidéos
Cette position ne correspond donc pas à l’annonce d’une levée formelle de son immunité. Elle repose sur la qualification de flagrant délit retenue pour justifier la procédure rapportée. Les éléments disponibles ne détaillent cependant pas l’acte judiciaire fondant la garde à vue ni l’articulation entre les faits commis à Kigali et la procédure poursuivie à Libreville. Ces précisions relèvent des autorités judiciaires chargées du dossier.
Une gifle présumée à l’origine de l’interpellation à Kigali
L’affaire a commencé jeudi 3 septembre 2026 à l’aéroport de Kigali, où Augustin Lobelle Yembi se trouvait en transit. Selon le récit publié, il aurait asséné une gifle au superviseur des vols de la compagnie RwandAir. Les forces de police rwandaises l’avaient alors interpellé et placé sous leur contrôle. Le motif initial du différend entre le parlementaire et l’agent de la compagnie n’est toujours pas établi dans les informations communiquées.
Le député mis en cause
Après plusieurs jours de détention, les autorités rwandaises ont autorisé son départ dimanche 6 septembre. Libreville a attribué ce dénouement aux démarches diplomatiques entreprises et aux relations entre les présidents Brice Clotaire Oligui Nguema et Paul Kagame. Lundi 7 septembre, Michel Régis Onanga Ndiaye avait réuni le bureau de l’Assemblée nationale et certains députés pour les informer de la situation. L’annonce précisait déjà que la justice gabonaise devait prendre le relais.
Une intervention diplomatique qui n’efface pas le dossier
Le placement en garde à vue du parlementaire donne une portée concrète à cet engagement. Il montre que son départ du Rwanda ne peut être présenté comme la clôture de l’affaire ou comme une décision l’innocentant. À ce stade, aucune condamnation n’est rapportée. La garde à vue constitue une étape de la procédure, dont les suites restent à déterminer.
Les informations disponibles ne précisent ni la durée annoncée de cette mesure ni une éventuelle date de présentation devant un magistrat. La version détaillée du député sur l’altercation n’a pas davantage été rendue publique dans les documents consultés. Les prochaines décisions permettront de connaître les faits précisément retenus et le cadre des poursuites éventuelles. Dans cette attente, Augustin Lobelle Yembi demeure présumé innocent.
-
À lire absolument
Newsletter d'Info241
Abonnez-vous maintenant à notre newsletter pour recevoir chaque matin une analyse de l'actualité que vous ne trouverez nulle part ailleurs !



Réagir
Ajoutez votre commentaire
Partagez une réaction, une information complémentaire ou un point de vue argumenté.
Deux petits pas : recevez un code, entrez-le, puis rejoignez la discussion.
Votre nom, votre email, et hop : un code à 6 chiffres arrive dans votre boîte.
Collez le code reçu. Il reste valable 15 minutes, juste le temps d’ouvrir la porte.
Commentaires 0
Aucun commentaire pour le moment.
Lancez la conversation avec un retour utile, une précision ou une réaction argumentée.