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Propos de Lanlaire : Le gouvernement gabonais affiche son soutien à son chef injurié et appelle la justice à agir

Propos de Lanlaire : Le gouvernement gabonais affiche son soutien à son chef injurié et appelle la justice à agir
Propos de Lanlaire : Le gouvernement gabonais affiche son soutien à son chef injurié et appelle la justice à agir © 2026 D.R./Info241

Les propos de l’activiste basé en Europe Ange Landry Mbeng, alias Lanlaire, continue de faire réagir les autorités gabonaises. Après la suspension controversée d’Info241, le gouvernement gabonais est sorti ce mercredi du bois, soit plus 72h après les faits, pour marquer sa sollidarité avec son chef. Dans une déclaration lue hier sur Gabon 1ère, le ministre de la Communication et des Médias Germain Biahodjow a fermement condamné les propos tenus samedi par l’activiste bisexuel contre le président Brice Clotaire Oligui Nguema et certains membres de sa famille. Avant d’inviter les autorités judiciaires à examiner les faits au regard de l’article 158 et suivants du Code pénal. 

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La déclaration gouvernementale vise une vidéo de plus de 90 minutes publiée le samedi 8 août sur YouTube et largement partagée sur les réseaux sociaux où la fronde numérique s’organise contre l’activiste. Au cours de cette intervention, Lanlaire a formulé de nombreuses accusations contre le chef de l’État et plusieurs personnalités de son entourage, tout en utilisant des expressions jugées insultantes. Le gouvernement estime que ces propos dépassent les limites de la critique politique et portent atteinte à la dignité des personnes visées. 

Une condamnation au nom de la dignité présidentielle

Sur un ton particulièrement ferme, Germain Biahodjow a dénoncé une dérive du débat public. « Le gouvernement condamne avec la plus grande fermeté ces agissements qui constituent une dérive inacceptable du débat public », a déclaré le ministre. Selon lui, les propos reprochés à Lanlaire portent atteinte à la dignité des personnes concernées, mais également au respect dû à la plus haute institution de la République. L’Exécutif considère ainsi que la liberté de critique ne saurait couvrir les attaques personnelles ou les humiliations publiques.

La déclaration gouvernementale

Le gouvernement gabonais a également exprimé son soutien au président de la République et aux membres de sa famille cités dans la vidéo. « En cette circonstance particulière, le gouvernement tient à exprimer au président de la République, à sa famille et à l’ensemble des personnalités concernées sa solidarité et son soutien », a poursuivi Germain Biahodjow. Cette prise de position collective donne à l’affaire une dimension dépassant désormais la simple polémique numérique. Le contenu diffusé par l’activiste est présenté comme une attaque contre la fonction présidentielle et les valeurs institutionnelles de l’État gabonais.

L’article 158 du Code pénal invoqué

Le gouvernement rappelle que la liberté d’expression est garantie par la Constitution gabonaise, mais qu’elle demeure encadrée par la loi. Elle ne peut, selon la déclaration, servir de fondement à l’outrage, à l’injure, à la diffamation, à l’humiliation ou à toute autre atteinte à la dignité humaine. L’Exécutif invoque particulièrement l’article 158 et suivants du Code pénal relatifs aux propos visant le président de la République. Il revient toutefois à la justice d’apprécier la qualification exacte des déclarations et d’établir si les éléments constitutifs d’une infraction sont réunis.

Germain Biahodjow a assuré que cette démarche s’inscrivait dans le respect de l’indépendance du pouvoir judiciaire. Le gouvernement demande aux autorités compétentes d’examiner les faits et de prendre les dispositions prévues par la législation gabonaise. Cet appel ne constitue pas encore une condamnation judiciaire de Lanlaire, ni la preuve de l’ouverture effective de poursuites. Au moment de la déclaration, aucune décision du parquet ou mandat visant spécifiquement l’activiste dans cette nouvelle affaire n’avait été officiellement annoncé.

De la suspension du média à la mise en cause de l’auteur

Cette déclaration intervient après une première réaction institutionnelle dirigée contre Info241. Le lundi 10 août, la Haute autorité de la communication (HAC) avait suspendu le média en ligne « jusqu’à nouvel ordre » après la publication, la veille, d’un article consacré aux accusations de Lanlaire. La HAC reprochait au media en ligne d’avoir relayé des affirmations jugées graves, injurieuses et insuffisamment étayées. Info241 avait contesté cette décision, affirmant avoir attribué les propos à leur auteur, employé les précautions journalistiques nécessaires et refusé de reprendre les injures contenues dans la vidéo.

La déclaration du mercredi 12 août recentre désormais la réponse des autorités sur l’auteur initial des propos. Lanlaire ne s’était en effet pas exprimé sur Info241, mais sur sa propre chaîne YouTube, depuis l’Europe. La question ne relève donc plus uniquement de la responsabilité éditoriale d’un média ayant analysé une vidéo publique, mais de la responsabilité pénale éventuelle du créateur du contenu lui-même. Cette évolution pourrait également relancer le débat sur la proportionnalité de la suspension frappant Info241 alors que la source originale demeure accessible et que la HAC n’ait pas condamné Youtube pour complicité, argument pourtant avancé contre le média.

Le gouvernement veut mettre fin à « l’impunité » en ligne

Pour l’Exécutif, l’affaire Lanlaire illustre plus largement les dérives observées sur les réseaux sociaux que la nouvelle loi prise par le gouvernement puis votée par le Parlement était censée conjurer. Les autorités affirment vouloir mettre fin au sentiment d’impunité dont bénéficieraient certains activistes et créateurs de contenus établis à l’étranger. Elles réaffirment leur détermination à faire respecter l’État de droit, l’ordre public et la dignité de chaque citoyen gabonais. La portée concrète de cette fermeté dépendra cependant des suites judiciaires données au dossier et des éventuelles démarches engagées auprès des autorités françaises.

La déclaration intervient à quelques jours du 66e anniversaire de l’Indépendance du Gabon et à l’approche de la Fête de la Libération du 30 août. « Le peuple gabonais doit, plus que jamais, s’attacher au respect des valeurs cardinales qui constituent le socle de notre vivre-ensemble », a conclu Germain Biahodjow. Au-delà de la polémique, cette affaire pose une nouvelle fois la question de la frontière entre critique politique, liberté d’expression et atteinte aux personnes. Il appartiendra désormais à la justice, si elle est saisie, de tracer cette limite dans le strict respect des droits de la défense.

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