Près de 33 enfants sur 1 000 meurent avant leurs 5 ans au Gabon, les soins de proximité en question
Au Gabon, la mortalité des enfants de moins de cinq ans reste préoccupante, malgré une baisse progressive. En 2024, elle était estimée à 32,6 décès pour 1 000 naissances vivantes, soit un risque de décès avant le cinquième anniversaire d’environ un enfant sur 31. La mortalité néonatale atteignait, pour sa part, 16 décès pour 1 000 naissances vivantes. Ces chiffres, repris à l’occasion des rencontres de pédiatrie organisées cette semaine à Libreville, soulignent l’importance de renforcer la prise en charge dès la naissance.
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Réunis dans la capitale gabonaise depuis ce lundi 7 septembre, plus de 400 spécialistes venus de plus de 20 pays africains et européens échangent sur les moyens d’améliorer la santé de l’enfant. Selon le compte rendu de presse consulté, les travaux se tiennent au Palais des congrès Omar Bongo Ondimba, à la Cité de la démocratie. Leur ouverture a été présidée par la ministre de la Santé, Elsa Nkana Joséphine Ayo-Bivigou. L’accès aux soins, la disponibilité des médicaments et la répartition des spécialistes sur le territoire figurent parmi les difficultés soulevées.
Des chiffres à distinguer selon l’âge
Le taux de 32,6 pour 1 000 concerne l’ensemble des décès survenant avant cinq ans. Il ne doit donc pas être confondu avec la mortalité infantile au sens strict, qui mesure le risque de mourir avant le premier anniversaire. La mortalité néonatale porte, elle, sur les 28 premiers jours de vie. Ces indicateurs correspondent à des périodes qui se recouvrent : ils ne doivent pas être additionnés.
Quelques données :
| Indicateur | Chiffres | Ce qu’ils signifient |
|---|---|---|
| Mortalité avant cinq ans en 2024 | 32,6 décès pour 1 000 naissances vivantes | Un risque de décès avant le cinquième anniversaire d’environ un enfant sur 31. |
| Mortalité infantile, avant un an | Environ 26 décès pour 1 000 naissances vivantes | Le risque de mourir entre la naissance et le premier anniversaire. |
| Mortalité néonatale | Environ 16 décès pour 1 000 naissances vivantes | Le risque de mourir durant les 28 premiers jours de vie. |
| Mortalité avant cinq ans en 2023 | 33,8 décès pour 1 000 naissances vivantes | Une baisse de 1,2 décès pour 1 000 entre 2023 et 2024. |
| Mortalité avant cinq ans en 2015 | 44,4 décès pour 1 000 naissances vivantes | Une diminution d’environ 26,6 % entre 2015 et 2024. |
La fiche du Gabon publiée par l’Unicef affiche un taux de mortalité avant un an arrondi à 26 décès pour 1 000 naissances vivantes, contre 16 pour la période néonatale. La série historique situe par ailleurs la mortalité avant cinq ans à 33,8 pour 1 000 en 2023, puis à 32,6 en 2024. Elle s’établissait encore à 44,4 en 2015. La tendance traduit donc une amélioration, sans effacer le poids des décès précoces.
Rapprocher les pédiatres des enfants des provinces
À l’ouverture des travaux, la ministre de la Santé a insisté sur la nécessité de mieux répartir les professionnels et de renforcer les soins de proximité. « Car l’enfant gabonais ne vit pas uniquement à Libreville », a-t-elle rappelé, selon le compte rendu consulté. Cette déclaration place les inégalités territoriales au centre du débat. Elle souligne la nécessité de rendre les compétences pédiatriques accessibles aux familles vivant à l’intérieur du pays.
Les officiels lors de l’ouverture des rencontres de pédiatrie de Libreville
Les difficultés évoquées concernent aussi la qualité des soins et l’accès aux médicaments essentiels. La ministre a notamment cité le projet d’un hôpital de pédiatrie spécialisé comprenant la néphrologie, la cancérologie et la cardiologie pédiatriques. Cette perspective élargirait les possibilités de prise en charge des pathologies complexes. Elle s’accompagne toutefois, dans son intervention, d’un appel à renforcer les services au plus près des populations.
La prévention et les premiers jours de vie au premier plan
À l’échelle mondiale, environ 4,9 millions d’enfants sont morts avant leur cinquième anniversaire en 2024, dont 2,3 millions durant leur premier mois de vie. Les estimations publiées en mars 2026 par les organismes des Nations unies soulignent qu’une grande partie de ces décès pourrait être évitée grâce à des interventions éprouvées et à des soins de qualité. Elles mettent également en évidence un ralentissement des progrès depuis 2015. Ce constat mondial renforce l’importance du suivi des nouveau-nés et de la continuité des soins pendant la petite enfance.
À Libreville, les échanges portent notamment sur la vaccination, la nutrition, les maladies infectieuses et l’amélioration des pratiques pédiatriques. Le rôle des collectivités dans l’accès à l’eau potable, l’assainissement et les services de santé primaire a également été mis en avant. Pour le Gabon, ces rencontres posent ainsi une question concrète : comment transformer les recommandations scientifiques en soins accessibles sur l’ensemble du territoire ? La baisse durable des décès d’enfants dépendra aussi des moyens consacrés à cette mise en œuvre et de la régularité de son suivi.
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