Port-Gentil : Féfé Onanga exige des comptes sur les chantiers à l’arrêt et les 7 milliards promis
Réuni face à la presse ce lundi 13 juillet à Port-Gentil, le leader politique Féfé Onanga et les responsables du groupe qui porte son nom ont répondu à une lettre ouverte de Philippe César Boutimba Dieta. Mais au-delà du droit de réponse, la rencontre a surtout permis au mouvement de relancer le débat sur la gestion de plusieurs projets publics dans la capitale économique, entre chantiers à l’arrêt, fonds annoncés et exigence de transparence.
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Le secrétaire général du groupe Féfé, Delphin Mboumba, a d’abord dénoncé ce qu’il considère comme une déformation volontaire de l’identité de leur leader dans la lettre ouverte incriminée. Selon lui, la réponse aurait dû être adressée à Féfé Onanga lui-même, et non renvoyer à une communauté ethnolinguistique. Le responsable a ensuite recadré la polémique autour du chantier du lycée d’État Joseph-Ambouroue-Avaro, affirmant que les critiques formulées ne visaient pas personnellement le ministre Mays Mouissi, mais portaient sur la gestion d’un dossier d’intérêt public.
Le lycée Ambouroue-Avaro au cœur de la contestation
Pour le groupe Féfé, la question centrale reste simple : pourquoi les travaux du lycée d’État Joseph-Ambouroue-Avaro sont-ils à l’arrêt ? Delphin Mboumba a insisté sur la nécessité d’informer les populations de Port-Gentil sur les raisons réelles du blocage. Dans une ville où les besoins en infrastructures scolaires demeurent importants, ce chantier symbolise, selon le mouvement, l’écart entre les annonces publiques et la réalité observée sur le terrain.
Féfé Onanga a, pour sa part, assuré n’entretenir aucune animosité personnelle envers Mays Mouissi, affirmant connaître sa famille depuis de nombreuses années. Il a expliqué que le nom du ministre est cité uniquement en raison de son implication dans le suivi de projets financés par l’État. Pour lui, poser des questions sur l’état d’avancement des chantiers ne relève donc ni d’une attaque personnelle ni d’un règlement de comptes, mais d’une exigence de reddition des comptes.
Les 7 milliards en question
Le leader politique s’est ensuite interrogé sur l’utilisation des 7 milliards de FCFA annoncés pour le développement de Port-Gentil. Selon lui, les populations peinent encore à identifier les réalisations concrètes issues de cette enveloppe. Il a cité, entre autres, le lycée d’État Joseph-Ambouroue-Avaro, des voiries, des logements inachevés et plusieurs infrastructures dont l’exécution serait aujourd’hui interrompue.
Féfé Onanga déplore la multiplication de ce qu’il qualifie d’« éléphants blancs » dans la capitale économique. À ses yeux, ces chantiers abandonnés ne sont pas seulement des symboles d’inefficacité administrative. Ils représenteraient aussi un danger pour les populations et un frein au développement local. Il appelle donc les autorités compétentes à clarifier l’état des financements, le niveau d’exécution des travaux et les responsabilités engagées dans chaque dossier.
Un délai fixé au 1er août
Le ton s’est durci lorsque Féfé Onanga a évoqué la suite du dossier. Il a fixé au 1er août 2026 un délai pour la reprise des travaux du lycée d’État Joseph-Ambouroue-Avaro. Faute d’évolution d’ici là, il promet d’aller expliquer directement aux populations les raisons du blocage du chantier. Une manière de mettre la pression sur les autorités et les responsables administratifs chargés du suivi de ce projet.
Au cours de son intervention, le leader politique a également affirmé disposer d’éléments relatifs à de présumées pratiques de corruption et de demandes de pots-de-vin dans certains marchés publics. Il s’est dit prêt à présenter des preuves et a appelé la justice à ouvrir des enquêtes pour établir les responsabilités. Sur ce terrain sensible, la prudence reste de mise, mais la déclaration ajoute une dimension judiciaire potentielle à un dossier déjà politiquement inflammable.
Soutien à Oligui, mais exigence de résultats
Malgré la virulence de ses critiques, le groupe Féfé a réaffirmé son soutien au président de la République, Brice Clotaire Oligui Nguema. Delphin Mboumba a rappelé l’engagement du mouvement depuis les premiers jours de la Transition, notamment lors du référendum, de l’élection présidentielle et dans le cadre de la création de l’Union démocratique des bâtisseurs. Il a toutefois estimé que ce soutien mériterait davantage de considération de la part du pouvoir.
Féfé Onanga assure que son combat ne vise ni des individus ni des partis politiques. Il dit agir pour défendre les intérêts de Port-Gentil, obtenir l’achèvement des projets publics, garantir le paiement des entreprises et imposer plus de transparence dans la gestion des ressources de l’État. Entre soutien affiché au chef de l’État et critiques frontales contre la conduite locale des chantiers, le message est clair : à Port-Gentil, les promesses de développement devront désormais se mesurer aux réalisations visibles.
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