Le Gabon signe à New York la convention africaine contre l’enrôlement des enfants soldats
Le Gabon a rejoint ce mercredi 23 septembre à New York, les États africains engagés dans la nouvelle Convention sur le désarmement, la démobilisation et la réintégration (DDR) des enfants soldats. Signé en marge de la 81e Assemblée générale des Nations Unies, ce texte vise à renforcer la coopération continentale contre le recrutement et l’utilisation des mineurs dans les conflits armés, tout en accordant une place importante à leur réintégration durable dans la société.
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La ministre des Affaires étrangères et de la Coopération, chargée de l’Intégration et de la Diaspora, Marie-Édith Tassyla-Ye-Doumbeneny, a représenté le Gabon lors de cette cérémonie organisée à New York. Sa fonction actuelle est celle définie par le gouvernement nommé en janvier 2026. Par cette signature, Libreville affirme son adhésion à une initiative continentale destinée à renforcer les mécanismes de protection des enfants dans les situations de conflit armé.
Une convention issue du processus de Rabat
Le nouvel instrument est l’aboutissement d’un processus lancé à Rabat le 20 novembre 2025 lors d’une conférence ministérielle africaine consacrée au désarmement, à la démobilisation et à la réintégration des enfants soldats. Cette rencontre avait débouché sur l’adoption de la Déclaration de Rabat, par laquelle les États participants avaient réaffirmé leur volonté de lutter contre le recrutement et l’exploitation des enfants dans les conflits armés.
Le Gabon a notamment salué l’initiative portée par le Maroc ainsi que la mobilisation des 40 États signataires de cette déclaration. Les consultations engagées après la conférence de Rabat, notamment avec des experts africains du DDR, ont ensuite permis de travailler à l’élaboration de la convention présentée cette semaine à New York. Une vingtaine d’États africains ont inauguré la phase de signature du texte au niveau de leurs ministres des Affaires étrangères.
Prévenir le recrutement des enfants
L’un des objectifs du texte est de renforcer la prévention du recrutement et de l’utilisation des enfants par les forces et groupes armés. Cette problématique reste au cœur des préoccupations de l’Union africaine, dont le Conseil de paix et de sécurité rappelait encore début septembre que l’enrôlement des enfants constitue une grave violation de leurs droits et peut contribuer à prolonger les cycles de violence.
La démarche du Gabon s’inscrit ainsi dans un ensemble plus large d’engagements africains et internationaux consacrés à la protection de l’enfance. Depuis plusieurs années, les institutions africaines appellent les États à associer le désarmement et la démobilisation à des mécanismes de réinsertion sociale, afin d’éviter que les mineurs ayant quitté les groupes armés ne retombent dans des situations d’exclusion ou de recrutement.
La réintégration au cœur du dispositif
La convention ne se limite en effet pas au retrait des enfants des forces ou groupes armés. Elle entend également favoriser leur retour durable à la vie civile à travers des mécanismes adaptés à leur situation. Les travaux africains sur le DDR mettent notamment en avant la nécessité d’éviter le réenrôlement et d’apporter des réponses tenant compte des besoins spécifiques des enfants après leur sortie des groupes armés.
Cette approche repose aussi sur le partage d’expériences entre États africains. Le texte présenté à New York est conçu comme un cadre de coopération permettant aux pays du continent d’échanger leurs pratiques en matière de prévention, de démobilisation et de réintégration. Il associe ainsi les enjeux de protection de l’enfance aux politiques de paix, de sécurité et de reconstruction après les conflits.
Le Gabon rejoint la dynamique continentale
Pour Libreville, cette signature marque une nouvelle étape diplomatique dans son engagement sur les questions de protection de l’enfance. Le pays rejoint ainsi les États ayant décidé de soutenir un cadre africain spécifiquement consacré au traitement du phénomène des enfants associés aux conflits armés. La diplomatie gabonaise met particulièrement en avant la prévention du recrutement des mineurs et le respect des instruments juridiques protégeant leurs droits fondamentaux.
La phase ouverte à New York porte désormais sur la signature de la convention par les États africains intéressés. Elle intervient moins d’un an après l’adoption de la Déclaration de Rabat et après plusieurs mois de consultations techniques. Pour le Gabon, l’acte posé par Marie-Édith Tassyla-Ye-Doumbeneny inscrit officiellement le pays dans ce processus continental consacré au désarmement, à la démobilisation et à la réintégration des enfants soldats.
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