Le Gabon et Eramet d’accord pour transformer jusqu’à 700 000 tonnes de manganèse par an d’ici 2031 !
Le Gabon veut conserver une plus grande part de la valeur produite par son manganèse. Le gouvernement gabonais, Eramet et sa filiale Eramet Comilog ont signé, ce lundi 20 juillet à Paris, un protocole d’accord consacré à la transformation locale du minerai. La feuille de route porte sur trois projets industriels capables de traiter ensemble jusqu’à 700 000 tonnes de minerai par an d’ici la fin de l’année 2031. La signature s’est déroulée au palais de l’Élysée, en présence des présidents Brice Clotaire Oligui Nguema et Emmanuel Macron.
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Le protocole a été paraphé par Sosthène Nguema Nguema, ministre gabonais des Mines et des Ressources géologiques, Christel Bories, présidente-directrice générale d’Eramet, et Léod-Paul Batolo, administrateur directeur général d’Eramet Comilog. Il intervient après plus d’une année de discussions entre l’État gabonais et le groupe minier français. Comilog transforme déjà une partie de son minerai au Complexe industriel de Moanda depuis 2000 et au Complexe métallurgique de Moanda depuis 2015. Le protocole présenté par Eramet vise désormais à augmenter fortement cette capacité.
Une première usine tournée vers les batteries
Le premier projet concerne la construction d’une usine de production d’oxyde de manganèse dans la région de Libreville. Sa capacité initiale serait de 10 000 tonnes d’oxyde par an, nécessitant la transformation d’environ 20 000 tonnes de minerai gabonais. Cette production serait destinée aux batteries des véhicules électriques et à la fabrication d’aciers à haute performance. Une mise en service est envisagée avant la fin de l’année 2028, sous réserve de la validation des conditions techniques, environnementales, économiques et industrielles.
Une autre vue de cette cérémonie
Si cette première unité trouve des débouchés commerciaux suffisants, d’autres usines pourraient ensuite être construites avec le soutien de nouveaux investisseurs. Chacune de ces installations supplémentaires pourrait produire 50 000 tonnes d’oxyde de manganèse par an. Le deuxième projet porte sur la réfection et l’amélioration du Complexe métallurgique de Moanda, dans la province gabonaise du Haut-Ogooué. Les travaux doivent permettre de relancer les installations rénovées avant fin 2029 et de transformer environ 150 000 tonnes de minerai par an.
Une grande usine côtière encore conditionnelle
Le Complexe métallurgique de Moanda pourrait atteindre une capacité annuelle de 70 000 tonnes d’alliages de manganèse. Il demeure le seul site de transformation de ce type en activité au Gabon et en Afrique centrale, mais sa rentabilité doit être renforcée. Le troisième projet est beaucoup plus important et prévoit une nouvelle usine d’alliages de manganèse près de la côte gabonaise. Cette installation pourrait produire 265 000 tonnes d’alliages par an à partir d’environ 530 000 tonnes de minerai dès 2031.
Cette troisième usine reste toutefois soumise à plusieurs conditions et ne constitue pas encore un investissement définitivement engagé. Une convention d’investissement distincte devra être signée, tandis que les solutions énergétiques et logistiques devront être préalablement sécurisées. Le Gabon s’est engagé à développer l’alimentation électrique nécessaire avec l’appui de partenaires autres qu’Eramet et Eramet Comilog. Le protocole précise aussi qu’Eramet évaluera de manière autonome la rentabilité de chaque projet avant toute décision finale d’investissement.
Un comité de suivi chargé d’éviter les promesses sans suite
Un comité réunissant des représentants de l’État gabonais, d’Eramet et d’Eramet Comilog sera mis en place pour contrôler l’avancement des engagements. Cette structure devra se réunir au moins une fois par trimestre et suivre les études concernant les trois projets industriels. Elle vérifiera également la disponibilité de l’énergie, les conditions logistiques et la viabilité économique des investissements envisagés. Aucun montant global d’investissement n’a cependant été annoncé lors de la signature du protocole.
L’accord prévoit parallèlement le développement d’une filière gabonaise de production de biocharbon à partir des déchets de l’industrie forestière. Un four pilote a été installé en juillet à Lastourville, dans la province de l’Ogooué-Lolo, en partenariat avec l’entreprise Precious Woods. Une unité capable de produire 10 000 tonnes de biocharbon par an pourrait entrer en activité à l’horizon 2029. Ce combustible doit remplacer une partie du coke métallurgique importé et réduire l’empreinte carbone de la transformation du manganèse au Gabon.
Un fonds « Fabriqué au Gabon » pour 3 000 emplois
Eramet et Eramet Comilog doivent également lancer un fonds d’amorçage industriel baptisé « Fabriqué au Gabon ». Ce mécanisme est présenté comme un outil destiné à soutenir la création et le développement d’entreprises industrielles gabonaises dans plusieurs secteurs. Il vise, à terme, la création de 3 000 emplois et l’augmentation du poids de l’industrie dans l’économie nationale. Les modalités de financement, le montant du fonds et les conditions d’accès des entrepreneurs gabonais devront encore être précisés.
Eramet Comilog et la Société d’exploitation du Transgabonais (Setrag) doivent parallèlement renforcer leurs achats auprès des entreprises gabonaises. Cette politique pourrait ouvrir davantage de marchés aux fournisseurs nationaux dans la maintenance, le transport, les équipements, les services industriels et la sous-traitance. Elle devra aussi favoriser le transfert de compétences et la création d’emplois durables autour des futurs sites de transformation. Pour que les retombées profitent réellement aux populations, les entreprises locales devront être accompagnées afin de répondre aux exigences techniques des grands donneurs d’ordre.
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