Lanlaire balance sur Oligui : 150 000 € offerts, vidéos compromettantes, bisexualité, 20 milliards dilapidés…
Lanlaire a décidé de vider son sac sur le président gabonais Brice Clotaire Oligui Nguema et son entourage. Dans une vidéo de plus de 90 minutes publiée ce samedi 8 août sur YouTube, l’activiste gabonais installé en Europe a enchaîné les accusations contre le sommet de l’État : financement occulte, dépenses exorbitantes, manipulation d’activistes, coupures d’internet et dossiers compromettants. Celui qui revendique publiquement sa propre bisexualité va jusqu’à prêter la même orientation sexuelle au président gabonais, en l’accompagnant d’allégations touchant à sa vie privée. Une sortie explosive dont les affirmations les plus graves ne sont toutefois étayées, à ce stade, par aucune pièce rendue publique.
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Présenté comme l’homme ayant tenté d’alerter Ali Bongo quelques heures avant le coup d’État du 30 août 2023, Lanlaire affirme disposer depuis plusieurs années de sources au sein de la présidence, du gouvernement et de différentes administrations. « Dans son gouvernement, j’ai des espions », assure-t-il, en attribuant à ce réseau les informations qui lui auraient permis d’annoncer le putsch avant son déclenchement. L’activiste soutient désormais que l’opération devait déboucher sur une transition provisoire, mais qu’elle aurait été détournée au profit des ambitions personnelles d’Oligui Nguema. Cette version des préparatifs du 30 août reste cependant celle de Lanlaire et n’est accompagnée d’aucun document permettant de la confirmer.
« Internet a été coupé à cause de moi »
Parmi ses déclarations les plus spectaculaires, Lanlaire affirme que l’actuelle suspension des réseaux sociaux décidée unilatéralement le 18 février par le pouvoir de Libreville aurait été ordonnée après ses menaces de dévoiler des dossiers sur le régime. « Lorsqu’on coupe internet au Gabon, c’est parce que je menace Brice Clotaire Oligui Nguema et son entourage », lance-t-il. Selon son récit, des membres du gouvernement l’auraient averti que des instructions avaient été données pour restreindre le réseau à la suite de l’une de ses publications.
Les accusations de l’activiste :
| Accusations | Révélation ou accusation | Citation de Lanlaire | Cible | Vérification et réserve |
|---|---|---|---|---|
| Projet d’assassinat | Il affirme que le pouvoir aurait cherché à l’attirer au Gabon pour l’éliminer. | « Tu as voulu me faire venir au Gabon pour me tuer, pour m’assassiner. » | Brice Clotaire Oligui Nguema et son entourage | Aucun élément matériel n’est présenté dans la vidéo. |
| Retour empêché | Il accuse le président de l’empêcher de rentrer au Gabon, notamment pour retrouver son père malade. | « Tu m’empêches de venir au Gabon […] Mon papa souffre, mon papa voudrait que je sois au Gabon. » | Présidence gabonaise | Aucune décision administrative interdisant son retour n’est montrée. |
| Atteinte à sa mère | Il reproche au couple présidentiel d’avoir tenu des propos irrespectueux sur sa défunte mère. | « Tu as manqué de respect à ma mère […] Il ne fallait pas parler de ma défunte maman. » | Brice Clotaire et Zita Oligui Nguema | Aucun enregistrement des propos reprochés n’est diffusé. |
| Dossiers compromettants | Il prétend posséder de nombreux documents sur le chef de l’État et son entourage. | « Je détiens trop d’informations sur lui […] Les vrais dossiers vont arriver. » | Chef de l’État et collaborateurs présidentiels | Les dossiers annoncés n’ont pas été rendus publics. |
| Vidéos compromettantes | Il assure disposer d’images susceptibles de mettre plusieurs responsables en difficulté. | « Des vidéos compromettantes que je détiens ? Oui, bien sûr. » | Présidence, gouvernement et personnalités proches du pouvoir | Aucune vidéo compromettante n’est montrée pendant l’entretien. |
| Vie privée et mœurs | Il formule des accusations très personnelles sur la vie intime du président, de responsables publics et d’artistes. | « Je tiens leurs noms. J’ai le nom des rappeurs. » | Président, artistes et membres du gouvernement | Accusations non démontrées relevant de la vie privée ; prudence indispensable. |
| Internet coupé à cause de lui | Il soutient que certaines restrictions du réseau auraient été décidées après ses menaces de divulgation. | « Lorsqu’on coupe internet au Gabon, c’est parce que je menace Brice Clotaire Oligui Nguema et son entourage. » | Présidence et autorités des télécommunications | Aucun lien technique ou administratif n’est établi. |
| Informateurs dans le pouvoir | Il affirme disposer de sources au sein de la présidence et du gouvernement. | « Dans son gouvernement […] j’ai des espions. » | Présidence et administrations gabonaises | L’identité et la fiabilité de ces informateurs sont invérifiables. |
| Coup d’État annoncé à l’avance | Il réaffirme avoir été prévenu avant le renversement d’Ali Bongo, le 30 août 2023. | « Ce sont eux qui m’avaient donné l’information à propos du fameux coup d’État du 30 août 2023. » | Sources présumées au sein du pouvoir | L’antériorité de son alerte doit être confirmée par des publications horodatées. |
| Sens initial du putsch | Il affirme que le coup d’État devait simplement conduire à une transition provisoire. | « Ce coup d’État était un coup monté juste pour stabiliser le pays […] personne ne devait se retrouver en prison. » | Brice Clotaire Oligui Nguema et anciens membres du CTRI | Il s’agit de sa propre interprétation des préparatifs du 30 août. |
| Ambitions d’Oligui Nguema | Il dit avoir averti que le chef de la transition voulait conserver le pouvoir. | « Je vous avais dit que Brice Clotaire Oligui Nguema était en train de vous mentir […] il veut devenir président. » | Brice Clotaire Oligui Nguema | Oligui Nguema a ensuite remporté la présidentielle d’avril 2025. |
| Manipulation contre les Bongo | Il soutient avoir été poussé à s’opposer à Ali Bongo et à plusieurs membres de sa famille. | « Ils avaient été instrumentalisés […] on m’avait poussé à la haine envers eux. » | Entourage actuel du chef de l’État | Récit personnel qui n’est accompagné d’aucune preuve matérielle. |
| Activistes rémunérés | Le pouvoir paierait des activistes afin de valoriser l’image du président sur les réseaux sociaux. | « Oligui paye les activistes pour que les activistes fassent la publicité pour lui. » | Présidence et communicants favorables au régime | Aucun contrat ni relevé de paiement n’est présenté. |
| Communication du « bâtisseur » | Les campagnes vantant les réalisations présidentielles seraient, selon lui, organisées et financées. | « Tout ce qu’on nous montre là, “le bâtisseur”, c’est Ali Bongo qui avait commencé tous les travaux. » | Gouvernement Oligui Nguema | Chaque chantier doit être vérifié séparément pour établir sa date de lancement. |
| Offre de communication | Il affirme avoir été sollicité pour promouvoir le chef de l’État avant leur rupture. | « On m’avait demandé de venir faire la communication et de parler en bien de lui. » | Entourage présidentiel | Il ne communique ni l’identité du commanditaire ni les conditions de cette proposition. |
| Versement de 150 000 euros | Des proches du pouvoir lui auraient remis 150 000 euros, soit environ 98,4 millions de FCFA, pour attaquer le président. | « Votre entourage […] est venu me voir et me payer pour que je vous attaque. » | Membres non identifiés de l’entourage présidentiel | Aucun reçu, relevé bancaire ou document comptable n’est produit. |
| Achat d’un véhicule | Il affirme avoir acheté une voiture avec une partie de l’argent reçu. | « Vous avez filmé la voiture que j’ai achetée avec cet argent, une partie de cet argent. » | Lanlaire et les présumés donateurs | Le véhicule ne permet pas, à lui seul, d’établir l’origine des fonds. |
| Trois groupes d’émissaires | Trois délégations liées au régime auraient rencontré l’activiste en Europe. | « Il y a trois groupes qui sont venus me voir, trois groupes qu’Oligui lui-même avait envoyés. » | Entourage du président | Aucun nom ni document de déplacement n’est dévoilé. |
| Tournée à 20 milliards de FCFA | Il affirme que 20 milliards de FCFA auraient été mobilisés pour une tournée africaine du président. | « Il a pris 20 milliards de francs CFA pour faire ce déplacement […] 20 milliards pour sa tournée africaine. » | Présidence et BEAC | Aucun ordre de décaissement ou document budgétaire n’est présenté. |
| Sources présumées à la BEAC | Il dit tenir cette information de cadres travaillant au sein de la banque centrale. | « Je viens d’avoir une grosse information par certains employés, des cadres de la BEAC à Libreville. » | Banque des États de l’Afrique centrale | La BEAC n’a pas confirmé publiquement cette affirmation. |
| Dépenses de voyage | Il dénonce le financement de billets en classe affaires et d’hôtels luxueux pour des proches du pouvoir. | « Il va payer les billets d’avion […] en classe affaires à pas moins de 5, 6 ou 7 millions. » | Présidence et membres des délégations officielles | Aucun manifeste de passagers ou justificatif de paiement n’est publié. |
| Six déstabilisateurs | Il affirme connaître six personnes proches du pouvoir qui travailleraient contre le président. | « Il y a six personnes qui se sont mal comportées […] les six personnes-là, je vais les dénoncer. » | Six personnalités non identifiées | Les noms et les faits précis restent encore inconnus. |
| Crise sociale | Il accuse le régime de privilégier ses dépenses pendant que les Gabonais souffrent. | « Il n’y a pas de courant, il n’y a pas d’eau […] les Gabonais vivent mal. » | Gouvernement gabonais | Les difficultés citées sont régulièrement dénoncées, mais leur lien avec les dépenses alléguées reste à établir. |
| Démolitions | Il reproche au pouvoir d’avoir détruit des habitations sans reloger préalablement les familles. | « Il a cassé les maisons des Gabonais […] même pas construire pour les reloger d’abord. » | Gouvernement et autorités chargées de l’aménagement | Les opérations et dispositifs de relogement doivent être examinés au cas par cas. |
| Guerre ouverte avec le président | Il annonce que cette intervention ne constitue que le début de ses révélations. | « Ce n’est que le commencement de la guerre entre toi et moi. » | Brice Clotaire Oligui Nguema | Déclaration politique et personnelle engageant uniquement son auteur. |
L’activiste prétend que la panique aurait gagné le palais après qu’il eut annoncé son intention de révéler les noms de collaborateurs, d’artistes et de responsables évoluant dans l’entourage présidentiel. Il assure avoir envoyé des avertissements directement sur le numéro personnel du chef de l’État. « Je vais vous mettre tous à nu », dit-il avoir prévenu, en promettant de divulguer des enregistrements et des informations confidentielles. Lanlaire n’a cependant montré ni les messages adressés au président ni les instructions qui auraient conduit à une coupure d’internet.
150 000 euros pour attaquer Oligui Nguema
L’accusation la plus embarrassante concerne le versement présumé de 150 000 euros, soit environ 98,4 millions de FCFA. Lanlaire affirme que trois groupes composés de personnes appartenant à l’entourage du président seraient venus le rencontrer en Europe pour lui remettre cette somme et l’encourager à s’en prendre publiquement à Oligui Nguema. « Votre entourage est venu me voir et me payer pour que je vous attaque », affirme-t-il. Il assure également avoir reçu, à cette occasion, des dossiers contenant des informations sensibles sur le fonctionnement du régime.
Pour matérialiser cette histoire, l’activiste présente un véhicule qu’il dit avoir acheté avec une partie de l’argent reçu. « Vous avez filmé la voiture que j’ai achetée avec cet argent », déclare-t-il à son caméraman à la fin de la vidéo. Il ne révèle toutefois ni l’identité des présumés donateurs, ni les dates des versements, ni le moyen de paiement utilisé. En l’absence de reçu, de relevé bancaire ou de témoignage contradictoire, le véhicule présenté ne suffit pas à prouver l’origine des fonds allégués.
Bisexualité présumée et secrets de la vie privée
Lanlaire s’aventure également sur le terrain particulièrement sensible de la vie intime du président. L’activiste, qui se définit lui-même comme bisexuel, affirme qu’Oligui Nguema entretiendrait des relations avec des hommes et des femmes, notamment parmi des artistes et des personnalités chargées de promouvoir son image. Il prétend posséder les noms et des éléments compromettants, déclarant : « J’ai le nom des rappeurs ». Aucun témoignage, enregistrement ou document susceptible d’étayer ces allégations n’est toutefois diffusé.
Ces déclarations concernent la vie privée d’une personne et ne peuvent être considérées comme des faits établis. L’orientation sexuelle réelle ou supposée du chef de l’État ne constitue d’ailleurs pas, en elle-même, un enjeu de gestion publique. La question soulevée par Lanlaire porterait plutôt, si ses affirmations étaient démontrées, sur d’éventuelles contreparties financières, nominations ou avantages accordés à certaines personnes. Pour l’heure, cette dimension reste totalement dépourvue de preuve accessible au public.
Des vidéos compromettantes gardées sous clé
Lanlaire assure parallèlement détenir des vidéos, des messages et des enregistrements capables de provoquer un véritable séisme politique. « Des vidéos compromettantes que je détiens ? Oui, bien sûr », répond-il lorsqu’il est interrogé sur la nature de ses dossiers. Il affirme que certaines pièces auraient été confiées à ses avocats afin de le protéger en cas d’arrestation ou d’agression. Leur contenu exact, leur origine et leur authenticité demeurent néanmoins inconnus.
L’activiste explique hésiter à publier certaines images pour ne pas détruire la carrière ou la vie de jeunes artistes qui apparaîtraient dans ces dossiers. Il promet toutefois de dévoiler progressivement les noms de responsables et de collaborateurs qui joueraient un double jeu auprès du président. Six personnalités seraient notamment concernées par une prochaine révélation. « Les six personnes-là, je vais les dénoncer », prévient-il, tout en disant attendre une dernière confirmation.
Une tournée africaine à 20 milliards de FCFA
Autre bombe lâchée par Lanlaire : une somme de 20 milliards de FCFA aurait été mobilisée pour financer une tournée africaine du président gabonais. L’activiste affirme tenir cette information de cadres de la Banque des États de l’Afrique centrale et de personnes ayant participé au déplacement. « Il a pris 20 milliards de francs CFA pour faire sa tournée africaine », martèle-t-il. Aucun ordre de décaissement, document budgétaire ou relevé provenant de la BEAC n’est cependant présenté.
Lanlaire accuse également la présidence d’avoir financé des billets en classe affaires et des séjours dans de prestigieux hôtels parisiens pour une importante délégation. Il évoque des billets coûtant entre 5 et 7 millions de FCFA et des hébergements dans les 8e et 16e arrondissements de Paris. Ces dépenses présumées sont opposées aux difficultés quotidiennes des Gabonais confrontés aux pénuries d’eau, aux délestages, au manque de médicaments et à la faiblesse des bourses étudiantes. Les montants cités devront toutefois être confrontés aux comptes officiels des déplacements présidentiels.
Des activistes payés pour vendre le « bâtisseur »
Selon Lanlaire, le régime rémunérerait des activistes, des influenceurs, des artistes et des communicants pour présenter Oligui Nguema comme le grand « bâtisseur » du Gabon. « Oligui paye les activistes pour qu’ils fassent la publicité pour lui », accuse-t-il. Il affirme avoir lui-même été sollicité pour participer à cette campagne avant que ses relations avec le pouvoir ne se dégradent. Plusieurs chantiers aujourd’hui revendiqués par le nouveau régime auraient, selon lui, été programmés ou lancés sous Ali Bongo.
L’activiste reproche au gouvernement de privilégier la communication et les déplacements fastueux pendant que les populations subissent les coupures d’eau et d’électricité, les démolitions d’habitations et les insuffisances du système sanitaire. Il accuse également le pouvoir d’avoir utilisé sa douleur après la mort de sa mère, Sophie Ada Obiang, pour l’opposer à Ali Bongo et à plusieurs membres de l’ancienne famille présidentielle. Lanlaire affirme désormais avoir pardonné à certains Bongo, qu’il présente comme les victimes d’une manipulation. Ce spectaculaire retournement nourrit autant les interrogations que les accusations qu’il formule.
Une guerre déclarée au palais de Libreville
Derrière le déballage politique se trouve également une violente rupture personnelle. Lanlaire accuse le président et son épouse, Zita Oligui Nguema, d’avoir tenu des propos irrespectueux sur sa défunte mère et affirme être empêché de rentrer au Gabon pour revoir son père malade. Il soutient même qu’un plan aurait été conçu pour l’attirer au pays avant de l’emprisonner ou de l’assassiner. « Tu as voulu me faire venir au Gabon pour me tuer », lance-t-il, sans dévoiler les preuves de cette tentative présumée.
Lanlaire promet désormais de poursuivre ses révélations et invite publiquement le couple présidentiel à porter plainte contre lui en Europe. « Ce n’est que le commencement de la guerre entre toi et moi », prévient-il à l’adresse du chef de l’État. La présidence gabonaise et les différentes personnes mises en cause n’ont pas encore répondu publiquement à cette avalanche d’accusations. Sans publication et authentification des pièces annoncées, ce déballage demeure celui d’un activiste en guerre ouverte contre le palais, et non la démonstration judiciaire des faits qu’il avance.
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