Gabon : OGÓLI, un projet de télécabines pour relier Nzeng-Ayong à la Cité Émeraude en 14 minutes
Libreville pourrait accueillir, à l’horizon 2030, sa première ligne de transport urbain par câble. Baptisé OGÓLI, le projet prévoit un tracé aérien de 6,5 kilomètres reliant Nzeng-Ayong à la Cité Émeraude à travers six stations. Ses promoteurs annoncent une capacité maximale de 4 000 voyageurs par heure et par direction, avec un temps de parcours estimé à 14 minutes. Le projet se trouve toutefois encore au stade des études de préfaisabilité et demeure soumis aux conclusions techniques, environnementales et financières ainsi qu’à l’obtention des autorisations nécessaires.
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Se déplacer quotidiennement dans la capitale gabonaise demeure une épreuve pour de nombreux usagers. La faiblesse du transport collectif de masse, la saturation des bus et la dépendance aux taxis et aux véhicules clandestins contribuent à une congestion routière persistante. Les habitants perdent parfois plusieurs heures dans les embouteillages pour rejoindre leurs lieux de travail, les établissements scolaires ou les administrations. C’est à cette crise de mobilité que le projet OGÓLI entend apporter une réponse.
Tracé de la première ligne du Téléphérique OGÓLI
Porté par l’entreprise gabonaise INGÉNIERIE DU RAIL et la société de projet OGÓLI SA, le dispositif repose sur l’utilisation de l’espace aérien urbain. Cette solution devrait limiter les emprises au sol, les expropriations et les interactions avec la circulation routière existante. Elle permettrait également de franchir plus facilement certaines contraintes liées au relief de Libreville. Les performances annoncées devront néanmoins être confirmées par les études en cours.
Une ligne de 6,5 kilomètres et six stations
Le premier corridor partirait du Complexe sportif de Nzeng-Ayong, dans le 6e arrondissement, pour rejoindre la Cité Émeraude, dans le 2e arrondissement. Le parcours traverserait plusieurs zones résidentielles, administratives et universitaires parmi les plus fréquentées de Libreville. La ligne desservirait notamment l’Université Omar Bongo et la zone d’Arambo. Son implantation vise à connecter les quartiers populaires de l’est de la capitale aux principaux pôles d’activité du centre.
Les six stations envisagées sont :
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le Complexe sportif de Nzeng-Ayong ;
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l’échangeur de Nzeng-Ayong ;
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l’entrée de la Cité de la Démocratie ;
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l’Université Omar Bongo ;
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la zone d’Arambo ;
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la Cité Émeraude.
Le tracé doit être affiné à partir des relevés topographiques, des études géotechniques et des enquêtes de mobilité. L’emplacement définitif des pylônes et des stations n’est donc pas encore arrêté. Les études devront aussi mesurer les flux réels de passagers et les possibilités de connexion avec les bus et les autres transports collectifs. La réussite du projet dépendra largement de cette intégration au réseau urbain existant.
Une capacité cible de 60 000 voyages par jour
OGÓLI vise une capacité maximale de 4 000 voyageurs par heure et par direction. Les promoteurs estiment que la ligne pourrait enregistrer jusqu’à 60 000 voyages quotidiens. Le service fonctionnerait 18 heures sur 24 avec des cabines climatisées comprenant dix places assises et une connexion Wi-Fi. Le choix définitif entre un système bicâble ou tricâble interviendra au cours des études techniques détaillées.
Une vue de la solution de transport
Le trajet complet entre Nzeng-Ayong et la Cité Émeraude serait effectué en environ 14 minutes. Selon les premières projections, ce temps de parcours représenterait un gain pouvant atteindre une heure par rapport aux déplacements routiers durant les périodes de forte congestion. Ces estimations devront être vérifiées par les comptages de trafic et les enquêtes dites « origine-destination ». La fréquence des cabines, le tarif des billets et les modalités d’exploitation restent également à préciser.
| Caractéristique | Objectif annoncé |
|---|---|
| Longueur de la ligne | 6,5 kilomètres |
| Nombre de stations | 6 |
| Capacité maximale | 4 000 voyageurs par heure et par direction |
| Fréquentation cible | 60 000 voyages par jour |
| Temps de parcours | Environ 14 minutes |
| Amplitude du service | 18 heures sur 24 |
| Capacité des cabines | 10 places assises |
| Mise en service visée | Au plus tard le 30 août 2030 |
| Montage envisagé | Partenariat public-privé de type DFBOT |
Un projet encore au stade de la préfaisabilité
Le projet se trouve actuellement dans sa phase de préfaisabilité. Le cabinet international d’ingénierie ZUTARI, basé en Afrique du Sud, a été retenu pour accompagner les études. Des campagnes de comptage routier, des relevés topographiques et des analyses géotechniques doivent être menés sur le terrain. Une étude économique ainsi qu’une étude d’impact environnemental et social sont également annoncées.
Ces travaux seront réalisés avec INGÉNIERIE DU RAIL et plusieurs bureaux d’études gabonais. Les promoteurs présentent cette coopération comme un moyen d’assurer un transfert de compétences vers les techniciens nationaux. Les résultats devront déterminer la demande réelle, les contraintes foncières, la viabilité économique et les effets du projet sur les quartiers traversés. Ils permettront surtout de décider si OGÓLI peut effectivement passer à la phase de faisabilité détaillée.
Quatre étapes prévues jusqu’à la clôture financière
Le développement du projet est présenté selon la méthodologie du Plan d’action prioritaire du Programme pour le développement des infrastructures en Afrique, connu sous le sigle PIDA PAP 2. Cette démarche organise la progression d’un projet depuis la définition du concept jusqu’à sa structuration financière. OGÓLI SA affirme vouloir s’appuyer sur ce cadre soutenu par l’Union africaine et la Banque africaine de développement. Chaque étape devra toutefois être validée avant le passage à la suivante.
| Étape | Situation | Principaux travaux |
|---|---|---|
| Définition du projet | Présentée comme validée | Tracé initial, six stations et objectifs de capacité |
| Études de préfaisabilité | En cours | Comptages, topographie, géotechnique, économie et étude environnementale |
| Faisabilité détaillée | En perspective | Avant-projet détaillé, implantation des pylônes, choix technologique et autorisations |
| Structuration financière | En perspective | Convention de concession, mobilisation des investisseurs et clôture financière |
La phase de faisabilité détaillée devra produire l’avant-projet définitif et préciser l’implantation des infrastructures. Elle comprendra également le choix du système électromécanique, la finalisation des démarches réglementaires et l’obtention du quitus environnemental. Les promoteurs souhaitent engager la convention de concession à partir de 2027. Cette échéance dépendra toutefois de l’avancement des études et de l’accord des autorités gabonaises.
L’objectif affiché est d’achever le projet au plus tard le 30 août 2030. Cette date constitue une cible et non encore un calendrier contractuel définitivement garanti. Avant toute ouverture au public, les installations devront être construites, testées et certifiées selon les normes de sécurité applicables. D’éventuels retards dans le financement, les autorisations ou les travaux pourraient donc modifier cette échéance.
Un financement privé sans dette directe pour l’État
Le montage économique envisagé repose sur un partenariat public-privé de type DFBOT. Cette formule prévoit qu’un opérateur conçoive, finance, construise et exploite l’infrastructure pendant une durée déterminée avant de la transférer à l’État. Le projet entend s’inscrire dans le cadre de la loi gabonaise n°22/2015 relative aux partenariats public-privé. Selon ses promoteurs, ce mécanisme doit permettre de mobiliser des capitaux privés sans créer de dette directe pour l’État gabonais.
Des discussions seraient en cours autour d’un protocole d’accord définissant les engagements des parties. Une lettre de soutien institutionnel aurait également été délivrée pour faciliter les échanges avec les investisseurs et les bailleurs. Le soutien administratif ne constitue cependant pas encore une garantie de financement ni une convention de concession définitive. Le coût total du projet, la durée d’exploitation et le modèle tarifaire n’ont pas encore été rendus publics.
Le Protocole ferroviaire de Luxembourg mobilisé
Les promoteurs souhaitent également adosser le montage financier au Protocole ferroviaire de Luxembourg rattaché aux instruments d’UNIDROIT. Ce mécanisme international vise à sécuriser les droits des créanciers sur certains équipements mobiles. Il pourrait permettre aux investisseurs de bénéficier de garanties mieux reconnues et de négocier des financements de plus longue durée. OGÓLI SA estime que cette protection contribuerait à réduire le coût des emprunts.
Le Gabon est présenté comme le premier pays africain ayant signé et ratifié ce protocole en 2025. Son application concrète aux équipements d’un réseau de télécabines devra néanmoins être juridiquement confirmée durant la structuration du projet. Les banques devront également évaluer les risques techniques, commerciaux et réglementaires liés à l’exploitation. La clôture financière restera donc conditionnée à la solidité de l’ensemble du montage.
Des retombées sociales et urbaines attendues
OGÓLI SA prévoit la création de plus de 500 emplois directs et d’environ 1 000 emplois indirects pendant les différentes phases du projet. Les travaux de construction, de maintenance et d’exploitation devraient associer des entreprises et des techniciens gabonais. Les structures COGÓLI, consacrée à la construction, et MOGÓLI, destinée à la maintenance et à l’exploitation, sont annoncées pour porter une partie de ces activités. Ces prévisions devront être précisées à mesure que les marchés et les besoins en personnel seront définis.
L’implantation des six stations pourrait également entraîner une requalification des quartiers traversés. Les promoteurs envisagent des cheminements piétons, des espaces dédiés aux mobilités douces, un meilleur éclairage public et l’installation de commerces de proximité. Les stations seraient conçues comme des pôles d’échange avec les bus et les autres modes de transport. La réussite de cette transformation dépendra cependant de la coordination avec les communes, les opérateurs de transport et les services d’aménagement urbain.
Une réponse annoncée aux pluies et aux inondations
Le transport par câble présente l’avantage de circuler au-dessus de la chaussée et d’être moins directement exposé aux embouteillages. Il pourrait également maintenir une partie du service lorsque certaines routes sont perturbées par les fortes pluies ou les inondations. Sa résilience réelle dépendra néanmoins de la conception des stations, du drainage, de la résistance des pylônes et des règles d’exploitation en cas d’intempéries. Les études environnementales devront précisément évaluer ces contraintes.
Le projet est aussi présenté comme un moyen de réduire les émissions liées aux déplacements routiers. Son impact dépendra du nombre d’automobilistes et d’usagers de taxis qui choisiront effectivement les télécabines. Le prix du billet sera donc déterminant pour garantir l’accessibilité du service aux populations des quartiers populaires. Un transport techniquement performant mais trop coûteux risquerait de manquer sa cible sociale.
Une identité puisée dans les langues gabonaises
Le nom OGÓLI signifierait « la corde » dans les différentes variantes linguistiques du groupe Omyènè. Il renvoie directement au câble appelé à relier les quartiers de la capitale. La future structure de maintenance et d’exploitation porte, pour sa part, le nom MOGÓLI, qui signifierait « la liane » en langue apindji. Les promoteurs veulent ainsi associer l’innovation technologique à une identité culturelle gabonaise.
Une Académie OGÓLI est également envisagée pour former les jeunes aux métiers du transport par câble. Elle devrait préparer des techniciens spécialisés dans l’installation, la maintenance et l’exploitation des équipements. Cette structure pourrait contribuer à réduire la dépendance à l’expertise étrangère. Son programme, son financement et son calendrier de lancement restent encore à définir.
Libreville comme projet pilote pour l’Afrique
La première ligne de Libreville est présentée comme une vitrine destinée à démontrer la viabilité du modèle en Afrique subsaharienne. En cas de réussite, OGÓLI SA ambitionne de proposer cette approche à d’autres métropoles confrontées à la congestion et aux difficultés de transport. Ouagadougou, Niamey, Malabo, Kinshasa et Brazzaville figurent parmi les villes évoquées. Cette expansion reste toutefois conditionnée à la réalisation et au succès de la ligne gabonaise.
Avant de devenir un modèle continental, OGÓLI doit franchir plusieurs étapes décisives à Libreville. Les études devront confirmer le tracé, la fréquentation, la sécurité, le coût, le tarif et la viabilité du financement privé. Les autorités devront ensuite se prononcer sur la concession et les obligations de chaque partenaire. Le projet possède une ambition considérable, mais sa crédibilité dépendra désormais de sa capacité à transformer ses objectifs en engagements contractuels et en travaux visibles.
Jean Aimé Nziengui : « Offrir un transport digne et fiable »
Pour Jean Aimé Nziengui, directeur du projet, OGÓLI doit dépasser la seule réduction des embouteillages. « Nous voulons offrir aux Librevillois un transport digne, fiable, sécurisé, moderne et écologique. En tant qu’entreprise gabonaise, nous sommes fiers de piloter ce projet et de préparer, à travers l’Académie OGÓLI, une filière technologique destinée à la jeunesse. L’ambition est de construire une solution durable sans peser directement sur la dette de l’État », explique-t-il.
Le projet s’inscrit dans les objectifs du Plan national de croissance et de développement 2026-2030, selon ses promoteurs. Son passage de la préfaisabilité à la réalisation nécessitera cependant des études concluantes, des autorisations, un financement sécurisé et un modèle tarifaire accessible. La ligne de télécabines pourrait profondément modifier les déplacements entre Nzeng-Ayong et le centre de Libreville. Le véritable décollage d’OGÓLI dépendra désormais moins des promesses que de la solidité de ces prochaines étapes.
Référentiel : PIDA PAP 2 / CEEAC / Gabon PNCD 2026-2030
Statut du Projet : Stade 2 (Phase d’étude de préfaisabilité active)
Date de mise à jour : Aout 2026
Mail de contact : [email protected]
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