Gabon : Le rêve gazier à 550 milliards de Cap Lopez s’enlise dans un chantier à Dubaï
Le projet de gaz naturel liquéfié (GNL) de Cap Lopez pourrait ne pas démarrer ses exportations selon le calendrier initialement annoncé. Dans une mise à jour publiée le mercredi 19 août 2026, Lloyd’s Register indique que les travaux de conversion de l’unité flottante de stockage LNG Cap Lopez se poursuivent au chantier naval Drydocks World, à Dubaï. Sans ce navire opérationnel, la chaîne de production, de stockage et de chargement du gaz destiné à l’exportation reste incomplète. Cette situation fragilise l’ambition de positionner le Gabon parmi les pays africains exportateurs de GNL dès 2027.
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Présenté par Perenco en 2023, le projet représente un investissement annoncé de plus d’un milliard de dollars, soit plus de 550 milliards de FCFA. Il doit permettre de produire environ 700 000 tonnes de GNL par an à partir des ressources gazières gabonaises. Cette capacité ouvrirait au Gabon un nouveau marché d’exportation tout en réduisant la dépendance de son économie aux seules recettes pétrolières. Le calendrier de réalisation est cependant désormais placé sous pression par la poursuite des travaux sur le navire de stockage.
Une pièce indispensable toujours en conversion
Le LNG Cap Lopez est un ancien méthanier transformé en unité flottante de stockage, couramment appelée FSU. Le navire doit recevoir le gaz liquéfié produit à Cap Lopez, le conserver à très basse température puis permettre son transfert vers les méthaniers chargés de l’acheminer vers les marchés internationaux. Lloyd’s Register intervient notamment dans la classification et la vérification de la conformité technique de l’unité. Son entrée en service constitue donc une condition indispensable au lancement des exportations.
Une vue du chantier
La mise à jour du 19 août confirme que les opérations de conversion sont toujours en cours à Dubaï, sans préciser leur date d’achèvement. Après les travaux, le navire devra encore passer par les phases de contrôle, de certification, de mise en service et de raccordement aux installations gabonaises. L’information disponible ne mentionne aucune nouvelle échéance officielle pour la fin de ces différentes étapes. Plus le chantier se prolonge, plus l’objectif d’un démarrage des exportations en 2027 apparaît difficile à tenir.
Une période favorable sur le marché mondial
Ce décalage intervient alors que le marché international du GNL traverse une période relativement favorable aux vendeurs. Selon l’Agence internationale de l’énergie (AIE), les perturbations enregistrées au Moyen-Orient ont réduit une partie de l’offre disponible. Les chargements provenant du Qatar et des Émirats arabes unis auraient reculé de 35 milliards de mètres cubes entre mars et juin 2026, comparativement à la même période de l’année précédente. Cette baisse a contribué à renforcer les tensions sur l’approvisionnement mondial.
Les prix spot du GNL en Asie ont atteint environ 17,5 dollars par million d’unités thermiques britanniques au deuxième trimestre 2026. Ce niveau représente une augmentation d’environ 45 % sur la période considérée. Pour un nouvel exportateur comme le Gabon, une mise en service rapide aurait permis de profiter d’une demande soutenue et de prix plus rémunérateurs. Le retard du LNG Cap Lopez risque toutefois de repousser l’arrivée du gaz gabonais au-delà de cette conjoncture favorable.
Une concurrence appelée à s’intensifier
Cette fenêtre commerciale pourrait se refermer avec la mise en service de nouvelles capacités mondiales de liquéfaction. Plusieurs projets sont attendus en Amérique du Nord, en Afrique et en Australie au cours des prochaines années. Leur arrivée devrait augmenter les volumes disponibles et renforcer la concurrence entre les pays exportateurs. Une offre plus abondante pourrait également exercer une pression à la baisse sur les prix internationaux du GNL.
Le projet de Cap Lopez risque donc d’entrer sur le marché dans un environnement moins avantageux s’il accumule davantage de retard. Le Gabon devrait alors rivaliser avec des producteurs disposant déjà de capacités importantes, de contrats de long terme et d’infrastructures d’exportation éprouvées. Le pays conserverait néanmoins l’avantage de disposer de ressources gazières et d’installations pétrolières existantes à Port-Gentil. La rentabilité du projet dépendra cependant du coût final des travaux, du calendrier de démarrage et des contrats commerciaux conclus par Perenco.
Un calendrier actualisé désormais attendu
La poursuite de la conversion du LNG Cap Lopez soulève plusieurs interrogations sur l’avancement réel du projet. Perenco devra notamment préciser la date d’achèvement du navire, les délais nécessaires à son transfert vers le Gabon et le calendrier des essais techniques. Les autorités gabonaises sont également attendues sur l’état des infrastructures de liquéfaction et de chargement prévues à Cap Lopez. Une actualisation du calendrier permettrait de mesurer l’ampleur du retard et ses éventuelles conséquences financières.
Au-delà des exportations, le projet représente un enjeu majeur pour la valorisation du gaz gabonais, dont une partie a longtemps été brûlée ou insuffisamment exploitée. Sa réussite pourrait générer de nouvelles recettes, diversifier l’activité industrielle de Port-Gentil et renforcer la place du Gabon sur le marché énergétique africain. Mais sans unité flottante de stockage opérationnelle, cette ambition reste suspendue à l’achèvement du chantier de Dubaï. Le défi pour Perenco consiste désormais à finaliser le LNG Cap Lopez avant que l’opportunité commerciale actuelle ne laisse place à un marché mondial plus concurrentiel et moins rémunérateur.
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