Gabon : L’officier de police mis en cause dans la mort d’Alicia Matamba placé en garde à vue à Tchibanga
La vive émotion provoquée par la mort de Guiliane Alicia Matamba Matamba semble avoir accéléré la réponse judiciaire à Tchibanga. Trois jours après le décès de la jeune femme de 20 ans, survenu le jeudi 16 juillet, le commandant de police Cédric Essone mis en cause a été placé en garde à vue. Cette mesure a été annoncée ce dimanche 19 juillet par Guychard Ndong Mebalé, procureur de la République près le tribunal de première instance de Tchibanga. Une autopsie a également été pratiquée afin d’établir les causes exactes de cette mort qui bouleverse la province gabonaise de la Nyanga.
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Après plusieurs jours d’interrogations, d’accusations portées par les parents et de réactions indignées au sein de la population, le parquet donne désormais le sentiment de vouloir accélérer la manifestation de la vérité. L’ouverture d’une enquête judiciaire, la garde à vue de l’officier et la réalisation de l’autopsie constituent les premiers actes de procédure rendus publics. Cette réaction intervient alors que la famille réclamait ouvertement l’intervention des autorités gabonaises et une enquête sans complaisance. Aucun lien direct n’a toutefois été officiellement établi par le procureur entre l’émoi suscité par l’affaire et l’accélération apparente de la procédure.
Une enquête judiciaire confiée à la police
Lors d’une déclaration à la presse gabonaise, Guychard Ndong Mebalé a confirmé que les investigations ont été confiées à une unité de police judiciaire. Les enquêteurs devront reconstituer les dernières heures de Guiliane Alicia Matamba Matamba et déterminer les circonstances dans lesquelles elle a trouvé la mort. Le placement en garde à vue doit permettre d’interroger l’officier et de confronter ses déclarations aux témoignages ainsi qu’aux constatations effectuées dans l’habitation. À ce stade, aucune qualification pénale n’a été annoncée et le mis en cause reste présumé innocent.
<un visuel appelant à la justice pour Alicia
L’autopsie du corps a été pratiquée ce dimanche 19 juillet en présence de plusieurs membres de la famille de la défunte. Selon le procureur, le médecin légiste dispose d’un délai de 24 heures pour transmettre ses conclusions au parquet de Tchibanga. Ce rapport doit préciser la cause médicale du décès et vérifier si les marques signalées par les parents correspondent à des violences. Les résultats n’avaient pas encore été rendus publics ce lundi 20 juillet.
Les parents soupçonnent des violences
Guiliane Alicia Matamba Matamba, également appelée Alicia par ses proches, était âgée de 20 ans et fréquentait le lycée privé La Réussite. Dans une vidéo diffusée après le décès, son père affirme que sa fille aurait reçu un appel de l’officier vers 15 heures, avant de se rendre à son domicile au quartier Moukenga, dans le 2ᵉ arrondissement de Tchibanga. Les parents soutiennent avoir constaté des marques sur son corps et soupçonnent que la jeune femme a été victime de violences. Ils demandent que les responsabilités soient établies et que justice soit rendue sans protection ni complaisance.
Une version différente, attribuée au commandant placé en garde à vue, évoque un malaise survenu dans la salle de bain. Selon ce récit, Alicia aurait demandé à prendre une douche avant d’être retrouvée en convulsion, avec de la mousse à la bouche, quelques minutes plus tard. L’officier affirme avoir ensuite alerté ses collègues et la famille de la jeune femme. L’autopsie et les investigations devront départager ces deux versions profondément contradictoires.
Le commandant n’était plus à la tête de l’OCLAD
Le parquet a également précisé la situation administrative de l’officier mis en cause. Celui-ci a occupé les fonctions de chef de l’antenne provinciale de l’Office central de lutte antidrogue (OCLAD) dans la Nyanga jusqu’au jeudi 5 mars. Au moment des faits, il n’était donc plus en fonction et se trouvait en attente d’une nouvelle affectation après avoir été relevé de ses responsabilités. Il demeurait néanmoins officier des forces de sécurité gabonaises.
Guychard Ndong Mebalé a présenté ses condoléances à la famille et assuré que « toute la lumière serait faite » sur cette affaire, selon l’Agence gabonaise de presse. Les conclusions de l’autopsie, les auditions et les constatations de la police judiciaire détermineront les prochaines décisions du parquet. La mobilisation suscitée par cette mort oblige désormais les autorités judiciaires à communiquer avec précision sur l’avancement de la procédure. À Tchibanga comme dans le reste du Gabon, la famille et la population attendent que les faits soient établis et que les éventuelles responsabilités soient sanctionnées conformément à la loi.
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