Gabon : Le PNCD 2026-2030 promet 5 ans pour traduire les promesses d’Oligui en résultats concrets
Le Gabon dispose désormais de sa nouvelle feuille de route économique et sociale. Il a été présenté ce mercredi 5 août par le Commissariat général au Plan (CGP) marquant la publication officielle du Plan national de croissance et de développement (PNCD) 2026-2030. Présenté comme le premier plan quinquennal de la Ve République, ce document doit guider les politiques publiques et la programmation des investissements durant les cinq prochaines années. Il traduit en programmes, réformes et projets structurants le projet de société du président Brice Clotaire Oligui Nguema.
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Le PNCD s’inscrit dans la vision présidentielle résumée par le slogan « Bâtissons l’édifice nouveau ». Son élaboration a été conduite sous la direction du commissaire général au Plan, Vulgain Andzembe Tsiegori, avec l’appui des différentes directions techniques de l’institution. Le CGP présente ce document comme l’aboutissement d’un processus à la fois technique, méthodologique et participatif. Il doit désormais devenir le cadre de référence de l’ensemble des politiques publiques gabonaises jusqu’en 2030.
Des ambitions présidentielles transformées en programmes
Le nouveau plan couvre plusieurs priorités stratégiques du gouvernement. Il entend accélérer la croissance économique, créer des emplois, renforcer la souveraineté nationale et favoriser la diversification de l’économie gabonaise. Le développement du capital humain, la modernisation des infrastructures, la protection de l’environnement et l’amélioration de la gouvernance figurent également parmi les principaux domaines d’intervention. Chaque ambition doit être déclinée en programmes prioritaires et en projets susceptibles de produire des résultats mesurables.
Pour élaborer cette feuille de route, le Commissariat général au Plan affirme avoir associé les ministères sectoriels, les administrations publiques, les collectivités locales et les établissements publics. Le secteur privé, les partenaires techniques et financiers, les universités, les centres de recherche et les organisations de la société civile ont également été consultés. La diaspora gabonaise a, elle aussi, été invitée à contribuer à la réflexion. Cette mobilisation devait permettre de construire une vision partagée des besoins et des priorités du pays.
Une nouvelle discipline pour les investissements publics
Le PNCD doit également servir de socle à la réforme de la gestion des investissements publics. Celle-ci vise à améliorer la programmation, la sélection, le financement, l’exécution et le suivi des projets supportés par l’État. Les investissements devront désormais être retenus selon leur pertinence, leur faisabilité et leur impact économique ou social. L’objectif affiché consiste à réduire la dispersion des ressources et à limiter le lancement de chantiers insuffisamment préparés ou abandonnés en cours d’exécution.
Le plan prévoit ainsi une programmation pluriannuelle des dépenses, une meilleure coordination entre les ministères et un renforcement du suivi-évaluation. Le gouvernement souhaite installer une véritable culture des résultats au sein de l’administration. Chaque programme devra théoriquement être accompagné d’objectifs, d’indicateurs et d’un mécanisme permettant de mesurer son niveau d’exécution. Cette approche devra aussi améliorer la transparence et l’efficacité de la dépense publique.
Un outil pour convaincre les investisseurs
En regroupant les priorités nationales dans un document unique, le PNCD doit offrir davantage de visibilité aux investisseurs et aux institutions financières. Le gouvernement compte s’en servir pour mobiliser les banques de développement, les partenaires techniques et financiers ainsi que les investisseurs nationaux et internationaux. Les partenariats public-privé, les investissements directs et les financements innovants sont présentés comme des leviers essentiels pour réaliser les projets structurants. Le CGP avait déjà engagé des échanges avec plusieurs groupes privés autour des secteurs de l’énergie, des transports, de l’agriculture, du logement, de la santé et de l’éducation.
Le communiqué ne précise cependant ni le coût global définitif du PNCD ni le calendrier de mobilisation des ressources nécessaires à son exécution. Il ne détaille pas davantage la répartition des financements entre le budget de l’État, l’endettement, les partenaires extérieurs et le secteur privé. Ces informations seront déterminantes pour apprécier la faisabilité réelle des ambitions affichées. Un plan de développement ne produit en effet aucun résultat si ses projets ne sont pas suffisamment hiérarchisés, financés et conduits jusqu’à leur achèvement.
Le CGP attendu sur le suivi des résultats
Le Commissariat général au Plan se positionne désormais comme le pilote de la planification stratégique nationale. Il devra coordonner la programmation des investissements, suivre l’exécution des politiques publiques et évaluer les résultats obtenus. Cette responsabilité suppose la publication régulière de données sur les projets lancés, les fonds mobilisés, les taux d’exécution et les éventuels retards. La crédibilité du PNCD dépendra donc autant de la qualité du document que de la transparence de son suivi.
Le PNCD 2026-2030 ouvre une nouvelle séquence pour la politique de développement du Gabon. Le CGP appelle les institutions, les citoyens, les acteurs économiques, les partenaires au développement et la diaspora à contribuer à sa mise en œuvre. Mais après le temps de la conception et des annonces vient désormais celui de l’exécution. Les cinq prochaines années permettront de déterminer si cette nouvelle boussole nationale peut réellement transformer les ambitions de la Ve République en emplois, infrastructures et amélioration durable des conditions de vie.
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