Contrepied

Gabon : La solution de Yama à Oligui Nguema pour en finir en une année avec les grèves à répétition !

Gabon : La solution de Yama à Oligui Nguema pour en finir en une année avec les grèves à répétition !
Gabon : La solution de Yama à Oligui Nguema pour en finir en une année avec les grèves à répétition ! © 2026 D.R./Info241

Plutôt que d’incarcérer des syndicalistes dont il a appelé mercredi à leur libération, Jean Rémy Yama, président du Parti national du travail et du progrès (PNTP), a proposé une solution miracle au président Brice Clotaire Oligui Nguema pour se défaire des crises sociales. Dans sa déclaration d’hier, l’ancien syndicaliste a estimé qu’il est possible de résorber en une année les rappels de solde, arriérés de paiement et situations administratives non régularisées qui alimentent, selon lui, la précarisation des agents publics et l’instabilité sociale.

Moov Africa

-

Le levier proposé : réduire les fonds de souveraineté « pendant un an seulement »

Jean Rémi Yama place le curseur là où la décision est la plus politique. Plutôt que de renvoyer les partenaires sociaux à l’attente, il propose de dégager une enveloppe exceptionnelle en réduisant temporairement les dépenses du sommet de l’État. Sa formule est directe : « le renoncement (…) pour une année seulement de la moitié des fonds de souveraineté du président de la République, des ministres, des institutionnels et autres ».

Autrement dit, un effort de rigueur au sommet pour éteindre l’incendie social à la base. L’opposant insiste sur le caractère limité et opérationnel de la mesure : un an, pas plus. Pour lui, le Gabon ne manque pas d’outils pour apurer la dette sociale ; il manque surtout d’un choix clair, assumé et contraignant pour l’ensemble de la chaîne institutionnelle.

L’objectif : apurer les rappels, régulariser les carrières, désamorcer les grèves

Que permettrait ce réajustement budgétaire ? Jean Rémy Yama déroule une feuille de route articulée autour des urgences de l’administration. D’abord, régler les agents publics : « régulariser toutes les situations administratives des agents publics avec effet solde » et « payer tous les rappels en cours des agents publics ». La logique est simple : si l’État paie ce qu’il doit, il coupe l’argument central des grèves et rétablit la confiance.

Ensuite, il élargit la solution aux retraités, souvent coincés dans des dossiers interminables : « régulariser la situation des retraités et du paiement de toutes leurs sommes dues ». Enfin, il évoque d’autres créances sociales laissées en suspens, liées à des faillites ou privatisations d’entreprises parapubliques, citant notamment « les épargnants de la PosteBank ».

Une réponse frontale à la « précarisation » des agents publics

Dans l’analyse de Jean Rémy Yama, les grèves à répétition ne sont pas une crise d’humeur, mais la conséquence directe d’un État qui laisse pourrir ses engagements. Il résume le cœur du conflit dans une phrase : « La grève actuelle (…) n’est que la demande d’une rémunération due ». Selon lui, les travailleurs ne réclament pas un privilège, mais le respect de la loi et le paiement de ce qui leur revient.

Il va plus loin, accusant le système de fabriquer une fragilité sociale permanente : « Ce système recherche notre appauvrissement pour que nous soyons toujours dans la mendicité ». Un discours dur, mais qui vise une réalité largement partagée dans les services publics : l’impression d’être maintenu dans l’incertitude, avec des carrières suspendues, des rappels différés et des droits administratifs en attente.

Un message politique adressé à Oligui Nguema

En filigrane, Jean Rémy Yama lance un défi politique au chef de l’État : sortir du pilotage à vue et trancher. Sa proposition met sur la table une question embarrassante : pourquoi demander des sacrifices aux enseignants, aux infirmiers ou aux agents administratifs, si le sommet de l’État refuse d’en consentir, ne serait-ce qu’un an ?

Pour l’opposant, la réduction des fonds de souveraineté n’est pas un slogan, mais un test de cohérence : prouver que la Ve République veut vraiment rompre avec les pratiques qui entretiennent la tension sociale, ou assumer le risque d’un pays bloqué régulièrement par des mouvements de grève.

Une solution choc, un pari sur la paix sociale

Reste que la mesure est explosive. Toucher aux fonds de souveraineté, c’est toucher à un symbole de pouvoir, aux équilibres internes et aux habitudes institutionnelles. Mais Jean Rémy Yama la présente comme un choix rationnel : en un an, le Gabon pourrait assécher une partie des causes structurelles de la contestation et sortir du cycle « arriérés-grèves-négociations-retour au point de départ ».

Pour Oligui Nguema, le message est limpide : si la paix sociale est un objectif, il faut commencer par régler la dette sociale. Et si cette dette continue de produire des grèves à répétition, c’est que l’État a choisi de gérer la crise au jour le jour, au lieu de la solder une bonne fois pour toutes.

@info241.com
Moov Africa

Newsletter de Info241.com

Inscrivez-vous maintenant pour recevoir notre newsletter quotidienne


Info241.com s'engage à ne pas vous envoyer de messages non sollicités. Si vous changez d'avis, vous pourrez vous désabonner de cette newsletter à tout moment.


-

Commenter l'article