Gabon : Députés et sénateurs retrouvent leurs bancs après 2 mois de vacances, le budget 2027 déjà au menu
Députés et sénateurs gabonais ont retrouvé leurs hémicycles respectifs, ce mardi 1er septembre 2026 à Libreville, après deux mois d’intersession parlementaire. Régis Onanga Ndiaye et Yvonne Nyana-Ekoume-Awori Onanga ont ouvert simultanément la deuxième session ordinaire de l’année au Palais Léon-Mba et au Sénat. Cette rentrée, essentiellement budgétaire, sera dominée par l’examen du projet de loi de finances 2027.
-
Prévue de septembre à décembre conformément à l’article 85, alinéa 3, de la Constitution, la session devra traduire en ressources et en dépenses les priorités du gouvernement. Infrastructures, santé, éducation, eau, électricité, logement, agriculture, emploi des jeunes et diversification économique devraient occuper une place centrale dans les débats. Les deux chambres seront également appelées à examiner la pertinence des dépenses et les moyens mobilisés pour atteindre les résultats annoncés.
Un « rendez-vous majeur avec la nation »
À l’Assemblée nationale, Régis Onanga Ndiaye a présenté cette rentrée comme un moment déterminant pour la conduite de l’action publique. « Cette session revêt une importance particulière à plus d’un titre. Elle est la session budgétaire par excellence, car elle verra l’examen du projet de loi de finances 2027 », a déclaré le président de la chambre basse.
Il a invité les Gabonais à suivre attentivement les travaux des deux chambres. Selon lui, les arbitrages qui seront opérés ne concernent pas seulement les parlementaires, mais l’ensemble de la population. « Le budget de l’État est, en définitive, le budget de la nation », a-t-il insisté.
Les députés de retour de leurs circonscriptions
Le président de l’Assemblée nationale a également dressé le bilan de l’intersession des mois de juillet et août. Durant cette période, les députés se sont rendus dans leurs circonscriptions afin d’échanger avec les populations, de recueillir leurs doléances et de rendre compte de leurs activités parlementaires.
Sur le plan diplomatique, une délégation gabonaise a pris part à la 51e session de l’Assemblée parlementaire de la Francophonie, organisée à Yaoundé. Cette rencontre a notamment été marquée par l’élection d’un représentant du Gabon comme délégué régional pour l’Afrique. Régis Onanga Ndiaye a présenté cette désignation comme un renforcement de la présence gabonaise au sein des instances parlementaires internationales.
Les grands chantiers passés en revue
Le président de l’Assemblée nationale a consacré une partie de son discours aux réalisations engagées sous l’impulsion de Brice Clotaire Oligui Nguema. Il a cité l’inauguration du Palais des Congrès, du Mémorial Léon-Mba, de l’Esplanade Georges-Damas-Aleka et du nouveau bâtiment du ministère des Affaires étrangères, baptisé Maison Jean Ping.
Il a également évoqué la modernisation du front de mer de Libreville, l’aménagement de la Baie des Rois, le Boulevard de la Transition et ses voies de contournement. La création de la Compagnie nationale de transports, issue de la fusion de la SOGATRA et de Trans’Urb, ainsi que le programme de construction de 3 100 logements sociaux à Bikélé-Essassa figurent aussi parmi les projets cités.
Désengorger Libreville et renforcer la santé
Revenant sur les résultats du recensement général de la population, Régis Onanga Ndiaye a indiqué que le Gabon compterait désormais 3 518 621 habitants. Il a surtout relevé la forte concentration démographique dans la province de l’Estuaire. Cette situation impose, selon lui, de désengorger Libreville et d’accélérer le développement des autres provinces.
Dans le domaine sanitaire, il a appelé à renforcer la prévention et les politiques destinées à améliorer l’espérance de vie. Il a notamment salué les 44 milliards de FCFA annoncés pour le renforcement des plateaux techniques et les 5 milliards destinés à la Caisse nationale d’assurance maladie et de garantie sociale. L’insertion professionnelle, l’entrepreneuriat des jeunes et la régularité du paiement des bourses d’études ont également été présentés comme des priorités.
Le Sénat réclame des réponses concrètes
Au Sénat, Yvonne Nyana-Ekoume-Awori Onanga a placé l’ouverture de la deuxième session ordinaire de la sixième législature sous le signe de la responsabilité, du dialogue et de l’action. La cérémonie s’est déroulée en présence du vice-président du gouvernement, Hermann Immongault, de plusieurs membres du gouvernement et d’Alioune Gueye, représentant régional des Parlements de l’Afrique de l’Ouest au sein de l’Union parlementaire africaine.
Face aux défis économiques, sociaux et environnementaux, la présidente de la chambre haute a invité les sénateurs à privilégier les solutions durables et la préservation de la cohésion nationale. « La diversité de nos opinions est une richesse lorsqu’elle est au service de la Nation », a-t-elle affirmé. Elle a appelé les élus à dépasser leurs divergences pour contribuer au développement harmonieux du Gabon.
Les urgences sociales au cœur du budget
Yvonne Nyana-Ekoume-Awori Onanga a exhorté le gouvernement à placer les besoins quotidiens des populations au premier rang du projet de loi de finances 2027. Elle a notamment cité la réhabilitation des infrastructures de base, l’amélioration des conditions de vie, l’accès aux services essentiels et l’optimisation des services publics sur l’ensemble du territoire.
« Derrière chaque ligne budgétaire, il y a des femmes et des hommes, des familles, des jeunes, des travailleurs et des entrepreneurs qui attendent de l’État des réponses concrètes », a-t-elle rappelé. Pour la présidente du Sénat, les choix budgétaires devront produire des effets perceptibles dans la vie des citoyens et ne pas se limiter à des annonces comptables.
Quatre mois pour arbitrer les priorités nationales
Le projet de loi de finances 2027 constituera ainsi le principal dossier des quatre prochains mois. Les parlementaires devront examiner les recettes attendues, la répartition des dépenses, le financement des projets et leur capacité à répondre aux engagements pris depuis le 30 août 2023. Le contrôle de l’utilisation des fonds publics sera également déterminant dans un contexte marqué par de fortes attentes sociales.
Après la pause parlementaire, les deux chambres retrouvent donc leurs sièges avec un calendrier particulièrement chargé. Au-delà des discours de rentrée, députés et sénateurs seront jugés sur leur capacité à améliorer le projet de budget, à contrôler l’action gouvernementale et à défendre les besoins exprimés dans leurs circonscriptions. La session devrait s’achever en décembre, après l’adoption définitive de la loi de finances 2027.
-
À lire absolument
Newsletter d'Info241
Abonnez-vous maintenant à notre newsletter pour recevoir chaque matin une analyse de l'actualité que vous ne trouverez nulle part ailleurs !






Réagir
Ajoutez votre commentaire
Partagez une réaction, une information complémentaire ou un point de vue argumenté.
Deux petits pas : recevez un code, entrez-le, puis rejoignez la discussion.
Votre nom, votre email, et hop : un code à 6 chiffres arrive dans votre boîte.
Collez le code reçu. Il reste valable 15 minutes, juste le temps d’ouvrir la porte.
Commentaires 0
Aucun commentaire pour le moment.
Lancez la conversation avec un retour utile, une précision ou une réaction argumentée.