Gabon : 46 427 élèves à orienter en 6e, le privé appelé en renfort face aux collèges publics saturés
L’équation s’annonce difficile pour l’Éducation nationale gabonaise à l’approche de la prochaine rentrée scolaire. La ministre d’État Camélia Ntoutoume Leclercq a lancé, ce lundi 20 juillet à Libreville, les travaux de la Commission nationale chargée d’orienter 46 427 élèves éligibles en classe de sixième. Face au manque de places dans plusieurs collèges publics, une partie des enfants pourrait être temporairement affectée dans des établissements privés partenaires. Le gouvernement souhaite toutefois limiter cette solution afin de contenir les frais d’écolage supportés par l’État.
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Les travaux ont débuté dans la salle de réunion du ministère de l’Éducation nationale, en présence des administrations concernées par les opérations d’orientation. La commission devra répartir les nouveaux collégiens en tenant compte des capacités d’accueil disponibles à Libreville, Port-Gentil, Franceville et dans les autres localités du Gabon. Cet exercice doit permettre d’éviter une rentrée marquée par des classes surchargées ou des milliers d’élèves sans établissement. Il intervient alors que plusieurs infrastructures scolaires annoncées par le gouvernement ne sont pas encore prêtes à accueillir les enfants.
Réduire la facture des établissements privés
Camélia Ntoutoume Leclercq a reconnu que le réseau public ne pourra pas immédiatement absorber l’ensemble des 46 427 élèves. « Pour cette année, nous avons 46 427 élèves qui doivent être orientés en sixième », a-t-elle déclaré. La ministre souhaite toutefois réduire le nombre d’affectations dans le privé afin d’éviter une forte hausse des dépenses publiques. « Nous faisons tout pour que le nombre d’élèves orientés vers les établissements privés baisse, afin d’éviter une explosion de l’enveloppe des frais d’écolage », a-t-elle expliqué.
Les travaux de la commission
Le recours aux établissements privés partenaires est donc présenté comme une réponse provisoire aux difficultés d’accueil. Cette option devrait rester nécessaire dans les zones où les collèges publics sont déjà saturés ou insuffisants par rapport au nombre d’élèves. Le gouvernement mise parallèlement sur la livraison de nouvelles infrastructures scolaires en construction à Libreville, Port-Gentil et dans plusieurs autres villes gabonaises. Leur ouverture doit permettre de transférer progressivement les élèves placés temporairement dans le privé ou dans des établissements éloignés de leur domicile.
La réussite au CEP augmente la pression
La forte réussite enregistrée au Certificat d’études primaires a augmenté le nombre d’élèves devant entrer au collège. Selon Camélia Ntoutoume Leclercq, cette progression s’explique notamment par la gratuité des manuels scolaires et la mise en œuvre de l’Approche par compétences. Ces mesures ont amélioré les conditions d’apprentissage au primaire, mais leurs résultats exercent désormais une pression supplémentaire sur le secondaire. Le défi consiste à offrir une place à chaque enfant sans dégrader les conditions d’enseignement dans les établissements existants.
La ministre a également insisté sur les besoins en équipements, notamment en tables-bancs, pour accueillir les nouveaux collégiens. Les administrations concernées devront accélérer les procédures nécessaires à la livraison et à l’équipement des établissements en construction. « Nous allons exprimer ces points d’attention lors des conférences budgétaires, parce que pour organiser une rentrée scolaire avec tous ces élèves, il faut tenir compte de tous ces paramètres », a-t-elle indiqué. Les arbitrages budgétaires devront ainsi intégrer les frais d’écolage, les équipements, l’ouverture de nouvelles salles et les besoins en personnel.
Des affectations parfois éloignées des domiciles
Libreville, Port-Gentil et Franceville figurent parmi les villes gabonaises les plus exposées au manque de places. En attendant l’ouverture des nouveaux établissements, certains élèves seront orientés vers des collèges disposant encore de capacités, même lorsqu’ils sont éloignés de leur lieu de résidence. « Nous allons d’abord orienter les élèves vers les établissements disponibles, même s’ils sont un peu éloignés, puis procéder à une réorientation au cours du premier trimestre lorsque les nouveaux établissements seront livrés », a précisé Camélia Ntoutoume Leclercq. La ministre assure que ces affectations devront respecter le ratio prévu d’élèves par salle de classe.
Cette solution transitoire pourrait toutefois imposer aux familles gabonaises des trajets plus longs et des dépenses supplémentaires de transport. Les parents attendent donc une publication rapide et claire des résultats d’orientation, ainsi que des informations précises sur les éventuelles réaffectations du premier trimestre. La livraison effective des collèges annoncés sera également déterminante pour éviter que les placements provisoires ne se prolongent durant toute l’année scolaire. Pour le gouvernement, l’enjeu est désormais de transformer les décisions de la commission en places réellement disponibles avant la rentrée.
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