Gabon : 2 drôles d’agriculteurs écroués pour 127 doses de cannabis censées les aider à « mieux cultiver » le sol !
Hendrick Mbina et Patrice Moussavou Mouloungui, alias Ibrahim, ont été placés en détention provisoire à la prison centrale de Port-Gentil dans une affaire présumée de trafic de stupéfiants. Arrêtés dans la nuit du dimanche 23 août 2026 du côté de Ndougou, les deux gabonais ont été présentés au juge d’instruction le vendredi 28 août. Une importante quantité de chanvre indien et du matériel susceptible de servir à son conditionnement auraient été saisis durant l’opération.
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Au total, les enquêteurs auraient découvert 127 conditionnements de cannabis dans les lieux perquisitionnés. Les investigations devront désormais établir la provenance de cette marchandise, sa destination et le rôle exact de chacun des suspects. Face aux enquêteurs, les deux hommes ont livré des versions différentes et contesté toute implication dans un trafic organisé.
127 conditionnements achetés à des vendeurs ambulants
Hendrick Mbina reconnaît avoir détenu le chanvre indien, mais affirme l’avoir acquis récemment pour sa consommation personnelle. Le jeune Gabonais soutient s’être approvisionné auprès de vendeurs ambulants opérant discrètement le long des routes. Selon lui, ces transactions reposeraient sur des signes et des questions convenus entre vendeurs et acheteurs.
« J’ai eu ce chanvre indien avec des personnes ambulantes. Il s’agit de personnes qui sont un peu partout et qui traînent sur la route. Si tu sais qu’à telle heure ou à tel endroit elles font des passe-passes, il y a une question qu’on te pose. La personne, après t’avoir livré, disparaît aussitôt », relate-t-il.
Du cannabis pour travailler dans les plantations
Hendrick Mbina explique avoir quitté Port-Gentil pour s’installer à Ndougou afin de se consacrer à l’agriculture, notamment à la culture de la banane. Il prétend avoir commencé à consommer du cannabis pour supporter les travaux physiques liés au défrichage et à l’entretien de ses plantations. Une justification qui peine cependant à expliquer la présence de 127 conditionnements.
« Je n’ai jamais fait dans le trafic. C’est juste ce mois-là. Cela doit faire trois semaines que je me suis procuré ça », affirme-t-il. Il reconnaît avoir acheté les sachets au prix unitaire de 500 FCFA et en avoir consommé trois avant son interpellation.
Une quantité jugée difficilement compatible avec un usage personnel
Le jeune homme soutient que le fractionnement du produit devait uniquement lui permettre de contrôler sa consommation. « Moi, je consomme et je ne vends pas. Chaque matin, il y a du boulot à faire. En creusant et en cultivant, on consomme un peu. Dans les petits sachets, c’est pour mieux comprendre à quel niveau tu es, parce que dans la grandeur, ça va vite », explique-t-il.
Cette version devra être confrontée à la quantité de drogue saisie et aux autres éléments recueillis durant l’enquête. La justice devra notamment déterminer si les conditionnements étaient effectivement destinés à un usage personnel ou s’ils avaient été préparés pour être commercialisés.
Six cartouches découvertes dans une chambre
Patrice Moussavou Mouloungui, alias Ibrahim, rejette pour sa part toute responsabilité dans la détention du chanvre indien. Employé à ISP, il affirme s’être rendu au village dans le cadre de sa rotation professionnelle de deux semaines. Lors de la perquisition, les agents auraient découvert six cartouches de fusil dans sa chambre, tandis que la drogue aurait été retrouvée dans une autre pièce.
« Moi, je ne me reproche rien. Quand ils ont fouillé ma chambre, ils ont juste trouvé six cartouches de fusil. C’est en fouillant celle de mon grand frère qu’ils sont tombés sur le chanvre indien », soutient le trentenaire. Les conditions de détention de ces munitions devront également être éclaircies par les investigations.
Des papiers présumés destinés au conditionnement
Patrice Moussavou Mouloungui affirme que les stupéfiants se trouvaient dans une chambre située en face de la sienne et assure ne pas connaître leur origine. Il reconnaît avoir consommé du cannabis par le passé, mais soutient avoir abandonné cette pratique après une précédente interpellation au cours de laquelle il avait été trouvé en possession d’un joint.
« J’avais dit aux agents, quand ils m’ont arrêté la première fois avec un joint, que je ne plantais pas du cannabis au village. Je fais uniquement de l’agriculture. J’avais emmené les policiers dans mes plantations et ils n’avaient rien trouvé », affirme-t-il.
Les enquêteurs auraient néanmoins saisi plusieurs morceaux de papier soigneusement préparés, qu’ils soupçonnent d’être destinés au conditionnement du chanvre indien. Ajoutés aux 127 doses retrouvées sur les lieux, ces éléments ont renforcé les soupçons d’une possible activité de distribution.
La drogue attribuée au frère d’un suspect
Patrice Moussavou Mouloungui continue de nier toute implication et attribue la marchandise à son frère. « Mon grand frère, ici présent avec moi, reconnaît sa marchandise. Avant, je fumais du cannabis, mais lorsque j’ai été interpellé la première fois avec une queue de joint, j’ai arrêté de fumer », déclare-t-il.
Cette reconnaissance présumée ne semble toutefois pas avoir suffi à écarter les soupçons pesant sur lui. Les enquêteurs devront vérifier la propriété réelle du produit, la destination des papiers saisis ainsi que l’existence éventuelle de liens entre les personnes présentes dans les lieux.
Les deux suspects placés en détention provisoire
Après plusieurs jours d’enquête, Hendrick Mbina et Patrice Moussavou Mouloungui ont été présentés au juge d’instruction, le vendredi 28 août 2026. À l’issue de leur audition, ils ont été placés sous mandat de dépôt à la prison centrale de Port-Gentil, où ils attendent désormais la suite de la procédure.
L’instruction devra déterminer si les 127 conditionnements étaient réservés à une consommation personnelle ou destinés à la vente. Elle devra également identifier les fournisseurs évoqués par Hendrick Mbina et préciser le rôle de chacun dans cette affaire. Malgré leur incarcération, les deux hommes demeurent présumés innocents tant qu’une décision définitive de justice n’a pas établi leur culpabilité.
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