Voiries : Oligui trimbale le maire du 6e devant la camera d’un activiste et menace de le « changer » si...
Une poignée de secondes aura suffi pour transformer une visite de chantiers en malaise public. Lors de sa tournée du mardi 11 août dans le Grand Libreville, le président gabonais Brice Clotaire Oligui Nguema a publiquement placé le maire du 6e arrondissement, Daniel Nkoulou Abessolo, face à ses responsabilités en matière d’assainissement. Interpellé par l’activiste Chamberland Moukouama sur la persistance de zones insalubres, le chef de l’État qui a sommé le maire de repondre aux questions de l’activiste, a laissé planer un délai d’une semaine à l’édile pour intervenir. Il a surtout laissé planer la menace de son remplacement si les travaux attendus n’étaient pas exécutés.
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La scène s’est déroulée pendant la visite présidentielle des voiries et aménagements urbains réalisés dans plusieurs quartiers de Libreville, notamment à Nzeng-Ayong. Accompagné de membres du gouvernement, de techniciens et d’élus locaux, Brice Clotaire Oligui Nguema venait évaluer l’avancement des travaux destinés à améliorer la mobilité et le cadre de vie des populations. La tournée avait également conduit le cortège présidentiel au Camp de police, à la Baie des Cochons, à La Campagne, à Akanda et sur la promenade du lycée national Léon-Mba. Mais c’est l’échange improvisé dans le 6e arrondissement qui a finalement retenu l’attention des internautes.
Chamberland Moukouama interpelle le président
Dans la séquence filmée par Chamberland Moukouama, l’activiste et journaliste attire l’attention du président sur un problème d’assainissement et sur le risque de voir réapparaître des garages et marchés anarchiques après le départ des autorités. Brice Clotaire Oligui Nguema fait alors venir Daniel Nkoulou Abessolo devant le téléphone de son interlocuteur. « Réponds aux questions, réponds là-bas. Allez, c’est toi », lance-t-il au maire, désormais placé au centre de l’échange. Le chef de l’État rappelle aussitôt que l’administration de l’arrondissement relève directement de la responsabilité de l’élu local.
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Daniel Nkoulou Abessolo assure qu’aucun garage anarchique n’est actuellement installé sur l’espace montré par l’activiste. Chamberland Moukouama précise cependant que son inquiétude concerne surtout l’après-visite, lorsque les activités irrégulières pourraient progressivement reprendre. « Ce serait la faute du maire », tranche alors Oligui Nguema. Lorsque l’activiste lui fait remarquer que les critiques des internautes viseront malgré tout le président, celui-ci répond qu’il poursuit son projet de société sans se laisser détourner par les attaques publiées sur les réseaux sociaux.
La menace d’un remplacement lâchée devant les caméras
L’échange prend une tournure plus ferme lorsque la question du curage et de l’entretien des lieux est abordée. « Le maire va curer. Le maire est responsable. Le maire, on peut le changer s’il ne le fait pas », prévient Brice Clotaire Oligui Nguema. Cette déclaration, prononcée devant l’élu et plusieurs témoins, sonne comme une mise en demeure politique, même si elle ne constitue pas en elle-même une procédure officielle de révocation. Le président rappelle également son autorité au sein de l’Union démocratique des bâtisseurs en affirmant : « Je suis le patron du parti. Il est le maire de l’arrondissement. »
Daniel Nkoulou Abessolo s’engage immédiatement à intervenir « très rapidement » sur les problèmes d’insalubrité signalés. Le chef de l’État charge alors Chamberland Moukouama de revenir constater les résultats : « Tu viens vérifier dans une semaine. » Le délai place désormais le maire du 6e arrondissement sous une forme de surveillance publique, puisque les habitants et les internautes pourront eux aussi apprécier l’évolution de la situation. Ce contrôle citoyen improvisé transforme une promesse municipale en engagement daté, pris devant le président et les réseaux sociaux.
Une séquence abondamment commentée
Devenue virale quelques heures après sa diffusion, la vidéo suscite des réactions partagées sur les plateformes numériques. Certains internautes saluent un président capable d’interpeller directement les responsables locaux et d’exiger des résultats immédiats. D’autres s’interrogent sur cette manière très verticale de rappeler un maire à l’ordre devant une caméra, alors que les questions d’assainissement dépendent également des moyens financiers, techniques et humains mis à la disposition des collectivités. La phrase sur un possible changement du maire concentre l’essentiel des commentaires.
La scène montre également la place grandissante prise par les activistes numériques dans le suivi de l’action publique gabonaise. En quelques secondes, Chamberland Moukouama a obtenu du chef de l’État une réponse, fait comparaître symboliquement le maire devant son téléphone et arraché un engagement assorti d’un délai. Cette proximité offre aux populations un moyen direct de faire remonter leurs préoccupations, mais elle peut aussi réduire des problèmes urbains complexes à des séquences spectaculaires. L’état de l’assainissement dans le 6e arrondissement devra donc être apprécié au-delà de la seule communication présidentielle.
L’échéance est désormais fixée autour du mardi 18 août 2026, soit une semaine après l’injonction présidentielle. Chamberland Moukouama a été publiquement invité à revenir vérifier le curage annoncé, tandis que Daniel Nkoulou Abessolo joue une partie de sa crédibilité politique sur l’exécution de cette promesse. Si les travaux sont réalisés, la séquence pourra être présentée comme un exemple de contrôle direct de l’action municipale. Dans le cas contraire, la petite phrase d’Oligui Nguema — « le maire, on peut le changer » — pourrait rapidement cesser de ressembler à une simple mise en garde.
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