Oligui Nguema menace ses ministres : l’an 2 de son règne sera celui des résultats ou de leur éviction !
À quelques jours du premier anniversaire de son accession à la magistrature supreme, l’ancien général de brigade Brice Clotaire Oligui Nguema a profité du Conseil des ministres du 30 avril pour adresser une mise en garde directe à son gouvernement. Dans une intervention à la fois politique et managériale, le président gabonais a rappelé que sa première année de gouvernance avait été celle de la refondation, mais que la deuxième devra être celle des résultats, a en croire le communiqué final ayant sanctionné ce conclave gouvernementale d’hier.
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Le chef de l’État a reconnu plusieurs acquis : reconstitution de l’architecture institutionnelle, restauration de la crédibilité internationale, reconquête progressive de la souveraineté économique et réhabilitation en cours de la justice. Mais son constat reste sévère. Les avancées demeurent, selon lui, inachevées. Il a notamment pointé des équilibres institutionnels encore fragiles, des réformes administratives partielles, une soutenabilité budgétaire incertaine du fait d’un endettement élevé et, surtout, un impact social encore limité sur l’emploi, le pouvoir d’achat et les conditions de vie des Gabonais.
Des ministres sommés d’être visibles, offensifs et efficaces
Dans ce contexte, Brice Clotaire Oligui Nguema a demandé aux membres du gouvernement de changer de rythme. Il attend d’eux une « pleine mobilisation » dans l’exercice de leurs responsabilités, une présence active dans l’espace public et une capacité à expliquer l’action gouvernementale dans leurs domaines respectifs. Autrement dit, les ministres ne devront plus seulement administrer leurs secteurs : ils devront les rendre lisibles, compétitifs et attractifs, notamment auprès des investisseurs.
Les mises en garde adressées par Brice Clotaire Oligui Nguema à ses ministres hier :
| Axe de mise en garde | Ce que le chef de l’État reproche ou redoute | Instruction donnée aux ministres | Conséquence annoncée ou attendue |
|---|---|---|---|
| Passage à l’an 2 du mandat | Les acquis de l’an 1 restent insuffisamment visibles dans le quotidien des Gabonais | Passer de la refondation institutionnelle à la preuve par les résultats | Évaluer l’action gouvernementale sur l’impact concret |
| Impact social limité | L’emploi, le pouvoir d’achat et les conditions de vie ne se sont pas encore améliorés de manière tangible | Accélérer les politiques publiques ayant un effet direct sur les populations | Faire des résultats sociaux un critère central d’appréciation |
| Attractivité économique | Le Gabon doit être plus offensif et plus lisible pour les investisseurs | Relancer sans délai le Haut Conseil de l’Investissement | Installer une démarche permanente d’amélioration du climat des affaires |
| Mobilisation gouvernementale | Certains secteurs manquent de visibilité, de lisibilité et d’offensive publique | Être plus présents dans l’espace public et mieux expliquer l’action gouvernementale | Rendre chaque ministère plus lisible, compétitif et attractif |
| Inertie administrative | Les lenteurs et blocages freinent la transformation de l’État | Redynamiser l’administration en droite ligne avec le PNCD | Accélérer l’exécution des politiques publiques |
| Corruption et concussion | Des pratiques illicites persistent dans certaines administrations | Lutter contre la corruption, la concussion et les contreparties illicites | Tolérance zéro à l’égard des comportements déviants |
| Responsabilité ministérielle | Des ministres pourraient couvrir ou tolérer des pratiques contraires à l’éthique | Ne couvrir aucun comportement déviant, directement ou indirectement | Tout ministre fautif s’expose « sans délai à un remaniement » |
| Performance des responsables publics | Les nominations peuvent être perçues comme des récompenses plutôt que des responsabilités | Fixer des feuilles de route avec objectifs précis et mesurables | Maintien en poste conditionné par la performance |
| Gouvernance du parapublic | Les établissements publics et sociétés d’État fonctionnent souvent en deçà de leur mission | Conclure des contrats pluriannuels de performance | Suivi régulier par la Présidence et le Contrôle général d’État |
| Conflits d’intérêts et cumul de fonctions | Les fonctions ministérielles peuvent entrer en conflit avec la présidence de conseils d’administration | Mettre fin à l’incompatibilité entre fonction ministérielle et présidence de conseil d’administration | Mise en conformité immédiate et sans exception |
Cette exigence est particulièrement forte sur le volet économique. Le chef de l’État veut un Gabon « plus offensif, plus lisible et plus attractif » pour l’investissement privé, national comme étranger. Il a ainsi instruit le gouvernement de relancer sans délai le Haut Conseil de l’Investissement, afin que l’amélioration du climat des affaires ne se limite pas au Forum international de Libreville prévu le 3 mai 2026, mais devienne une démarche permanente et structurée.
Tolérance zéro contre l’inertie et la corruption
La mise en garde la plus ferme concerne l’éthique publique. Le président de la République a instruit les ministres de lutter avec rigueur contre « toutes les formes de comportements déviants » au sein de leurs administrations. Le communiqué cite expressément l’inertie administrative, la corruption, la concussion et l’exigence de contreparties illicites. Le message est clair : les lenteurs organisées, les pratiques de rente et les abus de fonction ne seront plus tolérés.
Brice Clotaire Oligui Nguema a surtout prévenu qu’il n’admettrait aucune complaisance, ni de la part des agents de l’État, ni de celle des membres du gouvernement. La responsabilité ministérielle est donc engagée à tous les niveaux. Le communiqué rapporte que tout ministre qui couvrirait des comportements contraires à l’éthique publique, s’y associerait directement ou indirectement, ou ne produirait pas les résultats attendus, « s’exposera sans délai à un remaniement ». Pour le gouvernement, l’avertissement vaut feuille de route : résultats, exemplarité et discipline, ou départ.
@info241.com
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