Précarisation

Brésil : Les étudiants gabonais totalisent jusqu’à 5 mois de bourses impayés par l’État

Brésil : Les étudiants gabonais totalisent jusqu’à 5 mois de bourses impayés par l’État
Brésil : Les étudiants gabonais totalisent jusqu’à 5 mois de bourses impayés par l’État © 2026 D.R./Info241

Le calvaire des étudiants gabonais expatriés semble être une spirale sans fin. Après plusieurs cas signalés cette semaine notamment en Russie, c’est au tour de la diaspora estudiantine au Brésil de tirer la sonnette d’alarme. Ce vendredi, la rédaction d’Info241 a reçu un appel à l’aide poignant de ces jeunes compatriotes. Plongés dans une précarité extrême à des milliers de kilomètres de leurs familles, ils dénoncent cinq mois d’arriérés de bourses et un silence assourdissant des autorités gabonaises et de l’Agence nationale des bourses du Gabon (ANBG).

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« Nous prenons aujourd’hui la parole non pas par choix, mais par nécessité. Car la situation que nous vivons est devenue tout simplement insoutenable », indique l’Association des étudiants gabonais au Brésil (AEGaB). C’est par ces mots lourds de sens que le collectif a entamé son message de détresse. Envoyés en Amérique du Sud pour poursuivre un cursus universitaire et représenter l’avenir du pays, ces jeunes se retrouvent aujourd’hui livrés à eux-mêmes. Depuis l’année 2025, le versement de leurs allocations s’est transformé en un véritable parcours du combattant, rythmé par des retards chroniques allant de deux à quatre mois. Mais la situation a franchi un cap critique : en ce mois de février 2026, aucun étudiant n’a perçu le moindre centime depuis octobre 2025.

Des conséquences humaines et académiques dramatiques

Cinq mois sans revenus, dans un pays étranger, engendrent inévitablement une descente aux enfers. Pour ces jeunes, dont beaucoup sont issus de milieux modestes ou sont orphelins, l’allocation de l’État n’est pas un argent de poche, mais l’unique moyen de subsistance. Sans ce filet de sécurité, la réalité quotidienne est devenue un cauchemar :
- Précarité du logement : incapables de payer leurs loyers, de nombreux étudiants sont sous la menace constante de leurs propriétaires, et certains ont d’ores et déjà été expulsés.
- Insécurité alimentaire : la difficulté à se nourrir correctement est devenue la norme, impactant directement leur santé physique.
- Échec académique forcé : faute de moyens pour payer le transport, le matériel ou les frais annexes, plusieurs étudiants ont dû arrêter les cours. Pire, certains n’ont même pas pu entamer l’année académique 2026.
- Détresse psychologique : l’angoisse de l’endettement et la peur du lendemain plongent une grande partie de ces jeunes dans un état de vulnérabilité mentale préoccupant.

Le paradoxe des aides sociales et le mur du silence

À cette asphyxie financière s’ajoute une impasse administrative locale. Si les universités brésiliennes proposent des dispositifs d’aide sociale pour les étudiants en difficulté, les Gabonais n’y sont pas éligibles. Leur statut d’« étudiant boursier étranger », censé garantir leur prise en charge par leur État d’origine, les exclut paradoxalement de tout mécanisme de solidarité local.

Le cri d’alarme de ces étudiants datant de fin janvier dernier

Face à cette urgence, les regards se tournent naturellement vers Libreville. Pourtant, les étudiants déplorent un « manque criant de communication » de la part des autorités gabonaises. Leurs requêtes se heurtent à des messages sans réponse ou à des retours vagues, renforçant leur sentiment d’abandon. « Ces bourses ne sont ni un privilège, ni une faveur. Elles constituent un droit fondamental (...). Derrière ces bourses, il y a des vies, des sacrifices, des rêves et l’avenir d’une jeunesse qui ne demande qu’à étudier dignement et à servir son pays », rappellent-ils.

À travers cette sortie médiatique, les étudiants gabonais au Brésil formulent des exigences claires et urgentes : la régularisation immédiate et durable de leurs paiements, ainsi que l’instauration d’un dialogue transparent et responsable avec l’État. Reste à savoir si ce énième cri du cœur suffira à faire réagir les instances compétentes pour mettre fin à cette longue série noire qui ternit l’image du Gabon à l’international.

@info241.com
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