Biens mal acquis des Bongo : Après le PDG, Ali Bongo vole au secours de son père éclaboussé en France
Plus de 3 ans après la chute de son régime en août 2023, Ali Bongo a continue de briser le silence. Dans une allocution vidéo d’une dizaine de minutes diffusée ce dimanche 20 septembre en fin d’après-midi par Gabon Media Time, l’ancien chef de l’État a repris la parole publique. Cette sortie inattendue intervient moins de 24 heures après la déclaration officielle de son parti, le Parti démocratique gabonais (PDG), qui exigeait déjà la sanctuarisation de la mémoire d’Omar Bongo. Pour l’ancien locataire du palais du bord de mer déchu, ce mutisme prolongé n’était dicté ni par la rancœur ni par l’abattement, mais constituait une démarche mûrement réfléchie. « Ce silence n’était ni de l’indifférence, ni de l’amertume. Il était un choix, celui du recul, celui du temps », a-t-il déclaré d’emblée.
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Le véritable déclencheur de cette prise de parole quelques semaines après celle donnée sur Info241 réside dans la procédure dite des biens mal acquis, et plus spécifiquement dans les observations récemment formulées en France par l’État gabonais. S’il reconnaît que le fond du dossier appartient exclusivement aux juridictions saisies, Ali Bongo s’indigne des termes employés pour mettre en cause la figure historique de son prédécesseur et père bien aimé. Il rappelle ainsi qu’un homme d’État, fort de plus de quarante années d’exercice du pouvoir, ne saurait se résumer à quelques pages d’un dossier d’instruction. L’ancien président assure s’exprimer aujourd’hui sans esprit de revanche ni nostalgie du pouvoir, mais animé par un devoir moral face à l’histoire nationale.
Le respect de l’histoire face au rouleau compresseur judiciaire
Interpellant directement les nouvelles autorités de Libreville dont son tombeur Oligui Nguema, Ali Bongo a questionné la méthode choisie pour restaurer les institutions. Il estime que la République a le droit d’interroger son passé et de juger ses serviteurs, mais qu’elle a également le devoir fondamental de respecter ceux qui l’ont incarnée. « Nous pouvons juger nos prédécesseurs, nous pouvons discuter leur héritage, nous pouvons condamner leurs erreurs, mais nous n’avons pas le droit de les effacer », a-t-il martelé. Un principe qui, selon lui, s’appliquera inéluctablement aux dirigeants actuels, car les régimes passent, mais la nation demeure.
L’intégralité de la déclaration
Cette allocution a également servi de canal pour s’adresser directement aux militants du PDG, une formation politique aujourd’hui entre les mains de Blaise Louembé. Saluant la prise de position unanime de son parti la veille, l’ancien président a exhorté ses camarades à ne pas céder à la honte et à regarder leur propre histoire avec lucidité. « Un parti qui veut préparer son avenir doit avoir le courage d’assumer son passé », a-t-il souligné. Loin de considérer cette intervention comme un testament, Ali Bongo a fait une promesse claire à ses partisans en annonçant une future prise de parole dédiée aux enjeux internes du parti pour aborder sa réorganisation dans le nouveau contexte politique alors que plusieurs militant lui ont tourné le dos.
Le plaidoyer intime d’un fils pour la réconciliation nationale
Le ton de la déclaration s’est fait nettement plus personnel dans la dernière partie de la vidéo, où l’ancien chef de l’État a délaissé sa casquette politique pour s’exprimer simplement en tant que fils. Sans éluder les éventuelles dissensions inhérentes à toute vie familiale, il a revendiqué son droit de défendre l’homme qu’il a aimé et connu au-delà de sa fonction présidentielle. « Un fils peut accepter que l’on juge l’action politique de son père sans accepter que l’on bafoue sa mémoire », a-t-il confié avec émotion, soulignant que cette démarche intime s’inscrit aussi dans un devoir de protection filiale.
Synthèse et décryptage des déclarations phares d’Ali Bongo
| Thématique abordée | Citation de l’allocution | Décryptage politique |
| Justification du silence | « Je le fais sans colère. Je le fais sans esprit de revanche. Je le fais sans nostalgie du pouvoir. » | Volonté de se détacher de l’image d’un dirigeant déchu et rancunier pour adopter la posture d’un observateur lucide et apaisé. |
| Défense de l’héritage paternel | « Un homme ne se résume pas à un dossier. Et plus de quatre décennies [...] ne peuvent être réduites à quelques pages d’observations judiciaires. » | Refus catégorique de la réduction médiatique et judiciaire du bilan d’Omar Bongo, réclamant une contextualisation historique globale. |
| Message de résilience au PDG | « Ne laissez personne vous demander de renier ce que vous avez été. Un parti qui veut préparer son avenir doit avoir le courage d’assumer son passé. » | Tentative claire de remobilisation des troupes d’un parti fragilisé, en prônant la cohésion et l’unité face aux épreuves actuelles. |
| Dimension filiale et émotionnelle | « Un fils peut accepter que l’on juge l’action politique de son père sans accepter que l’on bafoue sa mémoire. » | Humanisation de son discours en utilisant la corde sensible de la piété filiale, un argument culturellement très fort au Gabon. |
| Appel à la mémoire collective | « Nous devons apprendre à regarder toute notre histoire sans effacer personne, sans sanctifier personne, sans diaboliser personne. » | Plaidoyer pour une histoire nationale assumée dans sa totalité, invitant les nouvelles autorités à éviter la chasse aux sorcières. |
En creux, Ali Bongo a élargi son propos pour lancer un vibrant appel à la préservation de la mémoire collective nationale. Il a exhorté ses compatriotes à ne jamais laisser les querelles et les désaccords politiques détruire le socle commun du pays, plaidant pour une réconciliation véritable. « Nous devons apprendre à regarder toute notre histoire sans effacer personne, sans sanctifier personne, sans diaboliser personne », a-t-il conclu, rappelant que si les hommes et les pouvoirs sont éphémères, le Gabon, lui, reste éternel. Un appel alors qu’Omar Bongo dans cette affaire est accusé d’avoir détourné des deniers publics pour s’acheter des biens immobiliers en france. Le tout sur le dos du contribuable gabonais floué durant ses années de règne.
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