Attaquée par le Gabon sur ses biens et avoirs en Suisse, Sylvia Bongo se dit toujours blanche comme neige !
Visée par une procédure portant sur ses nombreux comptes et biens en Suisse, Sylvia Bongo Valentin tente de reprendre la main. Dans une déclaration publiée ce jeudi 2 juillet sur X, l’ancienne première dame du Gabon, désormais en exil à Londres, affirme que ses économies dont le montant n’a pas été dévoilé « ne proviennent d’aucun fonds public gabonais ». Par la voix de ses avocats suisses du cabinet Schellenberg Wittmer, elle conteste fermement les soupçons visant l’origine de son patrimoine. Elle se présente, en substance, comme blanche comme neige dans un dossier qu’elle juge davantage alimenté par des accusations politiques du Gabon que par des preuves matérielles.
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Selon le communiqué signé par ses conseils, Benjamin Borsodi, Endri Gega et Paloma Croset, la décision évoquée par la Cour de justice suisse ne porte que sur « un arrêt de procédure ». La défense insiste sur le fait que cette décision « ne tranche pas le fond » et ne permettrait donc pas d’établir une origine illicite des biens concernés. Sylvia Bongo Valentin affirme qu’« aucune preuve » ne relie ses comptes, ses actifs ou son patrimoine à un détournement de ressources publiques gabonaises. Pour ses avocats, il s’agit d’un point central : la procédure ne vaudrait pas condamnation et ne suffirait pas à renverser la présomption d’innocence.
Une défense fondée sur l’absence de preuve
Dans sa déclaration, l’ancienne première dame affirme qu’aucun « virement du Trésor public », aucun « décaissement de l’État » et aucune « trace bancaire » ne démontrent l’origine illicite de ses fonds. Elle soutient que ses avoirs ont été soumis aux contrôles bancaires ordinaires, notamment sur « l’origine des fonds », les « bénéficiaires effectifs » et la conformité des opérations. Son argument est clair : ce qui a été contrôlé, documenté et accepté par les établissements financiers ne peut être requalifié après coup sur la seule base d’allégations. Elle réclame ainsi que le débat soit ramené au terrain des pièces, des flux financiers et des preuves vérifiables.
Le communiqué de ses avocats suisses
Sylvia Bongo Valentin place aussi sa défense sur un principe fondamental de l’État de droit : « la charge de la preuve incombe à l’accusation ». Elle affirme qu’il ne lui revient pas de prouver son innocence, mais à ceux qui l’accusent de démontrer, par des éléments précis, que ses fonds auraient une origine illicite. Dans la même ligne, elle assure n’avoir « rien à cacher » et « rien à se reprocher ». Cette formule, très politique dans sa portée, vise à retourner l’accusation en mettant les autorités gabonaises et les enquêteurs suisses face à l’exigence de preuve.
Le lourd précédent du procès par contumace
Cette sortie intervient toutefois après un épisode judiciaire majeur au Gabon. Le 11 novembre 2025, Sylvia Bongo Valentin et son fils Noureddin Bongo Valentin avaient été condamnés par contumace par la Cour criminelle spécialisée de Libreville. Ils avaient écopé de 20 ans de réclusion criminelle, dans un dossier portant notamment sur des accusations de détournement de deniers publics, blanchiment de capitaux, recel, association de malfaiteurs et faux. La cour avait également ordonné des mandats d’arrêt internationaux, ainsi que la confiscation de leurs biens au profit de l’État gabonais.
Les sanctions financières prononcées avaient donné une dimension spectaculaire à ce verdict. La justice gabonaise avait notamment ordonné le remboursement solidaire de 4 400 milliards de francs CFA à l’État, en plus d’amendes et de mesures de confiscation. Le procès s’était tenu en leur absence, Sylvia Bongo Valentin et Noureddin Bongo Valentin ayant refusé de comparaître à Libreville. Leurs avocats avaient également boycotté l’audience, dénonçant les conditions d’un procès qu’ils estimaient inéquitable.
La procédure replacée dans l’après-30 août
L’ancienne première dame rattache également cette affaire au contexte né du coup d’État du 30 août 2023, qui a renversé Ali Bongo Ondimba. Selon sa déclaration, le dossier suisse aurait été déclenché par un signalement automatique du Bureau de communication en matière de blanchiment, le MROS. Ce signalement serait intervenu après les accusations portées au Gabon dans la foulée du changement de régime. Pour sa défense, il ne s’agirait donc pas d’une enquête née d’indices indépendants, mais d’une conséquence directe du basculement politique intervenu à Libreville.
La ligne de défense de l’ex première dame
Elle affirme que la procédure a été ouverte en novembre 2023, deux mois après le putsch, alors qu’elle était encore détenue au Gabon. Sylvia Bongo Valentin dit avoir été « privée de liberté », « coupée du monde extérieur » et enfermée entre la prison et le sous-sol de la Présidence. Cette chronologie occupe une place majeure dans sa contre-offensive, car elle vise à présenter le dossier patrimonial comme indissociable des conditions de sa détention. En clair, sa défense cherche à faire de l’affaire suisse non seulement un débat financier, mais aussi un dossier politique né dans l’après-30 août.
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