La Loupe et Echos du Nord suspendus pour « insinuations calomnieuses » sur Ali Bongo
Décidément, la Haute autorité de la communication (HAC) n’en fini plus de sanctionner les médias proches de l’opposition qui s’aventurent à critiquer « {les hautes autorités de la république} ». C’est le sens à donner à cette nouvelle salve de sanctions prononcée ce vendredi contre les hebdomadaires La Loupe et Echos du Nord. Outre le retrait des numéros « injurieux » contre le régime d’Ali Bongo, la HAC a suspendu de parution pour une durée d’un mois nos deux confrères.
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Et de deux ! Aussitôt revenu en kiosque lundi dernier après avoir été suspendu un mois pour avoir évoqué le train de vie luxueux du vice-président gabonais,Pierre-Claver Maganga Moussavou, que voilà le tri-hebdomadaire Echos du Nord frappé de nouvelles sanctions. Son voisin, La Loupe, épargné in-extremis lors de la précédente décision de la HAC, s’en sort cette fois avec les mêmes sanctions.
{La une du numéro 394 de La Loupe}
Selon la déclaration lue hier soir par la porte-parle de la HAC, Lucie Akalane, La Loupe et Echos du Nord se seraient rendus coupables de « insinuations calomnieuses contre les plus hautes autorités » du Gabon dans leur parution respective de mardi 25 et mercredi 26 septembre. Toute chose qui a contraint le staff de Raphael Ntoutoume Nkoghe, l’ancien monsieur médias de la présidence gabonaise, de sortir le carton rouge contre nos deux confrères visiblement dans le viseur de la HAC.
{Le communiqué de sanctions de la HAC}
La sanction ne s’est pas fait attendre. Les deux journaux privés écopent d’un mois d’interdiction de parution dans les kiosques et du retrait de leur numéro « calomnieux » envers le régime de Libreville. Plus qu’un gendarme des médias, le CNC nouvelle formule, semble désormais afficher son parti pris pour la défense des « {hautes autorités} ». On se souvient que ses dernières sanctions avaient été également été prononcées contre plusieurs médias dont France 2 pour avoir osé rediffuser un documentaire jugé « subversif » sur la famille Bongo.
{La une du numéro d’Echos du Nord valant sanctions}
Un rôle de gendarme privé de la présidence gabonaise et par extension des autorités gabonaises que la HAC joue avec maestria. Elle qui dit lutter contre le « {libertinage} » de la presse gabonaise qu’elle semble systématiquement voir dans la presse indépendante. Le pouvoir de Libreville peut donc dormir sur ses deux oreilles, la HAC veille au grain. Mieux, elle n’hésitera pas à suspendre et sanctionner sans compter les médias qu’elle juge « délictueux » envers les « saintes » autorités.
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