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Gabon : La musique diffusée dans bars et lieux publics bientôt comptabilisée grâce à une technologie ivoirienne

Gabon : La musique diffusée dans bars et lieux publics bientôt comptabilisée grâce à une technologie ivoirienne
Gabon : La musique diffusée dans bars et lieux publics bientôt comptabilisée grâce à une technologie ivoirienne © 2026 D.R./Info241

Le Bureau gabonais des droits d’auteur et des droits voisins (BUGADA) s’apprête à placer la musique diffusée dans les lieux publics sous un contrôle numérique renforcé. L’institution a annoncé le 5 mai, sur sa page Facebook, la signature à Abidjan (Côte d’Ivoire) d’une convention de partenariat avec la société ivoirienne General Management Corporation-SA (GMC-SA). Cette collaboration porte sur le déploiement d’une solution capable de détecter automatiquement les œuvres musicales jouées dans les bars, restaurants, hôtels et espaces événementiels au Gabon. L’objectif est de disposer de relevés d’exploitation plus fiables afin d’améliorer la collecte et la répartition des droits d’auteur et droits voisins.

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Signée à Abidjan, en présence du ministre gabonais de la Culture, Paul Ulrich Kessany, et de la ministre du Tourisme, Pr Marcelle Ibinga-Itsitsa, la convention marque une nouvelle étape dans la modernisation de la gestion collective au Gabon. La technologie fournie par GMC-SA repose sur des balises de détection audio capables de reconnaître les morceaux diffusés en temps réel, en les comparant à une base de données d’œuvres de référence. Chaque diffusion identifiée est enregistrée avec ses principaux paramètres (lieu, date, heure), permettant de dresser un tableau plus précis des usages musicaux dans les lieux publics. 

 Les objectifs affichés par le BUGADA

Pour le BUGADA, l’enjeu central de ce projet est de renforcer la transparence dans la gestion des droits d’auteur et droits voisins. L’institution souligne que les relevés automatisés doivent permettre de mieux refléter la réalité des diffusions, par rapport aux déclarations manuelles souvent partielles ou approximatives fournies par les exploitants. En connaissant plus précisément quelles œuvres sont diffusées et à quelle fréquence, le BUGADA entend ajuster plus justement la répartition des revenus entre les artistes et leurs ayants droit. Cette démarche vise également à réduire les contestations liées au partage des redevances.

Photo de famille

Le projet s’inscrit dans la continuité des messages portés par la direction générale du BUGADA lors du point de presse du 14 avril dernier. À cette occasion, l’institution avait rappelé l’obligation, pour les utilisateurs d’œuvres littéraires, artistiques et scientifiques, de s’acquitter des redevances prévues par la réglementation nationale. L’outil de détection numérique est présenté comme un moyen de mieux documenter les usages et de disposer de données opposables en cas de contrôle ou de litige. Il doit contribuer à sécuriser les recettes destinées aux créateurs et à renforcer la crédibilité du système de gestion collective.

 Une phase pilote de sept semaines à Libreville

Avant une éventuelle généralisation à l’échelle du pays, une phase pilote d’une durée de sept semaines sera menée à Libreville. Selon les informations communiquées, plusieurs sites tests de la capitale – bars, restaurants et autres lieux de diffusion musicale – seront équipés de balises de détection. Durant toute la période d’expérimentation, les diffusions seront enregistrées de manière automatisée, sans modification des habitudes des exploitants. L’objectif est de vérifier la capacité du dispositif à fonctionner dans des conditions réelles, marquées par le bruit ambiant, la diversité des sources sonores et la variété des répertoires joués.

À la fin de ces sept semaines, GMC-SA devra remettre un rapport d’évaluation détaillé au BUGADA et aux autorités compétentes. Ce document analysera la fiabilité de la reconnaissance des œuvres, la qualité des données collectées et les éventuelles difficultés techniques rencontrées. Il comportera également des recommandations opérationnelles sur les conditions d’un éventuel déploiement à plus grande échelle. La décision de poursuivre, d’étendre ou d’ajuster le dispositif dépendra directement des résultats observés lors de cette phase pilote à Libreville.

 Un partage des rôles encadré par la convention

La convention signée à Abidjan définit clairement les responsabilités de chaque partie. GMC-SA prend en charge le déploiement technique de la solution : installation et paramétrage des balises, traitement et sécurisation des données, élaboration de tableaux de bord et de rapports d’analyse. La société ivoirienne assure également la maintenance du dispositif pendant la phase test. Le BUGADA, pour sa part, facilite l’accès aux sites concernés, coordonne les échanges avec les exploitants de lieux publics et prend en charge les coûts techniques et logistiques liés à l’expérimentation.

Les données générées par le système de détection sont appelées à devenir un outil essentiel pour la gestion quotidienne des droits au Gabon. Elles permettront au BUGADA de comparer les usages réels aux déclarations existantes et, le cas échéant, de corriger certains écarts. À plus long terme, ces informations pourraient être intégrées aux systèmes internes de facturation et de répartition, afin d’automatiser une partie des processus et de réduire les délais entre la diffusion d’une œuvre et le versement des droits correspondants.

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