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Élections professionnelles 2026 au Gabon : Entre forte affluence et chaos logistique d’une première

Élections professionnelles 2026 au Gabon : Entre forte affluence et chaos logistique d’une première
Élections professionnelles 2026 au Gabon : Entre forte affluence et chaos logistique d’une première © 2026 D.R./Info241

Le Gabon a organisé ce mardi ses toutes premières élections professionnelles. Un rendez-vous inédit qui a connu une mobilisation contrastée à travers le pays. Malgré l’appel au boycott lancé la veille par quatorze centrales syndicales, de nombreux travailleurs ont tenu à accomplir leur devoir électoral. Si le secteur privé choisissait également ses délégués, c’est au sein de l’administration publique que les regards étaient tournés, révélant une réelle volonté de participation, malheureusement assombrie par de lourdes failles organisationnelles.

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L’affluence des grands jours était notamment visible à la Maison Georges-Rawiri, siège de Gabon Télévisions, où trois bureaux de vote ont été pris d’assaut. Cet engouement s’est également fait ressentir dans les démembrements du ministère du Pétrole et des Mines, qui comptait cinq bureaux à Libreville, ainsi qu’à Port-Gentil et Lambaréné. « Depuis que nous avons commencé ce matin, nous avons des agents qui arrivent. Ils sont intéressés par ces élections, chacun veut exprimer son vote », a souligné Paul Mouity Itoumba, président d’un bureau de vote, rappelant que l’enjeu est d’ « avoir un dialogue social apaisé ».

Un processus fluide dans les centres équipés

Dans les centres correctement approvisionnés, le circuit électoral a fonctionné de manière rigoureuse. Vérification du nom sur les listes, retrait des bulletins, passage à l’isoloir, dépôt dans l’urne scellée et émargement avec empreinte digitale : chaque étape a été respectée pour garantir la transparence. Pour voter, l’agent public devait obligatoirement disposer de son numéro matricule et figurer sur la liste électorale de son bureau.

Une vue du matériel électoral

« La première condition, c’est que tous les candidats doivent être représentés dans les bureaux de vote », a détaillé Marcelin Beaulieu Obiang, coordonnateur du centre de la Maison Georges-Rawiri. Cependant, cette fluidité n’a pas été la norme partout. Dès la mi-journée, des retards à l’allumage ont été signalés. Au Centre d’action sanitaire du centre-ville, où votaient les agents de la CNSS, ou encore au lycée d’application Nelson Mandela, le matériel électoral se faisait toujours attendre aux alentours de 15 heures.

L’Éducation nationale, épicentre des dysfonctionnements

C’est précisément dans le secteur de l’Éducation nationale, qui regroupe près de 30 000 agents, que l’organisation a été décrite comme véritablement chaotique. À Libreville, les écoles publiques d’Ondogo, de Nzeng-Ayong 4, de Sibang 1 ou de Bikélé-Nzong ont accusé une absence totale de dispositif électoral. « Il est 14 heures, pas de dispositif, pas de vote », s’est indigné un enseignant, illustrant la colère et l’incompréhension qui ont poussé de nombreux électeurs à déserter les lieux de vote faute d’urnes et de bulletins.

À l’intérieur du pays, le constat s’est avéré tout aussi alarmant. À Cocobeach, dans la province de l’Estuaire, les urnes étaient encore en cours d’acheminement en début d’après-midi. Dans le Moyen-Ogooué, à Ndjolé et Makouké, le matériel est arrivé de manière incomplète, poussant certains présidents de bureaux à suspendre les opérations. Plus grave encore, en zone rurale, des bulletins auraient été photocopiés sur instruction administrative et des électeurs redirigés vers d’autres sites en violation des textes en vigueur. Face à ces irrégularités majeures, plusieurs syndicats s’interrogent désormais publiquement sur la validité de ce scrutin.

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