Lycéens morts à la plage du CESEC : L’enquête encore au point mort, la famille dénonce de graves négligences
Le week-end du 21 au 22 mars dernier, la capitale gabonaise était plongée dans l’incompréhension et la consternation. Les corps sans vie de Pierre Rayane Ondo Olomo et Jérémie Emmanuel Mbe Olé, deux élèves de 16 ans en classe de terminale au lycée privé Mbelé de Nzeng-Ayong, étaient découverts sur une plage située à proximité du Conseil économique, social, environnemental et culturel (CESEC). Si une enquête a rapidement été ouverte pour déterminer les circonstances exactes de ce drame, les progrès réalisés un mois plus tard semblent pour le moins dérisoires.
-
Contacté par téléphone ce mardi 21 avril par la rédaction d’Info241, Aristide Olomo Ondo, le père de Pierre Rayane, a tenu à exprimer son profond mécontentement. Face aux lenteurs procédurales, ce dernier exige désormais des réponses claires de la part des autorités. « Une enquête a bien été ouverte le 22 mars 2026 par le service des droits humains de la police judiciaire, mais il est évident qu’elle est dans l’impasse », a-t-il fermement déploré, soulignant l’inaction manifeste des agents en charge du dossier.
Des pistes sérieuses et des témoignages ignorés
Pour les familles endeuillées, les zones d’ombre s’accumulent au fil des semaines. Le père de la victime dénonce la non-exploitation d’éléments cruciaux qui auraient pu orienter les investigations. « Malgré les informations que nous avons fournies, aucune avancée significative n’a été réalisée. Les caméras de surveillance des résidences proches de la plage, ainsi que celles en face de la résidence de la grand-mère au PK9, n’ont pas été réquisitionnées. Il y a encore trop de zones d’ombre dans cette affaire », fustige-t-il.
Le jeune Pierre Rayane Ondo Olomo
À cette négligence technologique s’ajoute l’omission troublante de plusieurs témoignages humains. Une femme présente sur les lieux du drame ce jour-là s’est pourtant exprimée sur les réseaux sociaux, tandis que la serveuse d’un restaurant voisin a affirmé avoir aperçu plusieurs élèves du lycée Fondation Mbelé sur la plage. Ces pistes n’ont pas été sérieusement creusées par les limiers, tout comme l’audition des camarades de classe, notamment les jeunes filles avec qui les défunts devaient se retrouver.
Le parquet recadre la police judiciaire
Face à cette inertie, la famille s’est rendue au parquet le 7 avril dernier. Sur place, le procureur de la République a instruit un agent de la police judiciaire (PJ), curieusement étranger à l’enquête initiale, de reprendre le dossier en rédigeant un nouveau procès-verbal. « Ce qui est d’ailleurs étonnant, cet agent n’avait jamais figuré dans l’enquête initiale. En posant des questions à ce dernier, le procureur a découvert qu’il y avait un problème. D’où l’instruction de mieux documenter l’enquête », explique Aristide Ondo Olomo.
Cette reprise en main par le ministère public a été motivée par des éléments troublants soulevés par l’expertise médicale. Le père de Rayane, visiblement choqué par le traitement de l’affaire, souligne que « le rapport du médecin légiste, après un examen sommaire, a pourtant confirmé que Jérémie, l’ami de Rayane, avait reçu un objet non identifié au visage ». Ce détail accablant a particulièrement attiré l’attention du procureur, le poussant à relancer une instruction que les services de la PJ semblaient vouloir clôturer de manière hâtive. À ce jour, le mystère demeure entier et les proches continuent de réclamer la vérité.
@info241.com
Newsletter d'Info241
Abonnez-vous maintenant à notre newsletter pour recevoir chaque matin une analyse de l'actualité que vous ne trouverez nulle part ailleurs !
-


