Gabon : Le tribunal de Port-Gentil cambriolé, le ministre de la Justice annonce des mesures fortes
Le ministre de la Justice, garde des Sceaux et chargé des Droits humains, Augustin Emane, a effectué une visite d’inspection dans la capitale économique gabonaise ce lundi 23 mars. Cette descente sur le terrain, destinée à évaluer les conditions de travail au sein des juridictions de l’Ogooué-Maritime, a été assombrie par un événement pour le moins stupéfiant : le cambriolage audacieux du Tribunal de première instance de Port-Gentil, perpétré au cours du week-end écoulé.
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Dans la nuit du samedi 21 au dimanche 22 mars, des individus non identifiés ont en effet profané ce lieu hautement sensible. Faisant preuve d’une préparation méthodique, les malfaiteurs ont d’abord endommagé le compteur électrique du bâtiment pour neutraliser les dispositifs de vidéosurveillance. Opérant à la faveur de l’obscurité, ils ont forcé et éventré plusieurs accès stratégiques, dont la porte du greffe commercial, le cabinet du procureur de la République, les secrétariats du parquet, ainsi que la salle des scellés où sont notamment entreposées des armes à feu saisies.
Un butin financier et une enquête de la DGR
Sur les lieux, le constat est amer. Le procureur de la République près le tribunal de première instance, Rodrigue Ondo Mfoumou, a dressé un premier bilan de cette effraction nocturne : « Des indélicats se sont introduits dans le palais de justice dans la nuit du samedi 21 au dimanche 22 mars, défonçant plusieurs portes dont celle du greffe commercial et ont emporté avec eux un million trois cent mille. Ils se sont arrangés à arrêter le courant pour procéder à ces actes de vandalisme. Ils ont également défoncé la salle à conviction, jusque-là nous n’avons encore rien déploré de la salle des pièces à conviction. »

Face à la gravité des faits, la direction générale des recherches (DGR) a immédiatement ouvert une enquête. Les premiers soupçons se sont portés sur l’unique gardien civil affecté à la sécurité des lieux, lequel a été interpellé. Le magistrat a précisé le contexte de cette garde à vue : « Le gardien a été mis à la disposition de la DGR. Le vol s’est produit dans la nuit et nous savons tous, qu’il est souvent ici. Il y a beaucoup de magistrats et des greffiers qui viennent souvent travailler les week-ends dans la quiétude. Certains disent qu’en rentrant, le gardien était là pour fermer le portail. Malheureusement le lendemain d’autres ont découvert que tout était ouvert. Il n’était certainement pas sur les lieux mais l’enquête va déterminer. »
Sécurité militarisée et surpopulation carcérale
Outré par la vulnérabilité de cette institution, qui ne bénéficiait d’une surveillance assidue que lors des audiences ou des déferrements, le ministre de la Justice a tapé du poing sur la table. Le Dr Augustin Emane a ordonné le déploiement immédiat d’agents de la sécurité pénitentiaire nouvellement recrutés. « Le constat que l’on fait c’est celui d’une protection de ce bâtiment qui est insatisfaisante. Ce n’est pas normal qu’un palais de justice de cette importance ne soit gardée que par une seule personne, et qui plus est, un civil. La première mesure que nous avons prise, c’est que désormais ce bâtiment sera à la garde de la sécurité pénitentiaire », a fermement tranché le membre du gouvernement.

La visite ministérielle s’est ensuite poursuivie à la cour d’appel judiciaire, à la juridiction pour enfants, à la chambre provinciale des comptes et au tribunal administratif, avant de s’achever à la maison d’arrêt de Port-Gentil, tristement surnommée le « Château ». En parcourant les différents quartiers de la prison, le ministre a pu constater une surpopulation carcérale alarmante, l’établissement accueillant quatre fois plus de détenus que sa capacité initiale. Conscient de l’urgence, le Dr Emane a promis des actions rapides : « Il y a des situations qu’on peut résoudre à court terme, c’est le cas de la détention abusive. Comme nous l’avons fait à Libreville, nous pouvons à la suite d’un examen minutieux, voir qui n’a pas à être en prison. La surpopulation carcérale, ce problème se pose dans tous les pays du monde. J’ai demandé et ici il y a quatre fois plus de personnes prévues, c’est difficile de les garder dans des conditions d’humanisation adéquates. »
@info241.com
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