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Suites judiciaires

Suicide au lycée Léon Mba : Entre zones d’ombre et insuffisances, l’affaire encore devant le parquet ce lundi

Suicide au lycée Léon Mba : Entre zones d’ombre et insuffisances, l’affaire encore devant le parquet ce lundi
La procureure adjointe lors de sa déclaration hier à son cabinet © 2026 D.R./Info241

L’émotion est encore vive et les interrogations demeurent tenaces dans la capitale gabonaise, près de 10 jours après la fin tragique du jeune Marc Steeven Mombo Kombila. Ce vendredi 20 mars, le parquet de la République près le tribunal de première instance de Libreville a officiellement rompu le silence institutionnel qui entourait ce drame absolu. Lors d’une déclaration de presse très attendue, la procureure de la République adjointe, Christiana Ngouanga Assambou, a tenu à faire le point sur l’évolution judiciaire de ce dossier tentaculaire. Une sortie médiatique qui met particulièrement en exergue les failles criantes d’une première enquête policière et annonce le renvoi ferme de l’affaire devant les magistrats ce lundi 23 mars, avec l’exigence d’une manifestation totale de la vérité.

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La genèse de cette tragédie, qui a coûté la vie à un apprenant en plein jour et aux yeux de tous, trouve ses racines dans un fléau qui ronge insidieusement le milieu scolaire : le trafic et la consommation de stupéfiants. La chronologie formelle des événements débute le vendredi 6 mars dernier. La magistrate a ainsi planté le décor des investigations initiales en saluant implicitement la vigilance et le sens civique de certains parents face aux dérives de la jeunesse : « Suite à la découverte de la consommation de stupéfiants et d’alcool par leurs enfants, les parents d’une élève du lycée national Léon Mba dénonçaient ces faits aux responsables de cet établissement ». Cette démarche citoyenne a eu l’effet d’un électrochoc, forçant l’administration du plus grand lycée du pays à regarder la réalité en face.

De l’alerte parentale à la procédure disciplinaire

Saisie de cette information d’une extrême gravité touchant à la sécurité, à la santé publique et à la moralité des jeunes, la direction du lycée Léon Mba n’a pas tardé à réagir avec la poigne qu’imposait la situation. Des investigations internes, menées en toute discrétion mais avec une évidente diligence, ont été rapidement diligentées pour cerner l’ampleur du phénomène au sein des effectifs pléthoriques de l’établissement. Comme l’a précisé la procureure de la République adjointe devant les professionnels des médias, « l’enquête administrative menée aboutissait à l’implication de quelques élèves des classes de seconde et terminale ». Face à ces résultats hautement préoccupants, l’administration se devait d’appliquer le règlement intérieur de manière inflexible pour préserver l’intégrité de la structure et l’avenir des autres lycéens.

Les grandes lignes de cette affaire :

Date Événement clé Détails et citations de Christiane Ngouanga Assambou
Vendredi 6 mars 2026 Alerte parentale et enquête interne Dénonciation par des parents de la consommation de drogues. « L’enquête administrative menée aboutissait à l’implication de quelques élèves des classes de seconde et terminale. »
Lundi 9 mars 2026 Drame au lycée Léon-Mba Transfert disciplinaire des élèves impliqués. Fuite et suicide de Marc Steeven Mombo Kombila : « Parvenu au sommet de cette passerelle, il se donnait la mort en se jetant dans le vide. »
Mercredi 18 mars 2026 Première présentation au parquet Remise des conclusions de l’enquête de la police judiciaire portant sur le trafic de stupéfiants en milieu scolaire.
Vendredi 20 mars 2026 Point de presse du ministère public Rejet du dossier initial par la justice. « Après examen de celle-ci, des insuffisances ont été relevées, justifiant ainsi son renvoi pour complément d’enquête... »
Lundi 23 mars 2026 Échéance pour la nouvelle enquête Date butoir fixée aux officiers de police judiciaire pour la représentation d’un dossier exhaustif et complété devant le parquet.

Le chef d’établissement a alors pris la lourde décision de judiciariser cette situation délicate en la confiant aux forces de l’ordre compétentes en milieu scolaire. Christiane Ngouanga Assambou a détaillé cette étape cruciale et basilaire de la procédure, qui devait n’être qu’une simple formalité disciplinaire : « Après s’être entretenu avec ces élèves et leurs parents, le chef de l’établissement décidait de les mettre à la disposition de la brigade de police scolaire en vue d’une procédure disciplinaire » . C’est précisément lors de ce transfert administratif, survenu dans la funeste journée du lundi 9 mars, que la routine a tragiquement basculé dans l’horreur.

Un saut fatal et un dossier judiciaire lacunaire

Déjouant subitement l’attention et la vigilance de ses accompagnateurs sur le court chemin menant au poste de police, Marc Steeven Mombo Kombila a pris une décision aussi irréversible que désespérée. « Contre toute attente, alors qu’ils étaient conduits au poste de police scolaire, Marc Steeven Mombo Kombila s’enfuyait en direction de la passerelle du lycée national Léon-Mba et menaçait de se suicider », a relaté la représentante du ministère public avec une indéniable gravité, avant de confirmer l’issue fatale et glaçante de cette fuite en avant sous les yeux effarés des riverains : « Parvenu au sommet de cette passerelle, il se donnait la mort en se jetant dans le vide. » Le choc d’une violence inouïe de son corps contre la chaussée a instantanément transformé ce dossier de mœurs en une retentissante affaire criminelle.

Au-delà de la perte incommensurable de cette jeune vie qui a profondément meurtri l’ensemble de la nation, cette affaire a mécaniquement déclenché une vaste procédure pénale axée sur le démantèlement des réseaux de drogue qui s’enracinent dans les lieux de savoir. Les services d’investigation de la police ont bouclé une première mouture de leur travail d’enquête, transmise aux magistrats quelques jours après le drame. La parquetière a indiqué très précisément à ce propos : « L’enquête judiciaire suivie à cet effet pour trafic de stupéfiants en milieu scolaire a été présentée au parquet de la République le 18 mars ». Cependant, cette première copie a été jugée largement en deçà des attentes institutionnelles.

L’exigence de vérité dans un Gabon nouveau

La justice gabonaise, farouchement soucieuse d’établir la vérité absolue sur ce dossier sensible, a relevé de flagrantes carences dans le travail préliminaire des enquêteurs. Le ministère public a estimé que de vastes zones d’ombre nécessitaient d’être impérativement éclaircies avant d’envisager la moindre suite légale ou d’identifier l’ensemble des ramifications de ce réseau illicite qui a poussé un adolescent au suicide. « Après examen de celle-ci, des insuffisances ont été relevées, justifiant ainsi son renvoi pour complément d’enquête et représentation au parquet de la République le 23 mars », a fermement tranché Christiana Ngouanga Assambou. Une injonction claire, nette et sans bavure qui met une pression maximale sur les officiers de police judiciaire.

Ces derniers disposent donc d’un délai particulièrement restreint pour corriger le tir, remonter avec précision les filières d’approvisionnement et livrer des conclusions exhaustives. Dans un Gabon où l’exigence de redevabilité, la rigueur institutionnelle et la transparence judiciaire sont érigées en priorités absolues par les plus hautes autorités de l’État. Ce lundi 23 mars s’annonce par conséquent comme une date charnière. Le parquet est vivement attendu au tournant pour démontrer sa capacité régalienne à faire toute la lumière sur cette nébuleuse, tant pour punir avec la plus grande sévérité les véritables instigateurs de ce trafic mortifère que pour tenter d’apaiser la douleur d’une famille injustement endeuillée par la perte brutale de Marc Steeven Mombo Kombila.

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