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Redresser le Gabon : la mise en garde et le plaidoyer de Nadia Christelle Koye

Redresser le Gabon : la mise en garde et le plaidoyer de Nadia Christelle Koye
Redresser le Gabon : la mise en garde et le plaidoyer de Nadia Christelle Koye © 2026 D.R./Info241

Juriste et sénatrice UDB du département de Mulundu (Ogooué-Lolo, sud-est du Gabon), Nadia Christelle Koye signe dans cette tribune résolument politique dans laquelle elle défend la nécessité de laisser du temps au Plan national de croissance et de développement porté par Brice Clotaire Oligui Nguema. En s’appuyant sur l’héritage des grands plans de redressement à travers l’histoire, elle dresse le constat d’un Gabon fragilisé par de lourds déséquilibres économiques, sociaux et institutionnels, tout en appelant à l’unité, à la patience et à un sursaut patriotique pour accompagner la transformation du pays. Lecture.

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L’histoire nous enseigne deux principaux remèdes appliqués à la résolution des graves crises mondiales bouleversant tout microcosme qu’il soit politique, économique, social ou financier : il s’agit du temps et de la méthode.

A l’épreuve des différentes études menées sur cette question, il apparait que ce sont généralement des plans structurels et pluriannuels visant à redresser les problèmes profonds, prégnants et non structurels, ancrés dans le temps et les usages. Ces plans pluriannuels sont nécessairement étalés sur cinq ans minimum (New deal, plan Marshall, Covid, etc.).

Ces plans salutaires pour la relance économique ont inspiré de nombreux pays et, leurs ont permis de développer des pays autrefois en proie à d’importants retards de croissance.

Ces plans se sont exécutés avec des ressources tant matérielles, financières, qu’humaines, totalement affectées à la réalisation des projets d’envergure nationale.

Ces plans se sont exécutés avec des moyens colossaux obtenus par différents mécanismes, notamment les ressources propres généralement insuffisantes, les aides et le recours à l’endettement grâce à une diplomatie active.

Le Gabon n’a pas dérogé à cette règle. En effet, l’adhésion totale de la nation entière au coup de libération du 30 août 2023 et, la confiance accordée aussi bien au Président de la Transition qu’au Président de la République, Chef de l’Etat, Chef du Gouvernement Son Excellence Brice Clotaire OLIGUI NGUEMA , atteste de l’impérieuse nécessité qui s’attachait à la mise en place d’un Plan de Redressement d’urgence, à une catharsis institutionnelle et économique.

Il est déplorable que le tableau exhaustif de la situation tant économique, financière que sociale du pays n’ait pas été dressée et exposée à ce moment précis aux gabonais. Toutes choses qui auraient permis une évaluation concrète de la conjoncture nationale.

Néanmoins, à l’aune de ce qui était apparent, nous avons pu réaliser le tableau apocalyptique qui se dégageait :

· Infrastructures défectueuses, insuffisantes ou totalement inexistantes en matière d’énergie à l’origine des délestages intempestifs ou de non alimentation en eau ;

· Un réseau routier national à l’abandon après la mirobolante et très dispendieuse ANGT, une honte nationale et surtout une grosse déception au regard des importants emprunts engagés y relatifs ;

· Un tissu économique précarisé par la sempiternelle dépendance de l’économie gabonaise à l’exportation des ressources naturelles, au détriment d’une économie vertueuse, axée sur la transformation locale et le développement des services ;

· Un tissu social entamé par la cristallisation des tensions sociales entretenues par le fossé entre les différentes couches de la population ;

· Le chômage galopant et persistant des jeunes ;

· Une dette vertigineuse émotive et non structurée, etc.

Dans ce contexte, il était impératif et impérieux de mettre urgemment en œuvre un plan ambitieux et réformateur, visant à redresser le Gabon, à le bâtir en toute cohésion autour du socle de nos valeurs républicaines, autour du patriotisme.

Ce plan, c’est le projet de société de son Excellence, Monsieur le Président de la République, Chef du Gouvernement, Brice Clotaire OLIGUI NGUEMA, matérialisé par le Plan National de Croissance et de Développement.

Ce plan, à l’instar des plans nationaux ou internationaux de redressement est pluriannuel.

Ce plan, comme tous les plans entrepris par pays ayant expérimentés le développement nécessite du temps pour sa mise en réalisation et sa mise en œuvre.

Ce plan, comme tous les autres plans de redressement exige des moyens colossaux, d’où le recours à l’emprunt pour le financer ;

Ce plan, comme tous les autres plans de redressement nécessite des réformes ambitieuses comme le rachat de ASSALA, SEEG, SNBG, FLYGABON et la transformation locale du manganèse pour se réapproprier notre souveraineté économique.

Ce plan, comme tous les autres plans de redressement impose un rayonnement diplomatique à travers une diplomatie active. Les perspectives sont reluisantes avec la nomination de hauts cadres gabonais dans les instances internationales ; Ainsi que la construction de plusieurs infrastructures comme futur palais de conférence, permettant au Gabon d’espérer renouer avec sa lointaine renommée internationale.

Et surtout ce plan, nécessite un engagement patriotique de l’ensemble des forces vives de la nation. 

Une participation inédite et active des agents publics et des services publics de l’Etat.

Un proverbe Pouvi dit que lorsque tu as aperçu la panthère dans la plantation de ta mère n’y retourne jamais.

Contextualisé aux réalités gabonaises, ce proverbe est une invitation à ne jamais faire confiance aux fossoyeurs de l’économie gabonaise et à leurs apparentés.

Or, depuis quelque temps j’assiste médusée à des gesticulations politiciennes des partis politiques sous assistance respiratoire. 

Je prends la mesure de mes mots et les assume pleinement. En effet, le poids des partis politiques ne se mesure pas à l’aune de la multiplication des critiques sur les réseaux sociaux ou sur différents plateaux médiatiques.

Le poids d’un parti politique s’évalue à la mesure de la praxis politique sur le terrain de la conquête électorale et de l’éducation citoyenne des militants, ainsi que le stipule la constitution en ses articles 3 et 6.

L’opposition ne se décrète pas ex nihilo. L’opposition à la différence de la contestation compulsive est un processus démocratique dont la légitimité est une dévolution du peuple qui en conserve la souveraineté.
 
La transformation du Gabon tant attendue n’est pas une chimère, cet essor tant attendu vers la félicité est réalisable, les prémices en témoignent. Nous croyons en un Gabon prospère et développé.

Nous croyons en des institutions fortes.

Nous croyons à une justice indépendante.

Nous croyons à une démocratie pluraliste.

Nous croyons à une justice sociale équitable.

Nous croyons à la promotion et au développement du capital humain.

Nadia Christelle KOYE, juriste, Sénatrice du Département de MULUNDU

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