Gabon : Un réseau de « blanc » caché dans des baffles démantelé par la police, un nigérian en fuite
Le trafic de stupéfiants continue de gangrener la capitale économique du Gabon. À Port-Gentil, Rosalie Makanga, gabonaise de 41 ans, épouse d’Ifemena Arinze alias Ben, un ressortissant nigérian, a été interpellée ce lundi 9 février par les agents de l’antenne Ogooué-Maritime de l’Office central de lutte antidrogue (OCLAD). En sa possession, les enquêteurs ont saisi 293,61 grammes de drogue dure communément appelée « le blanc », une quantité dont la valeur marchande, après transformation en « cailloux », est estimée à près de 11,7 millions de francs CFA.
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Selon les services de sécurité, la marchandise provenait du Nigeria et était introduite sur le territoire gabonais à l’aide d’un procédé bien rodé : la drogue était dissimulée dans des baffles afin de déjouer les contrôles. Une fois le colis réceptionné à Port-Gentil, Rosalie Makanga procédait à la transformation du produit sous les directives de son époux, avant d’en assurer la distribution auprès d’une clientèle locale soigneusement entretenue.
Déclarations de la suspecte et mode opératoire
« Moi, je connais qu’on appelle ça le Blanc. J’ai eu ça des mains de mon mari qui m’a demandé de travailler ça, et que si les clients appellent, je vais déposer ça à la place indiquée. Je dépose ça parfois dans les carrefours et il y a quelque temps que j’ai su que la marchandise vient dissimulée dans les baffles », indique Rosalie Makanga.
La compagne du nigérian appréhendée
Le réseau fonctionnait comme une véritable entreprise clandestine. Le « caillou » était vendu à 10 000 francs CFA l’unité, tandis que le gramme de « blanc » s’écoulait à 40 000 francs CFA. Des prix qui traduisent l’ampleur du trafic et les gains colossaux générés par cette activité illicite, laquelle alimentait plusieurs points de vente dans la ville.
Aveux, complicités et suspect en fuite
Entendue dans les locaux de l’OCLAD, la quadragénaire est rapidement passée aux aveux. Elle a reconnu avoir agi en parfaite complicité avec son mari, présenté par les enquêteurs comme le cerveau du réseau. Activement recherché, ce dernier demeure pour l’heure introuvable.
Les baffles où étaient dissimulés la drogue dure
« Quand je partais, je ne savais pas qu’il y avait la marchandise dedans. Moi, je ne connais pas les clients, je dépose juste et c’est à lui qu’on transfère l’argent. Je n’ai jamais vu les consommateurs à qui je vais déposer la marchandise. Je dépose ça dans les carrefours, à des endroits précis, et je pars », précise Rosalie Makanga.
Mandat de dépôt et poursuite des investigations
Présentée devant le procureur de la République le lundi 9 février 2026, Rosalie Makanga a été placée sous mandat de dépôt à la prison centrale de Port-Gentil, communément appelée le Château. Elle est poursuivie pour détention et vente de stupéfiants. Les investigations se poursuivent afin de démanteler l’ensemble de la filière et d’identifier les autres maillons de ce trafic, qui continue de menacer la sécurité et la jeunesse locale.
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