Syndicalistes incarcérés au Gabon : Leur avocat dénonce une procédure menée « sans la défense »
L’avocat de Marcel Libama et Simon Ndong Edzo, deux syndicalistes incarcérés depuis mercredi à la prison centrale de Libreville, a apporté ce samedi un démenti public après la publication la veille, d’un article sur la page Facebook La presse judiciaire gabonaise. Dans ce texte signé Gaël Bobouagno Lenga, il est notamment avancé que la détention provisoire des deux hommes aurait été motivée par une demande de leur conseil, qui aurait sollicité un délai de dix jours pour préparer la défense.
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Une version que Me Jean Paul Moumbembé, docteur en droit et avocat au barreau du Gabon, dit rejeter catégoriquement, au nom du droit de réponse et de l’équilibre de l’information. « Je tiens à démentir formellement ces allégations », écrit-il, affirmant n’avoir « jamais sollicité auprès du juge d’instruction un quelconque délai de dix (10) jours ».
Une affirmation inexacte, infondée et contraire à la réalité »
Au cœur de sa mise au point, l’avocat conteste directement le passage attribuant à la défense une demande de délai, qui aurait servi de base légale à la mesure privative de liberté. « Cette affirmation est inexacte, infondée et contraire à la réalité des faits », insiste Me Jean Paul Moumbembé, réfutant tout lien entre une prétendue stratégie de défense et la décision d’incarcération provisoire.
Le droit de reponse de l’avocat des deux syndicalistes
Dans son droit de réponse, il rappelle que l’incarcération relève, selon lui, de la seule appréciation du juge. « La décision d’incarcération provisoire relève exclusivement de l’initiative du juge d’instruction, sans aucune demande ni suggestion de ma part », tranche-t-il, contestation frontale d’une narration qui, à ses yeux, inverse les responsabilités.
La défense dénonce une « violation manifeste des droits »
Plus grave, Me Moumbembé Jean Paul affirme ne pas avoir été informé du second passage de ses clients au parquet, le mercredi 22 janvier. « Mes clients ont été conduits au Parquet de la République pour la deuxième fois (…) sans que l’avocat que je suis n’en ait été préalablement informé », écrit-il, évoquant une « violation manifeste des droits de la défense ».
Il ajoute également n’avoir pas pu plaider devant le juge d’instruction. « Devant le juge d’instruction, je n’ai pas eu la parole », poursuit-il, laissant entendre que la défense n’aurait pas été mise en mesure d’exercer pleinement ses prérogatives au moment où se jouait une décision aussi lourde que la détention.
« Aucun acte » justifiant la détention provisoire, selon l’avocat
Sur le fond, le conseil de Marcel Libama et Simon Ndong Edzo conteste toute justification à leur maintien en détention. « Messieurs Marcel Libama et Simon Ndong Edzo n’ont posé aucun acte susceptible de justifier leur incarcération provisoire », affirme-t-il, soutenant qu’ils n’auraient fait qu’exercer leurs droits « dans le strict respect des lois et règlements de la République gabonaise ».
Sans entrer dans les éléments du dossier, cette ligne de défense vise à remettre la procédure dans un cadre politique et social tendu, où les arrestations de figures syndicales sont scrutées comme un indicateur du climat des libertés publiques et de la gestion des conflits sociaux.
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