Médiation

Grève des enseignants : Après l’incarcération de 2 syndicalistes, Oligui Nguema désigne un médiateur

Grève des enseignants : Après l’incarcération de 2 syndicalistes, Oligui Nguema désigne un médiateur
Grève des enseignants : Après l’incarcération de 2 syndicalistes, Oligui Nguema désigne un médiateur © 2026 D.R./Info241

La crise qui paralyse depuis ce 5 janvier l’éducation nationale au Gabon perdure toujours. Au lendemain de l’incarcération, ce mercredi, de Marcel Libama , porte-parole de SOS Éducation, et de Simon Ndong-Edzo, cadre du Syndicat autonome des enseignants du Gabon (SEAG), le pouvoir a enfin opté pour la méthode douce : la nomination d’un médiateur officiel chargé de renouer le dialogue entre les enseignants grévistes et le gouvernement.

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Selon une communication du collectif SOS Éducation, relayée par l’ Agence gabonaise de presse (AGP), le député d’Akanda Jean Gaspard Ntoutoume Ayi a été désigné par le président de la République comme médiateur de cette crise, avec pour mission de « ramener les parties à la table des négociations » et d’obtenir une issue rapide. L’information, annoncée par le collectif, a été confirmée par l’intéressé, joint par téléphone par la rédaction de l’AGP.

Une nomination dans un contexte de rupture et de tension maximale

Cette désignation intervient dans un climat de rupture du dialogue entre les enseignants revendicataires regroupés au sein de SOS Éducation et les autorités. Depuis plusieurs semaines, le mouvement de grève s’est durci, porté par une base qui juge les annonces gouvernementales insuffisantes face à des revendications récurrentes : régularisations administratives, rappels de solde, conditions de travail et revalorisation de carrière.

Une précédente AG de SOS Education

Mais l’incarcération de deux figures du mouvement syndical, intervenue ce mercredi, a ajouté une dimension explosive à la crise. Dans les rangs enseignants, ces arrestations sont perçues comme une tentative de pression judiciaire sur un conflit pourtant social. Du côté de l’État, elles s’inscrivent dans une réponse sécuritaire à des accusations de trouble à l’ordre public, dans un contexte de mobilisation persistante.

Premier contact à domicile : SOS Éducation expose ses griefs

D’après SOS Éducation, le médiateur désigné a déjà rencontré certains membres du collectif lors d’une prise de contact tenue à son domicile. Les représentants des enseignants y ont présenté ce qu’ils considèrent comme les causes profondes de la crise. Ils évoquent notamment l’absence de véritables négociations à l’issue des assises d’Alibandeng, ainsi que des démarches unilatérales imputées à certains acteurs se revendiquant fondateurs du mouvement.

Le collectif cite aussi le rôle de figures extérieures impliquées dans des tentatives de médiation. À Port-Gentil, la présence de Pierre Mintsa et du sénateur Georges Mpaga, censés faciliter le dialogue, avait été rejetée avec hostilité par une partie des enseignants, révélant une défiance croissante envers des interlocuteurs jugés peu crédibles ou trop proches des cercles du pouvoir.

La méthode Ntoutoume Ayi : « transparence budgétaire » et priorisation

Face à une crise devenue autant politique que sociale, Jean Gaspard Ntoutoume Ayi propose une approche structurée. Selon SOS Éducation, le médiateur plaide pour une démarche fondée sur deux principes : la transparence budgétaire du gouvernement et la hiérarchisation des revendications en fonction des ressources réellement disponibles.

En clair, il s’agirait de sortir du face-à-face stérile entre exigences syndicales et annonces gouvernementales, en mettant sur la table les marges financières concrètes de l’État, puis en définissant un ordre de traitement des points prioritaires. Une méthode qui se veut pragmatique, mais qui devra convaincre une base enseignante désormais méfiante, surtout après l’épisode des interpellations et de l’incarcération.

Une sortie de crise attendue… et une base sous pression

Les conclusions de cette première rencontre devraient être soumises à l’appréciation des enseignants lors de l’assemblée générale prévue ce samedi 24 janvier, au terrain de basket d’Awendjé à Libreville. La communication de SOS Éducation précise que ces conclusions seront également partagées dans les Directions d’académies provinciales à l’intérieur du pays, signe que le collectif cherche à conserver l’alignement entre la coordination nationale et la base.

Reste que la tâche du médiateur s’annonce délicate. La crise ne repose plus uniquement sur des revendications salariales ou administratives. Elle s’est alourdie d’un facteur hautement inflammable : la judiciarisation du conflit, avec l’emprisonnement de syndicalistes influents, qui risque de radicaliser davantage le mouvement plutôt que de le calmer.

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