Incarcérations

Syndicalistes jetés en prison au Gabon : Remy Yama dénonce des motifs fallacieux et exige leur libération

Syndicalistes jetés en prison au Gabon : Remy Yama dénonce des motifs fallacieux et exige leur libération
Syndicalistes jetés en prison au Gabon : Remy Yama dénonce des motifs fallacieux et exige leur libération © 2026 D.R./Info241

Les réactions s’accumulent autour de l’incarcération des syndicalistes Marcel Libama et Simon Ndong-Edzo, placés sous mandat de dépôt ce mercredi à Libreville. L’opposant Jean Rémy Yama, président du Parti national du travail et du progrès (PNTP) est monté hier également au créneau dans une déclaration au ton offensif. Pour l’ancien syndicaliste, les poursuites engagées contre les deux responsables relèvent d’une logique d’intimidation et rappellent les pratiques du régime d’Ali Bongo, que beaucoup pensaient révolues depuis le 30 août 2023.

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Dans sa sortie de ce mercredi soir, Jean Rémy Yama affirme que les deux hommes ont été arrêtés puis conduits au tribunal de Libreville, l’un étant accusé de « trouble à l’ordre public », l’autre d’ « incitation à la grève » « Il s’agit là des motifs fallacieux, comme l’ancien système avait l’habitude de faire », accuse-t-il, estimant que le pays serait retombé dans une « République de l’obéissance »« on ne tolère en aucun cas des sons de cloches discordants ». Il dit condamner « ces actes de barbarie d’un autre genre, qu’on pensait derrière nous au lendemain du 30 août 2023 » et réclame sans détour « leur libération sans condition ».

Des accusations jugées juridiquement fragiles

Sur le fond, le président du PNTP conteste la solidité juridique des accusations. À propos du trouble à l’ordre public, il rappelle que l’infraction suppose une matérialité immédiate et interroge : « Existe-t-il un support ou des témoignages de personnes affirmant qu’elles ont été empêchées d’accéder à leur lieu de travail ? » Il souligne par ailleurs que « la sensibilisation des enseignants non grévistes est légale pour adhérer au mouvement de grève », ajoutant que cette sensibilisation « ne se fait pas par la contrainte ou la violence ».

L’intégralité de sa déclaration

Quant au second motif, il est encore plus catégorique : « La grève est reconnue dans notre Constitution (…) inciter à faire quelque chose de légal n’est pas une infraction. Au contraire, c’est un acte citoyen », martèle-t-il, précisant aussi qu’il n’est « pas interdit à un retraité de participer à une activité légale » , même en dehors de sa corporation. Pour Jean Rémy Yama, ces poursuites relèvent donc d’ « actes d’intimidation inacceptables » visant à décourager la mobilisation.

Une charge politique et une proposition budgétaire radicale

Au-delà du cas judiciaire, l’opposant élargit sa charge au contexte social et budgétaire. Il affirme que cette affaire constitue « une preuve supplémentaire des dessins macabres de ce pouvoir contre nous », accusant le système de rechercher « notre appauvrissement pour que nous soyons toujours dans la mendicité ». Dans sa lecture, le bras de fer autour de l’école n’est qu’un épisode d’un rapport de force plus large entre l’État et les travailleurs.

Sens Idée centrale Citations clés Ce que Jean Rémy Yama conteste / réclame
Une sortie au vitriol après le mandat de dépôt Yama réagit à l’incarcération de Libama et Ndong-Edzo et dénonce un retour aux méthodes de l’ancien régime. « Il s’agit là des motifs fallacieux, comme l’ancien système avait l’habitude de faire. » ; « Dans la République de l’obéissance, on ne tolère en aucun cas des sons de cloches discordants. » ; « Je condamne ces actes de barbarie d’un autre genre, qu’on pensait derrière nous au lendemain du 30 août 2023. » Il réclame leur libération : « Je demande leur libération sans condition de mes camarades syndicalistes. »
Des accusations jugées juridiquement fragiles Il estime que les chefs d’inculpation sont infondés : trouble à l’ordre public et incitation à la grève. « Le trouble à l’ordre public est une infraction de fragrant délit. » ; « Existe-t-il un support ou des témoignages (…) ? » ; « La grève est reconnue dans notre Constitution. » ; « Inciter à faire quelque chose de légal n’est pas une infraction. Au contraire, c’est un acte citoyen. » Il conteste la matérialité du « trouble » et rappelle la légalité du droit de grève, dès lors qu’il y a préavis.
Une charge politique contre le pouvoir Il accuse le régime d’organiser l’appauvrissement et l’intimidation des travailleurs. « Vous avez là encore une preuve supplémentaire des dessins macabres de ce pouvoir contre nous. » ; « Ce système recherche notre appauvrissement pour que nous soyons toujours dans la mendicité. » Il dénonce une stratégie de fragilisation sociale et un usage répressif des institutions.
Une proposition budgétaire radicale Il propose de réduire les fonds de souveraineté pour apurer les dettes de l’État envers les agents publics. « Le renoncement (…) de la moitié des fonds de souveraineté (…) peut permettre de régulariser toutes les situations administratives (…) » ; « Cela peut permettre de payer tous les rappels en cours des agents publics. » Il demande une réallocation des ressources pour payer les rappels, régulariser les retraités et solder d’autres arriérés.
Le cœur du conflit : « le respect de la loi » Il affirme que la grève des enseignants vise d’abord le paiement des rémunérations dues et la régularisation administrative. « Ils sont en grève parce qu’ils réclament tout simplement le respect de la loi. » ; « La grève actuelle (…) n’est que la demande d’une rémunération due. » Il conteste l’idée de retenues systématiques sur salaires et invoque un cadre légal plus protecteur en cas de rémunération non versée.
Appel à la mobilisation et dénonciation d’une dérive autoritaire Il appelle à la solidarité, dit que tout se jouera au rapport de force et critique le silence d’anciens alliés. « Soyons tous solidaires de nos collègues arrêtés. » ; « C’est notre mobilisation et détermination qui va les libérer, car tout n’est que rapport de force. » ; « Pourquoi ce silence face aux dérives actuelles ? » Il appelle à ne pas abandonner les détenus et accuse le pouvoir de vouloir « briser » les consciences syndicales.

Pour sortir de l’impasse, Jean Rémy Yama propose une mesure choc : un « renoncement pour une année seulement de la moitié des fonds de souveraineté du président de la République, des ministres, des institutionnels et autres », afin, selon lui, de régulariser les situations administratives avec effet solde, payer les rappels dus, solder des arriérés de retraite, et apurer certaines créances liées à des faillites ou privatisations de sociétés parapubliques, citant notamment le cas des épargnants de Poste Bank. « Cela peut permettre de payer tous les rappels en cours des agents publics », soutient-il, tout en reconnaissant que cette option a peu de chances, selon lui, d’être retenue.

Le cœur du conflit : « le respect de la loi »

Pour Jean Rémy Yama, la grève actuelle ne relève pas d’une revendication de confort, mais d’une exigence de droit. « Les enseignants ne sont pas en grève parce qu’ils réclament les meilleures conditions de vie et de travail (…) Ils sont en grève parce qu’ils réclament tout simplement le respect de la loi », insiste-t-il, évoquant les rémunérations dues, les vacations impayées et les régularisations attendues par les personnels.

Il met aussi en garde contre une application mécanique des retenues sur salaire. « Le gouvernement ne doit pas imposer aux grévistes l’article 25 de la loi 18.92 (…) Non, c’est plutôt l’article 71 de la loi 1.2005 (…) sauf lorsque la grève résulte du non-payement de la rémunération due », argue-t-il, estimant que l’État pourrait chercher à forcer la reprise via des pressions administratives, allant jusqu’à évoquer le risque de voir des enseignants renvoyés vers des démarches de réengagement pour récupérer leur poste.

Appel à la mobilisation et accusation de dérive autoritaire

En clair, l’opposant appelle à un sursaut collectif. « Soyons tous solidaires de nos collègues arrêtés (…) ne les abandonnons pas », martèle-t-il, affirmant que l’objectif du pouvoir serait de « briser leur conscience », comme, dit-il, on a tenté de briser la sienne. Il assure que seule la mobilisation pourra faire basculer le rapport de force : « C’est notre mobilisation et détermination qui va les libérer, car tout n’est que rapport de force », insiste-t-il.

Jean Rémy Yama élargit enfin sa critique à la classe politique issue de l’ancien régime et exprime sa « plus grande déception » face au silence d’anciens camarades de lutte. « Nous qui avons toujours combattu l’arbitraire, l’injustice, pourquoi ce silence face aux dérives actuelles ? » questionne-t-il, avant de conclure sur une note de rupture : « Notre descente aux enfers se poursuit chaque jour. Mais ce n’est pas une fatalité (…) et avec le PNTP, c’est possible. »

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